Avec son franc-parler et sa personnalité entière, Mano Solo ne laissait personne indifférent dans le milieu de la chanson et du rock. En véritable poète du Paris populaire, l'artiste, né Emmanuel Cabut (fils du dessinateur Cabu), chantait la révolte. Il a succombé dimanche à son dernier combat contre la maladie, à l'âge de 46 ans.
Son parcours démarre au tout début des années 80. Dès 17 ans, Mano Solo s'engage en tant que guitariste dans le groupe punk Les Chihuahas. L'engagement va vite devenir son leitmotiv. En 1986, il apprend sa séropositivité, ce qui le pousse à passer derrière le micro et à interpréter ses propres textes. Le combat contre le Sida ne l'a jamais lâché.
Sa carrière solo démarre en trombe avec l'album "La Marmaille Nue", écoulé à plus de 100.000 exemplaires. L'univers punk laisse la place à la chanson chaloupée, avec des textes de plus en plus ciselés mais avec une hargne intacte. Sa voix vibrante et à fleur de peau le distingue tout particulièrement.
Mano Solo pourfend les injustices sociales et les laissés-pour-compte. Il a défendu jusqu'à la fin les populations malgaches, n'hésitant pas à vendre aux enchères ses dessins pour les enfants de Madagascar.
Les albums se succèderont et Mano Solo retrouvera certains de ses anciens camarades des Chihuahas dans l'opus "Les Frères Misères". Sur scène, flanqué de ses musiciens et de son berger allemand, Mano Solo savait se faire joyeux, quittant la gravité et la mélancolie qui l'imprégnait profondément. Ses mélodies entrainantes et son énergie lui valaient un public fidèle.
Mano Solo cumulait les talents et réalisait lui même les dessins illustrant ses pochettes d'albums. Il est aussi l'auteur de deux livres, "Je suis là" (recueil de poèmes) et "Joseph sous la pluie" (roman). Il était aussi animateur de radio et mettait à jour régulièrement son site Internet avec des messages et des dessins.
Mano Solo s'en est allé dimanche dernier des suites de plusieurs anévrismes du rachis cervical. Il avait été hospitalisé après son concert du 12 novembre dernier à l'Olympia à Paris.
A.V.
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