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article Pop
sam, 28/01/2017 - 16:54, par Nicolas Mollé

Motorama : "Nous sommes très chanceux d'avoir pu jouer dans tant d'endroits du monde" (Interview)

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Quatuor russe parmi les plus raffinés de sa génération, avec son post-punk fluide et élégamment mélancolique, Motorama est aussi un des groupes indés les plus demandés du moment. Entre Joy Division, New Order, The Chameleons ou The Monochrome Set. Voilà une des formations qui synthétise le mieux les influences anglo-saxonnes avec la profondeur et l'intensité d'une culture. Celle de la Russie, trop méconnue et sous-estimée par ici. Après avoir tourné sur de nombreuses scènes internationales, ils reviennent en France en février à Amiens, Roubaix et Besançon afin de défendre leur dernier album "Dialogues". Entretien avec leur leader Vladislav Parshin.

Concertlive : En quoi votre quatrième album "Dialogues" se distingue de son prédécesseur "Poverty" ? J’y ai perçu des accents le rapprochant des premiers albums de The Cure,  notamment sur le titre "Tell me".
Vladislav Parshin : Honnêtement, je ne suis pas un immense fan de Cure. Je ne connais pas vraiment leurs albums. J’ai bien en tête quelques chansons mais je n’ai jamais écouté réellement d’album d'eux du début à la fin. J’avais simplement une compilation de différentes chansons d’eux quand j’étais gosse dans les années 90. Et c’est tout. Je ne suis pas sûr de pouvoir dire que je suis un grand fan de The Cure. Mais je n’ai rien contre eux. Cela ne me dérange pas si vous me comparez à eux et à leurs chansons.

Concertlive : Vous considérez vous davantage comme une réponse russe à Interpol alors ? 
Vladislav Parshin : Oh non, je ne pense pas que nous nous identifions à ce groupe. Au tout début des années 2000, quand j’ai entendu le premier album, ça sonnait bien. Mais par la suite je ne peux pas dire que j’ai été un immense fan ou que j’ai souvent écouté Interpol. J’ai grandi en écoutant des groupes punks soviétiques des années 80. Dans les années 90, mon père m’a fait découvrir le Velvet Underground, Lou Reed, Nick Cave, Leonard Cohen. Au début des années 2000, j’ai appris à apprécier des groupes comme les anglais de Liverpool The Coral, j’ai notamment été marqué par leur esthétique païenne. Je crois que ce sont de grands fans de ce fameux film des années 70, The Wicker Man. Dans ce film, un homme gigantesque fait de morceaux de bois est brûlé dans un rituel païen. Je suis devenu un énorme fan de The Coral au début des années 2000, ils m’ont davantage marqué que n’importe quel autre groupe, que The Strokes, Interpol ou je ne sais qui. Plusieurs membres du groupe sont eux aussi de sérieux amateurs de The Coral et de leur fameux "Dreaming of you". Néanmoins, nous avons surtout grandi en écoutant des groupes post-punk et new wave soviétiques.

Concertlive : Lesquels ?
Vladislav Parshin : Des groupes comme Kino, très fameux dans les années 80 ou Zvuki Mu, qui était très influencé par Public Image Ltd ou The Pop Group. Plus tard, j’ai découvert toutes les formations qui avaient elles-mêmes influencés ces groupes soviétiques, cela a abouti à un mélange intéressant d’influences, je pense. 

Concertlive : Pour vous quelle est donc l’originalité de votre dernier album ?
Vladislav Parshin : À mon sens, ce disque est assurément très différent du précédent car il est lié à une époque, en fait il est connecté à différentes périodes de ma vie. Il a été écrit et enregistré dans de nouvelles conditions pour moi. Il s’est inspiré de différentes atmosphères. Avec de nouvelles idées musicales, d’autres sources d’inspiration pour les textes. Pour moi c’est un album totalement différent. Et c’est à mon avis le meilleur disque que nous ayons fait jusqu’à maintenant. À la fois en termes de chansons, de textes, de musique. L’ensemble du concept de l’album est ce que nous avons créé de plus abouti.

Concertlive : Pourquoi s’appelle-t-il "Dialogues" ?
Vladislav Parshin : Pour le précédent disque, j’avais choisi le titre "Poverty" parce qu’il y avait des connexions secrètes, inconscientes des chansons avec ce mot. Cela ne concernait pas l’économie ou des choses bon marché, c’était davantage l’évocation d’un monde « blanc », un peu abandonné, délaissé, plus que celle d’un manque d’argent. Concernant "Dialogues", alors que nous enregistrions l’album, au même moment, je lisais, je cherchais un moyen de lier toutes les chansons à travers un seul mot. Et j’ai alors compris que presque toutes les chansons de cet album pouvaient être perçues comme un dialogue entre deux personnes. Mais d’un point de vue plus profondément métaphysique qu’une simple discussion. Presque, d’une certaine façon, au carrefour d’autres dimensions méconnues au sein de l’être humain. Quand quelqu’un s’adresse non pas à quelqu’un d’autre mais parvient à se poser des questions à lui-même et à obtenir des réponses. Au même moment, je lisais d’ailleurs Platon, dont l’œuvre principale se nomme "Dialogues".

Concertlive : C’est donc une référence aux "Dialogues" de Platon ?
Vladislav Parshin : Pas totalement. Ce serait trop stupide, je ne peux pas décemment me comparer à Platon, c’est trop gigantesque, c’est un autre monde de la pensée. C’était juste une façon de dire que chaque chanson est un dialogue entre deux individus ou dans le for intérieur d’une seule et même personne. Cela pourrait être lié à Platon mais pas de manière trop directe.

Concertlive : Vous tournez beaucoup, cela semble important pour vous, est-ce que cela a toujours été facile de donner des concerts à l’extérieur de la Russie, qu’il s’agisse des visas ou des détails pratiques d’organisation ?
Vladislav Parshin : Nos premiers concerts remontent à 2005. La première fois que nous avons été invités à jouer à l’étranger remonte à 2011. Auparavant, nous avions voyagé en tant que touristes, nous n’avions d’ailleurs jamais eu de problèmes de visas. La raison principale qui nous a fait donner des concerts en dehors de la Russie, c’est que nous étions demandés ailleurs. Cela n’a jamais vraiment émané de nous-mêmes, cette volonté de donner des concerts dans d’autres pays. Je pense que nous sommes vraiment chanceux d’avoir été sollicités pour des concerts à l’extérieur des frontières de la Russie et cela nous arrive d’ailleurs encore fréquemment.

Concertlive : Est-ce que certains vous considèrent comme des « ambassadeurs de la culture russe » ? Vous pourriez vous voir ainsi vous-même ?
Vladislav Parshin : Oh non je ne pense pas (silence gêné). Nous sommes un tout petit groupe. Nous n’essayons pas d’être quelqu’un d’autre. Nous sommes assez ouverts à dire que nous venons de Russie mais je ne pense pas qu’on puisse nous considérer comme étant suffisamment représentatifs pour être des ambassadeurs même si nous essayons d’avoir notre originalité inspirée de l’environnement dans lequel nous vivons. Peut-être que ce terme convient pour des groupes ou des compositeurs beaucoup plus professionnalisés que nous ne le sommes. Je préférerais que ce soit le contraire mais nous ne sommes en aucun cas des ambassadeurs (petit rire). Mais pour autant nous n’avons jamais prétendu venir d’un autre pays que la Russie. Nous sommes ce que nous sommes.

Concertlive : Vous êtes fiers d’être russes, comme d’autres pourraient être fiers, parfois, d’être français ?
Vladislav Parshin : En fait, je ne vois pas trop les choses comme ça. Je suis fier que mes parents, mes grands-parents et les parents de mes grands-parents aient fait des choses ici, considérées comme mauvaises ou bonnes en lien avec notre culture. C’est notre maison. Alors nous n’essayons pas d’être des sortes de dissidents. Nous ne voulons pas ressembler à quelqu’un d’autre. De toute façon, les chansons que nous écrivons ne sont pas comparables à celles d’un groupe russe typique. Et, finalement avec ce que nous disons au fond de nos chansons, je ne crois pas que nous puissions être considérés comme une copie d’un autre groupe à 100 %. J’espère.

Concertlive : Moi non plus je ne crois pas.
Vladislav Parshin : Merci !

Concertlive : J’ai lu quelque part que vous trouviez parfois Rostov-sur-le-Don la ville où vous vivez un peu déprimante. Mais comment peut-on s’ennuyer dans un si énorme port de 1,1 million d’habitants ?
Vladislav Parshin : Je pense que c’est plus lié à l’économie de la ville. Comparée à des mégapoles comme Moscou ou Saint-Pétersbourg, notre ville n’est pas si intéressante. Surtout pour des gens comme nous. C’est une ville de négoce, c’est lié à son histoire en tant que port. C’est une très jolie ville mais en même temps, de temps en temps, j’ai l’impression que c’est très déprimant d’y vivre, que ce n’est pas si intéressant d’y évoluer. Nous essayons d’y faire des choses qui nous intéressent mais je ne peux pas dire que j’ai beaucoup d’amis ici. Qu’il y a autour de nous quelque chose comme une communauté de personnes dont nous nous sentons proches. Ou qui font des choses en lesquelles je suis intéressé. Rostov-sur-le-Don est en Russie le centre névralgique pour le hip-hop. Il y a vraiment beaucoup de groupes de ce type ici mais ce n’est pas vraiment mon style de musique.

Concertlive : Je ne savais pas. C’est amusant car c’est aussi une ville très liée à l’histoire de la Russie blanche et de son armée.
Vladislav Parshin : Ah oui, la monarchie, avant la révolution. Mais aux alentours, il y a aussi beaucoup de villages de cosaques. C’est quelque chose de très typique de Rostov-sur-le-Don. En tout cas, quand j’étais un peu plus jeune, que je commençais à m’intéresser à la musique, je ne trouvais pas forcément mon compte ici, j’ai pu considérer que vivre ici était un peu déprimant. Et aujourd’hui, nous restons un groupe isolé, sans réelles connexions avec Moscou ou Saint-Pétersbourg, nous faisons un peu les choses dans notre coin. Mais cela offre aussi des avantages de ne pas vivre dans une ville gigantesque. De ne pas passer son temps à sortir, à aller voir des concerts, de ne pas s’amuser trop souvent. Cela permet de se libérer du temps, cela offre des occasions pour réfléchir, faire réellement des choses. Passer du temps avec la famille, écouter et enregistrer de la musique. Sans trop de distractions. Il y a un peu cette idée d’ascèse mais qui est bénéfique en même temps.

Concertlive : Vous ne voudriez donc pas vivre à Saint-Pétersbourg ou Moscou ?
Vladislav Parshin : Saint-Pétersbourg ça c’est sûr mais Moscou en revanche, peut être que j’aimerais bien y vivre. J’aimerais tenter d'habiter là-bas, pendant un an peut être. J’aime bien Moscou.

Concertlive : Vous allez être programmés en Allemagne, au Portugal bientôt et vous avez joué en Equateur, au Chili, au Mexique. Mais vous ne vous êtes jamais produits en Angleterre ou même en Amérique du Nord, pourquoi n’avez-vous jamais donné de concert aux Etats-Unis ?  
Vladislav Parshin : Une fois, une seule fois, on a cherché à nous faire jouer aux USA. Et nous avons eu des problèmes avec nos visas, le concert a été annulé et nous n’avons plus jamais été sollicités depuis. C’était une agence de booking basée à New-York qui voulait nous faire jouer dans cinq villes américaines différentes, à New York, Chicago…

Concertlive : Est-ce donc difficile de réaliser des échanges culturels entre la Russie et les Etats-Unis ?
Vladislav Parshin : Oh non je ne pense pas, d’ailleurs nous avons fini par avoir nos visas mais l’année d’après. Nous avons tous nos visas désormais mais c’est dommage on ne fait plus appel à nous pour jouer là-bas (petit rire). Tout va bien en fait, on n’a pas programmé de jouer ailleurs parce que nous avons déjà une année plutôt chargée mais si l’occasion se représentait, on serait très contents.

Concertlive : Votre nom Motorama est d’ailleurs lié à un film américain. Est-ce que vous auriez aussi pu vous appeler "Stalker" ou "Solaris", en référence à ces films du cinéaste russe Andreï Tarkovski ?
Vladislav Parshin : Oui. Peut-être que ce serait mieux d’ailleurs parce que je suis bien désolé de ne pouvoir changer le nom du groupe maintenant que nous commençons à avoir un peu de notoriété avec. Alors que je ne l’aime pas du tout. Il a été trouvé par le mec qui jouait de la basse avec nous à nos tous débuts. Il m’a demandé s’il pouvait rejoindre le groupe puis il est parti en nous laissant ce nom, à moi et au batteur. J’essaie de ne pas trop y penser mais dès que ça m’arrive, je réalise bien que je n’aime pas ce film. Je n’aime pas non plus ces références à des engins motorisés, aux autoroutes (NDLR : Motorway en anglais) et à tout ce qui est lié aux voitures. Et donc je n’aime pas tellement le nom du groupe au final. Je préférerais en choisir un autre si j’en avais la possibilité. Mais nous avons acheté un nom de domaine pour notre site web et nous avons des disques donc il me semble que c’est compromis.

Concertlive : Mais il y a cet exemple d'un groupe américain de post-punk qui se faisait appeler Viet Cong et qui a se rebaptiser Preoccupations après un certain nombre de pressions. Est-ce que tout n’est pas possible quand on est motivé, finalement ?
Vladislav Parshin : Oui c’est vrai je devrais y penser finalement (rire). C’est un bon exemple.

Concertlive : Je ne sais pas (rire). Parlons de cinéma, vous semblez apprécier des esthétiques en noir et blanc assez loin du « mainstream », c’est un médium important pour vous ? Tarkowski compte-t-il autant pour vous que Godard, par exemple, pour la culture française ?
Vladislav Parshin : Je dois dire que je ne suis pas un grand fan de son travail. J’aime deux de ses films : "Andreï Roublev", qui parle des temps médiévaux en Russie et "L’enfance d’Ivan", son premier, qui évoque un jeune garçon pendant la deuxième guerre mondiale. Mais je n’aime pas trop ce genre de films trop "arty". Je peux les comprendre mais je crois qu’ils sont un peu trop prétentieux pour que je les apprécie. Je n’aime pas ce genre de style. Je suis davantage attiré par les films réalistes. Ou surréalistes. Mais pas ce genre de films avec de longs mouvements de caméras qui essaient de suivre la chute de cuillères ou de gouttes d’eau dans l’eau d’un lac pendant dix minutes (rire). Peut-être qu’il faut boire ou faire quelque chose en même temps pour vraiment apprécier ce genre de films. Bon ce n’est que mon point de vue après tout. Peut-être que je devrais regarder plus de films pour mieux apprécier les influences et les références au cinéma. Mais je ne suis pas un cinéphile. J’aime les films mais avec des histoires et des gens simples.

Concertlive : Est-ce qu’un film comme "Zashchitniki" (NDLR : Gardiens en français), nouveau film de super-héros soviétiques vous concerne plus ?  
Vladislav Parshin : Je n’en ai jamais entendu parler. Mais peut être que c’est parce que je ne suis pas avec assiduité l’actualité du cinéma. J’ai adoré certains des premiers films de Nikita Mikhalkov. C’est un grand fan d'Anton Tchekhov et il l’a adapté avec "Partition inachevée pour piano mécanique", que j’ai vraiment beaucoup aimé. Ainsi que plusieurs autres de ses films comme "Soleil trompeur" même s’il a par la suite, à la fin des années 90, commencé à réaliser des films vraiment mauvais et même un peu idiots. Mais il reste un réalisateur talentueux, un de mes favoris en Russie. J’apprécie aussi Alekseï Balabanov, notamment "Des monstres et des hommes". Et il y a bien sûr Claude Chabrol, "La Cérémonie" est un classique. Mais Takeshi Kitano et Lars Von Trier figurent aussi sur ma liste.

Concertlive : Etes-vous intéressé par le football ? J’ai lu que vous étiez devenus la coqueluche d’une équipe de football russe, qu’en est-il exactement ?
Vladislav Parshin : Au milieu des années 2000, le hooliganisme a commencé à être un phénomène important en Russie et de nombreux amateurs de football ont commencé à venir à nos concerts parce que notre look leur plaisait et que nous chantions en anglais. Ils aimaient ces esthétiques et se sont mis en tête que cela pourrait être leur musique. Parce qu’au même moment, ils s’immergeaient dans des films britanniques sur les hooligans. Peut-être que c’est à ce moment que notre musique a pu être associée à une équipe de foot. Mais c’est bel et bien fini. Et je ne suis pas du tout intéressé par le football. Maksim Polivanoc, notre guitariste, joue au football et connait bien cet univers. Tout comme notre batteur Oleg Chernov. Je suis le seul qui ne s’intéresse pas au foot.

Concertlive : Y-a-t-il vraiment une scène soudée autour du rock indépendant, du post-punk, de la new wave en Russie ?
Vladislav Parshin : Pas à Rostov-sur-le-Don. J’ai des amis à Moscou qui jouent dans d’autres styles musicaux. Je connais quelques groupes intéressants, pas tous forcément dans le genre post-punk d’ailleurs. Il est devenu très populaire ici de chanter en russe de nos jours, peut-être plus que de chanter en anglais. Nous avons eu une vague de groupes chantant en anglais au début des années 2010 jusqu’à 2013 environ, beaucoup de groupes anglophones qui essayaient de donner des concerts un peu partout. Mais de nos jours, ce n’est plus vraiment la tendance. Les jeunes chantent en russe désormais, ils semblent avoir compris qu’ils devaient chanter sur les problèmes qu’on rencontre ici, pas sur les problèmes des autres.

Sans parler de ceux qui ne chantent sur rien, dont les textes sont vides de sens. Qui commencent leur carrière en chantant sur le vide, qui tentent juste de sonner comme un groupe anglais. Je pense que c’est la même chose un peu partout, c’est quelque chose de global. Copier les groupes de Grande-Bretagne ou des Etats-Unis. Complètement. Et perdre son caractère, sa substance. Et parmi la vague de groupes qui chantent en russe, selon moi, seuls quelque uns d’entre eux sont bons. Peut-être que je suis trop vieux pour écouter ces nouvelles formes de musique. Je n’arrive pas en écouter trop souvent en tout cas. Les vieux groupes me manquent toujours.

Concertlive : Etes-vous un peu une exception dans le paysage actuel dès lors si vous chantez en anglais ?  
Vladislav Parshin : Non je ne pense pas il y a plein de groupes qui donnent des concerts et sont signés sur différents labels parmi les groupes russes qui chantent en anglais. Peut-être que nous étions une exception en 2011 lorsque nous avons commencé à tourner pour la toute première fois en Europe, à l‘époque ce n’était pas si commun pour un groupe russe.  À part peut être t.A.T.u, ce groupe de pop commerciale, qui était vraiment populaire.

Concertlive : Pensez-vous qu’un jour vous chanterez une ou deux chansons en russe néanmoins ?
Vladislav Parshin : Pas pour Motorama mais en 2010 j’ai demandé à certains de mes amis du groupe de me rejoindre dans une autre formation où nous avons tenté de chanter en russe, Utro.

Ce groupe est également signé sur Talitres, notre label basé à Bordeaux. J’ai aussi un autre groupe que j’ai lancé en 2012 avec ma femme, Airin Marchenko.  Elle jouait de la basse dans Motorama mais maintenant elle doit rester à la maison avec notre fils et nous avons lancé ce projet où je chante aussi en russe. Du coup, je chante en russe au sein de deux projets.

Concertlive : Evoquez-vous plus facilement les problèmes russes que dans Motorama à partir du moment où vous chantez en russe ?
Vladislav Parshin : (Longue hésitation) J’aimerais exprimer des choses. Mais je ne veux pas être politique ou social comme un groupe qui écrirait des chansons sous forme d’articles de journaux. J’aime exprimer mes pensées en général et j’apprends à le faire en russe c’est très difficile d’apprendre à construire des textes en russe. Alors je lis de la poésie, quelquefois je pioche dans les textes de poètes d’union soviétique, principalement, parce que je les apprécie particulièrement. Ils parlaient de problèmes sociaux comme l’isolement, la solitude, les gens seuls dans la ville. D’individualisme, de matérialisme, d’idéalisme. Toutes ces thématiques assez gigantesques (il rit). J’espère que j’apprendrais comment écrire ainsi le mieux possible mais en même temps je ne veux pas être trop lié à l’actualité.

Concertlive : Vous avez eu la chance de jouer à l’étranger quels sont vos meilleurs souvenirs ?
Vladislav Parshin : Les meilleures choses qui me sont arrivées, ce sont les rencontres humaines. Plus que les endroits en eux même. Nous avons croisé des gens qui ont été très amicaux à notre égard, dans les différentes parties du monde où nous avons joué. Je crois que nous avons eu de la chance de pouvoir jouer notamment dans  une soixantaine de villes différentes en France. C’est impressionnant à regarder sur une carte ! Je voudrais dire merci aux gens qui ont permis ça en venant à nos concerts et à notre label Talitres. Nous sommes très chanceux par rapport aux autres groupes. En Allemagne, en Amérique Latine, nous avons vraiment rencontré des gens biens avec qui nous avons d’ailleurs gardé de bons contacts. Nous n’avons jamais eu la chance de jouer en Asie malheureusement mais nous aimerions. En tout cas, nous espérons que certains des gens en Europe voudront bien faire appel à nous. De nouveau.

Concerts à La Lune des Pirates à Amiens le 7 février 2017, à La Cave aux Poètes à Roubaix le 8 février 2017, La Rodia Salle Le Club à Besançon le 9 février 2017.