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Liz McComb donne deux concerts de Noël à l’Église Saint-Sulpice à Paris qui s’annoncent comme des professions de foi réconciliatrices

Par Nicolas Mollé le 05/12/2017 - Dernière mise à jour : 05/12/2017

Liz McComb donne deux concerts de Noël à l'Église Saint-Sulpice à Paris qui s'annoncent comme des professions de foi réconciliatrices

Des professions de foi réconciliatrices. C’est un peu ainsi que vont sonner les concerts de Noël à l’Église Saint-Sulpice à Paris de Liz McComb, prévus les 8 et 9 décembre 2017. L’artiste jazz gospel sort en parallèle un nouvel album nommé Merry Christmas.

 

Deux concerts de Noël. L’initiative n’est pas si courante. Elle émane de Liz McComb, artiste jazz vocale américaine talentueuse, pianiste et compositrice, chanteuse de gospel. Ces concerts, à savoir deux dates, deux soirées, se dérouleront les 8 et 9 décembre 2017 à 20 h 30 à l’Église Saint-Sulpice à Paris. Avec dans le même temps l’occasion de présenter le dernier album, thématique, de l’artiste, Merry Christmas.

 

 

Ce concert revête une importance particulière dans un quartier, celui de Saint-Germain-des-Près, où les familles traditionalistes catholiques sont très actives mais où l’effervescence intellectuelle, littéraire et politique a aussi été vive. Depuis deux siècles, dès les temps obscurs de l’esclavage, les chants de Noël (« christmas carols » en anglais) se sont voulus les plus joyeux du répertoire afro-américain.

 

Même si on a tendance à l’oublier, l’église a très souvent constitué un refuge face à l’inhumanité de l’esclavage. Ainsi qu’un endroit où se reconstruire pour les familles touchées par la violence et les lynchages du Ku Klux Klan. La religion réussissait ainsi ce tour de force incroyablement cynique d’être l’inspiratrice de la haine tout en se posant comme curatrice, réparatrice de cette dernière. Même si la Black Church a aussi joué un rôle de lutte et d’émancipation.

 

Aujourd’hui, dans le monde entier, c’est lors des fêtes de fin d’année que les negro spirituals sont le plus chantés, écoutés, achetés… Alors bien sûr l’album de Noël est devenu un poncif pour une ribambelle d’artistes qui n’ont rien de « spirituel » : un simple plan marketing, exploitant cette fête devenue pour les « marchands du temple » la plus lucrative de l’année…

 

Rien de tel pour la mystique Liz McComb  qui poussa ses premières vocalises sacrées à l’église où elle se rendait fréquemment, pendant que ses soeurs chantaient dans les Daughters of Zion.

 

Née à Cleveland, dans l’Ohio en 1952, d’un père ouvrier décédé précocement et d’une mère pasteur pentecôtiste, Liz McComb est elevée dans la religion et la musique gospel. Elle pratique le violon et apprend le piano.

 

Elle reçoit également l’influence de son frère amateur de jazz. Après une scolarité au sein du Kuramu House Theater, la jeune chanteuse officie dans le Jean Austin Singers avec lequel elle tourne en Europe et effectue des premières parties prestigieuses. En 1981, elle crée la sensation au festival de jazz de Montreux. Elle jouera par la suite dans de nombreux autres festivals jazz comme le Nice Jazz Festival par exemple.

 

 

Installée à Paris, Liz McComb rencontre le critique musical Maurice Cullaz qui lui présente les musiciens du groupe Psalms avec lesquels elle tourne. La mort de l’un d’eux, Gregg Hunter, l’affecte profondément. Une autre rencontre change le cours de sa carrière et de sa vie personnelle, celle du producteur Gérard Vacher qui fait d’elle une star du gospel.

 

Liz McComb publie ses premiers enregistrements en 1992 dans l’album Acoustic Woman, et les deux années suivantes dans Rock My Soul et un Live, sur le label Back To Blues. Fin 1998 sort un retentissant Olympia 98.

 

Connue en Europe où elle apparaît dans de nombreux festivals, la « pasionaria du gospel » touche le public américain au tournant du troisième millénaire. Lors d’un séjour dans le berceau de la musique afro-américaine, elle enregistre Spirit of New Orleans, publié en 2001, avant le passage du cyclone Katrina.

 

 

Quelques années plus tard, c’est au coeur des Caraîbes que Liz McComb enregistre Soul, Peace & Love (2007). Deux ans plus tard paraît Sacred Concert, distribué par Naïve qui réédite sa discographie en 2010.

 

Avec elle, pour ce disque et ces deux dates de concerts, l’idée est de faire refaire de Noël une fête enchantée : plus que celle des enfants, celle de l’enfant qu’elle réveille en chacun de nous.

 

Les places pour ce concert de Noël sont disponibles à partir de 22 euros.

 

 

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