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Portrait de Nathalie Paul

Patrick Kader: "Le Nancy Jazz Pulsations, c'est le grand écart musical"!

mar, 20/09/2011 - 12:24 -  Nathalie Paul
 
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Le directeur du Nancy Jazz Pulsations (qui se déroule cette année du 5 au 15 octobre 2011) revient sur le parcours remarquable du festival créé en 1973, et qui a su s'ouvrir à tous les genres musicaux. A l'affiche de cette nouvelle édition, 120 artistes sont programmés, dont Miossec, Catherine Ringer, Stupeflip, Yuksek... un grand écart musical qui continue de séduire un public toujours plus nombreux. Retour sur une recette musicale qui marche!

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Concertlive.fr: Quelle est l'origine du festival Nancy Jazz Pulsations?
Patrick Kader: Le festival a été créé en 1973 par des groupes d'étudiants qui souhaitaient autre chose que la Fête de la Mirabelle et Intervilles en guise d'activité culturelle et d'animation dans la région. A l'époque, il n'y avait que 5 festivals en tout et pour tout en France! A l'origine, le festival était géré par la ville de Nancy, et petit à petit on en est venu à une gestion associative, en 1977. Pour ma part je fais partie de l'association depuis 1973 et j'ai pris la direction du festival en 1980. C'est à cette époque que l'évènement s'est davantage ouvert aux autres styles musicaux que le jazz, pour se tourner vers la chanson, le rock, la pop, l'électronique, le reggae...

CL : Que représente aujourd'hui le festival sur la région?
PK : Nancy Jazz Pulsations, ce sont 120 concerts sur Nancy et toutes les salles de la région dans un esprit de découverte, où se côtoient les soirées dédiées au jazz et les soirées électroniques. C'est le grand écart!

CL : Comment le public réagit-il à cette offre musicale étendue?
PK : On constate que le public de 30-40 ans est ouvert à plusieurs genres et qu'il peut hésiter entre plusieurs concerts qui ont lieu en même temps. Pour ma part, je constate que le public plus jeune est un peu plus cloisonné et peut-être un peu moins curieux. Mais il faut reconnaître que l'offre est très importante, ce qui n'est pas simple pour les gens. Cette ouverture a pour but de proposer un festival populaire dans le bon sens du terme, et accessible pour toutes les bourses. Par exemple, pour l'électronique, la soirée à l'Autre Canal rencontre tous les ans un immense succès, avec 1.500 spectateurs (la jauge maximale). Cette année, nous avons programmé Yuksek, Teenage Bad Girl...

CL : La découverte est-elle facile à imposer au public?
PK : Il est vrai que nous misons beaucoup sur la découverte et il est très rare que les gens connaissent tous les artistes programmés sur un même plateau. Selon les spécificités régionales, certains artistes ne sont pas aussi connus chez nous que dans d'autres régions. Ce qui ne nous empêche pas, évidemment, de programmer des artistes plus connus. On reçoit par exemple le phénomène Stupeflip, Saul Williams, Miossec, mais aussi Billy Cobham lors de la soirée jazz, China Moses... Nous osons parfois des mélanges qui ne sont pas évidents, mais le public répond toujours présent, aussi parce que nous proposons des tarifs très raisonnables [autour de 25 euros tout compris, ndlr].

CL : Côté budget, comment se porte Nancy Jazz Pulsations?
PK : C'est un festival qui ne perd pas d'argent. NJP réalise environ 30.000 entrées payantes sur Nancy, en moyenne. Quant à notre budget annuel il est de 1,750 million d'euros, dont 40% sont soutenus par des subventions. Le reste provient des recettes propres. Il nous est arrivé de faire des fréquentations supérieures selon les années, lorsque nous avons programmé des Zénith. Ce ne sera pas le cas en 2011, car je n'ai pas trouvé de programmation adéquate. Je n'ai pas envie de faire des programmations trop coûteuses, qui nous obligeraient à faire des tarifs trop élevés.

CL : A ce sujet, avez-vous perçu la tendance inflationniste des cachets pour programmer des artistes?
PK : Oui, en particulier dans la pop et le rock. C'est de plus en plus dur de programmer ce type d'artistes sans ce que cela coûte 100.000 euros la soirée! C'est devenu n'importe quoi, et ça va finir par exploser. Du coup, pour le festival Nancy Jazz Pulsations, c'est vrai que je ne peux pas toujours programmer tout ce que j'aimerais proposer. Mais nous avons tout de même une très belle affiche, avec Catherine Ringer, Saul Williams, Pigeon John, The Do, pour ne citer qu'eux (voir toute la programmation).

CL : Pour cette édition 2011, y a-t-il des innovations particulières?
PK : Nous avons mis en place une exposition de machines sonores interactives, à destination des 4-5 ans. Nous souhaitons ainsi emmener les petits vers la découverte sonore moderne. Nous avons également programmé des concerts et contes pour les 7 ans et plus. Enfin, cette année est marquée par une plus forte présence de la chanson, avec notamment Arnaud Fleurent-Didier, Zaza Fournier, Alex Beaupain, Têtes Raides, Debout sur le Zinc... Nous sommes aussi très heureux d'avoir en pré-ouverture du festival, le 24 septembre 2011, Sophie Hunger et Agnes Obel, qui joueront à guichets fermés Salle Poirel.


Infos Pratiques:
Nancy Jazz Pulsations 2011: du 5 au  15 octobre, à Nancy et sa région.
Retrouvez toute la programmation du festival sur Concertlive.fr


Propos recueillis par Nathalie Paul



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