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jeu, 17/09/2015 - 11:03, par Nicolas Mollé

Les ambitions de Vivendi en Afrique passent par la musique !

Conscient du formidable relais de croissance économique mais aussi artistique que peut constituer l'Afrique dans les prochaines années, Vivendi et Universal, sous l'aiguillon de leur actionnaire Bolloré, investissent le continent avec 10 Olympia locaux en prévision.

Vivendi, désormais piloté par Vincent Bolloré, devenu son actionnaire de référence (celui qui a le plus de parts, sans être majoritaire), doit s'aligner sur les ambitions africaines de son nouveau patron.

En même temps qu'il annonçait le rachat des Studios de Boulogne en région parisienne dans Les Echos, on apprenait ainsi que le groupe Vivendi ambitionne de construire 10 Olympia en Afrique.    

C'est donc la semaine prochaine, le 26 septembre 2015, que sera posée la première pierre d'une nouvelle salle de spectacle en Afrique déclinant le nom du lieu de concert parisien.

Ce nouveau "CanalOlympia" sera situé à Conakry, en Guinée. Alors que l'Afrique manquerait de salles, la construction de 3 autres enceintes de spectacle - notamment à Dakar et à Brazzaville - est déjà dans les tuyaux, comme l'expliquait Vincent Bolloré à la fin d'un interview vidéo. 

Ce modèle de "CanalOlympia" permettra, comme l'explique Vincent Bolloré d"à la fois faire de la projection de films mais sera aussi une salle de spectacle qui permettra d'aller repérer les talents du Congo et ensuite de les internationaliser, de les amener en France à l'Olympia ou à Londres à Abbey Road ou aux Capitol Studios à Los Angeles", tous deux propriétés d'Universal. 

Universal, la filiale musique de Vivendi, construit par ailleurs le premier studio d'enregistrement en Guinée pour son nouveau label Island Africa, déclinaison de son label Island, au départ spécialisé dans le reggae.

Island Africa est basé à Abidjan, en Côte d'Ivoire : il a pour mission de "découvrir les talents et de les accompagner dans leur carrière", indique le groupe, et de développer "un grand réseau panafricain d'infrastructures et de moyens techniques destinés à promouvoir les musiques africaines sur le continent et dans le monde entier".

Comme Jean-Marie Messier en son temps (l'ancien patron de Vivendi), il s'agit pour Vincent Bolloré de développer les "synergies" entre "contenus" (programmes télés sur Canal +, développement d'artistes chez Universal Music) et "contenants" (studios de Boulogne et salles de spectacle comme l'Olympia).

Sauf que contrairement à J6M, le spécialiste des "tuyaux", la singularité de Vincent Bolloré est africaine.

Il investit depuis longtemps sur ce continent, même s'il y a récemment obtenu un contrat ferroviaire très important.

Il y a perfectionné sa façon de faire des affaires, tantôt en mode commando, tantôt façon rouleau compresseur. Tout en s'appuyant sur les médias qu'il contrôle pour une auto-glorification incessante de son action industrielle, comme le rappelait récemment Arrêts sur Images.  

Vincent Bolloré chapeaute désormais Pascal Nègre, le président d'Universal Music France, de l'Olympia et vice-président d’Universal Music International chargé du Moyen-Orient et du Maghreb depuis 2000. Chez Barclay, un des labels d'Universal a d'ailleurs été développé un des artistes de Côte d'Ivoire les plus politisés et entreprenants, dans une optique émancipatrice : Tiken Jah Fakoly, devenu en quelques années le "pape" du reggae africain.