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jeu, 12/06/2014 - 06:59, par Nathalie Paul

Comprendre la crise des intermittents du spectacle en 3 questions

Pourquoi le régime des intermittents est-il si différent? Que veulent les intermittents et que leur reprochent leurs détracteurs? Le point sur le statut des intermittents du spectacle, le coût et les principales critiques.

La grève des intermittents du spectacle en juin 2014 laisse planer une menace sur les festivals de l'été. Voici pourquoi la crise qui peut gâcher la saison des festivals s'amplifie. 

  • Qu'est ce que le régime des intermittents

Le régime des intermittent est une spécificité française, créée en 1936, et dont le but est de permettre aux techniciens du monde du spectacle et aux artistes d'être indémnisé pendant les périodes où ils ne travaillent pas dans le cadre d'un contrat, afin de pouvoir répéter et se consacrer à leur art.  Les intermittents travaillent ainsi sous contrat un certain nombre d'heure (un minium de 507 heures de contrat au cours de 319 jours passés). Une fois le quota de 507 heures atteint, l'indemnisation est alors de huit mois.

  • Pourquoi ce régime des intermittents est-il menacé?

Régulièrement en France, le régime des intermittents est remis en question. La dernière importante réforme remonte à 2003, où le régime a été durci, notamment dans le calcul des périodes d'indemnisation. En 2014, le statut des intermittents est menacé par les nouvelles négociations ouvertes autour de l'assurance chômage . Le statut est en effet jugé coûteux, alors que la Cour des comptes, estime que  les intermittents représentent 3% des demandeurs d'emploi, mais leur régime représente un tiers du déficit de l'assurance-chômage.

Les détracteurs du régime des intermittents pointent du doigt le fait que (en 2014) quelque 100.000 personnes perçoivent plus de 1,3 milliard d'euros d'indemnités pour 240 millions de cotisations. Par ailleurs, l'admnistration dénonce les fraudes. 

  • Qui sont les fraudeurs?

Les abus de ce régime sont surtout réalisés par des entreprises (souvent audiovisuelles), plus que par les intermittents eux- mêmes. Selon un rapport parlementaires de 2013, la fraude reste limitée: "la fraude constatée en matière d’allocations de chômage est d’un volume limité : en 2012, le préjudice subi par Pôle emploi au titre du versement indu d’allocations au titre des annexes VIII et X s’est élevé à 1,2 million d’euros (sur un total de 76 millions d’euros pour l’ensemble de l’assurance chômage), et a concerné 449 personnes. Le montant moyen du préjudice s’est élevé à 2.650 euros par personne. Ces montants sont faibles au regard des 1,2 milliard d’euros de prestations versées aux intermittents du spectacle".

Voir notre dossier sur la crise des intermittents du spectacle

 

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