Désaffectée depuis longtemps, La Gare aux Gorilles a été créée en 1896 en bordure des rails de la petite couronne parisienne, aujourd'hui à l'abandon. L'endroit a été récupérée il y a quelques années par des squatteurs bénévoles, dans le but d'en faire un espace d'échange culturel inédit, comprenant une salle de concerts ouvert aux groupes indépendants. Le pari semble réussi, puisque cette petite bâtisse située juste à la sortie du métro Corentin Cariou attire les foules le samedi soir grâce à myspace, mais aussi au bouche-à-oreille. Elle rappelle par certains aspects la Miroiterie, situé rue de Ménilmontant et maintes fois fermé et réouvert.
Passé le grand portail noir, l'univers de la « GAG » surprend tout de suite. Une longue allée de dalles mène à ce bâtiment insolite. Sur les bords du chemin, des gens font un feu, d'autres prennent des photos assis sur un fauteuil entre une baignoire et une sculpture pour le moins abstraite. Le parcours de dalles est installé parallèlement à une ligne de chemin de fer abandonnée, comme pour donner plus de force à l'ambiance déroutante du lieu. A l'intérieur même de la Gare aux Gorilles, il y a souvent peu de place pour circuler à cause de la foule (d'autant que seul le rez-de-chaussée est habilité à recevoir des visiteurs). Une lumière colorée ravive l'étrangeté de l'endroit. Aux toilettes, pas de porte mais un rideau, histoire de stimuler la solidarité entre les invités...
Le plus fréquemment, les musiciens invités pour les concerts interprètent des morceaux de musique expérimentale, dans un esprit alternatif revendiqué. Des groupes comme comme Bunker, Magnolia ou Wonderflu se sont notamment produits à La Gare aux Gorilles. Les animations sont gratuites et ouvertes à tous les curieux, (mal intentionnés s'abstenir, car les soirées sont encadrées par un service de sécurité).
La Gare aux Gorilles n'organise pas que des concerts mais aussi des expositions, des projections, lectures et soirées à thèmes. Mais son statut de « squat » n'arrange pas ses affaires puisque le bâtiment, même si elle est abandonné depuis des lustr, elle n'appartient pas à ceux qui l'animent. Les organisateurs se battent avec la SNCF pour garder la gestion du monument le plus longtemps possible. La « GAG » semble être éphémère, mais ses organisateurs voudraient simplement faire durer le plaisir plus longtemps.
V.P.





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