Avec la disparition de la fausse ingénue France Gall la page des yéyés se tourne un peu plus 0 910

 

Après Johnny Hallyday, c’est une autre facette de l’histoire de la pop yéyé qui s’obscurcit avec la disparition de France Gall. En France, peu de chanteuses peuvent d’ailleurs prétendre rivaliser avec la renommée de cette artiste qui avait, jusque dans son prénom de scène, épousé la psyché du pays.

 

France Gall avait peu d’égales notamment en termes de tubes essaimés en plus de 30 ans de carrière, du début des années 60 jusqu’à la fin des années 90. L’interprète, qui a succombé à un cancer aujourd’hui, le 7 janvier 2018 à Neuilly-sur-Seine, a su s’imposer aux oreilles d’une génération de mères et de filles, mettant d’ailleurs fin à sa carrière en 1997 à la mort de son aînée, emportée par la mucoviscidose.

 

Si France Gall a cultivé à ses débuts, dans la France yéyé de Johnny Hallyday, de Jacques Dutronc ou d’Antoine, l’image ambigüe d’une écolière ingénue, elle était en réalité très affûtée. Les sens ouverts sur son époque, saisissant régulièrement l’air du temps qu’elle savait ensuite incarner en inflexions mélodiques déclamées avec le timbre piquant qui la caractérisait.

 

Elle aura surtout su s’entourer de deux parrains auteurs-compositeurs d’exception, fascinés par son aura. Serge Gainsbourg d’abord qui lui troussera notamment le provoquant Les Sucettes et surtout une de ses chansons phares, Poupée de cire, poupée de son.

 

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Mais c’est surtout avec Michel Berger que sa carrière va devenir une des plus importantes de l’histoire de la chanson française. Le duo, qui ne tarde pas à devenir un couple, enchaîne les classiques à partir du milieu des années 70.

 

Ils vont aussi développer à deux des concepts de comédies musicale à succès, Émilie ou la Petite Sirène 76, Made in France, flairant le potentiel d’un genre un peu délaissé, qui trouvera sa consécration avec l’opéra-rock Starmania au cours duquel elle rendra notamment hommage à David Bowie et à son Ziggy Stardust. Un écho perpétué en 2015 avec la comédie musicale Résiste, en l’absence de France Gall qui en avait néanmoins co-créé la trame.

 

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France Gall va marquer en tant qu’interprète les années 80 avec les titres Débranche, Hong-Kong Star, Résiste, Cézanne Peint ou Babacar – la liste est longue, forcément incomplète.

 

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Du punk rock français d’Oberkampf à la pop acidulée d’April March sur la BO du Death Proof de Quentin Tarantino en passant par Arcade Fire, France Gall se sera souvent révélée une inspiration des plus inattendues. Y compris pour un Jean-Luc Godard qui lui fera le cadeau, aux allures d’Histoire(s) du cinéma, d’un clip, privilège rarissime, pour un de ses derniers titres intitulé Plus haut.

 

Mais, curieusement, si la fin de Johnny Hallyday, sans véritable successeur dans son genre rock & rauque usé jusqu’à la trame, ouvre plutôt un boulevard au rap le plus poulbot, la relève de France Gall est assurée dans un registre strictement chanson française. Que ce soit avec Louane ou Manon Tanguy, dans des registres diamétralement opposés. Pour l’une à la conquête de l’Allemagne (comme France Gall en son temps). Dans la retenue, un registre plus intimiste et modeste aux textes à fleur de peau pour l’autre.

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