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Rouen et le 106 fêtent à leur tour les 40 ans du punk

Par Nicolas Mollé le 11/09/2017 - Dernière mise à jour : 14/09/2017

Rouen et le 106 fêtent à leur tour les 40 ans du punk

Après Nantes, le 106 à Rouen fête à son tour les quarante ans de la culture punk. Avec DJ set érudit et goguenard, expo de photos contrastées, films cultes et topo sur les fanzines. Rendez-vous du 16 septembre 2017 au 20 novembre 2017. Sortez les épingles à nourrices, les badges vintages et collez-vous en crête ce qui vous reste de cheveux.

« Punk ! 40 ans de No Future ». Expositions, cinéma, rencontres, DJ set. C’est au 106 à Rouen que ça se passe du 16 septembre 2017 au 20 novembre 2017.

Il s’en trouvera toujours pour dénoncer les cyniques et arguer que le mouvement punk n’était que ça, du nihilisme, du cynisme à l’état pur. Ce serait oublier que le « No Future » des Sex Pistols était surtout une plainte vibrante de détresse sur l’absence d’avenir pour la jeunesse d’Albion.

Le 106, comme Nantes, célèbre donc le punk. Avec d’abord une exposition de photographies de Sue Rynski. Des photographies en noir et blanc des Dead Boys ou des Ramones. Sue Rynski, c’est cette native et habitante de Detroit qui continue de traquer et de photographier ceux qui dans des lieux souvent minuscules font et sont le punk rock d’aujourd’hui.

Et qui a aussi photographié à partir de la fin des seventies en action, c’est à dire souvent en concert, ceux qui firent de la ville du Michigan une des places fortes du punk rock aux Etats-Unis.

Des artistes comme les Stooges d’Iggy Pop, Patti Smith et son mari Fred « Sonic » Smith guitariste des légendaires MC5 ou même celui qui s’y installa un temps, Johnny Thunders, guitariste des New York Dolls puis des Heartbreakers, qui participèrent en 1976 en Angleterre à l’ »Anarchy Tour » des Sex Pistols.

Deux films seront projetés : Rude Boy de Jack Hazan et David Mingay sorti en 1980. Et Degeneration punk (1997) de Claude Santiago. Le premier, entre fiction et documentaire, retrace l’histoire d’un jeune fan de The Clash qui réussit à se faire embaucher comme roadie sur la tournée du groupe en 1978. On y découvre la dérive d’un jeune punk de Brixton dans l’Angleterre des années pré-Thatcher, les manifs du National Front et le quotidien des Clash : répétitions, discussions politiques et apparitions survoltés sur scène.

Le second film évoquera Generation X (premier groupe de Billy Idol), XTC, The Slits, The Sex Pistols, The Clash, Richard Hell & the Vovoids, The Dead Boys, Siouxsie & the Banshees. Depuis un poème de Patti Smith appelant le rock à renouer avec la révolte jusqu’à la mort par overdose de Sid Vicious, le film décrit les trois années essentielles du mouvement punk (1976 à 1979), le chaos d’une scène anglaise et américaine où se croisent musiciens, graphistes, fashion designers et « escrocs » du show-biz.

En partenariat avec la Documentation de Radio France, France Inter et la SACEM sera aussi présentée une exposition intitulée « Pochettes de disques et esthétique punk ». Avec la complicité de la Documentation de Radio-France, 200 pochettes de disques et une collection de documents (dessins du collectif Bazooka, fanzines) entraineront dans un voyage à travers l’histoire du Punk.

Une odyssée musicale débutant par les origines du mouvement (Search and Destroy), revenant sur l’épopée britannique (Anarchy in the UK) et retraçant l’histoire du punk en France et en Europe (Panik), sans oublier d’explorer le punk américain et mondial (Blank generation).

La scène Punk rouennaise ne sera pas oubliée, en partenariat avec la SACEM et la collaboration de Claude Levieux, grand collectionneur et activiste de la scène rock rouennaise, qui a confié quelques archives.

Sans oublier des déclarations et partitions à travers une exposition de bulletins de déclarations et partitions manuscrites de punks Rouennais auprès de la SACEM.

Ni un DJ set de Eric Tandy, parolier des Olivensteins, le mercredi 20 septembre pour le vernissage de l’exposition de photos.

Aujourd’hui journaliste et conférencier, celui qui fut vendeur dans une boutique de disques à Rouen, Mélodies Massacre oeuvre entre DJ pédagogique, témoin encore vivant de l’époque et nostalgique qui s’en amuse. Il fera écouter au 106 les 45T qui l’ont alors le plus marqué. Racontera leur histoire, dialoguera avec les auditeurs.

Une façon live (avec vinyles qui craquent) de revenir sur une époque où le single « Do it Yourself » (DIY), enregistré à la va vite avec peu de moyens, était au centre de la révolution musicale punk.

Enfin, le jeudi 2 novembre 2017, à 20 heures, place à une conférence de Samuel Etienne sur les fanzines musicaux et la philosophie DIY intitulée « Même moche tu as ta chance ! ».

La conférence abordera l’histoire des fanzines DIY dont la prolifération est indissociable de l’émergence du mouvement punk. Même si on peut remonter au début du 20e siècle pour trouver les racines du fanzine comme média alternatif créé par des amateurs.

La conférence montrera comment les multiples handicaps théoriques de la presse alternative ont été renversés par le fanzinat punk pour en faire des atouts communicationnels hors pairs. Un modèle qui résonne certes en décalé à l’heure du modèle Pitchfork triomphant. Mais les fanzines, même sous forme numérique, sont toujours d’actualité et affirment plus que jamais leur statut de média de résistance culturelle.

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