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Portrait de Emilie Leoni

Asaf Avidan (and The Mojos) : "Je revis lorsque je suis sur scène"

lun, 11/07/2011 - 17:46 -  Emilie Leoni
 
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Une voix puissante et androgyne, digne des plus grandes divas blues US. Un style mêlant habilement rock, blues et folk étroitement inspiré des seventies... Tel est Asaf Avidan, phénomène folk-rock tout droit débarqué d'Israël en 2010 avec un second opus "Poor Boy, Lucky Man". Présent lors du festival Solidays 2011 en compagnie de son groupe The Mojos, Asaf Avidan a accepté de répondre aux questions de Concertlive.fr.

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  • Asaf Avidan, héritier de Joplin et de Jeff Buckley



Concertlive : Comment te sens-tu à quelques heures de monter sur la scène des Solidays ?
Asaf Avidan
: Fatigué ! Mais super excité à l'idée de jouer ici, je suis sûr que ce sera un bon concert.

CL Dans le programme des Solidays, il est écrit pour te présenter que « Jeff Buckley et Janis joplin peuvent se réjouir d'avoir trouvé leur digne héritier ». Est-ce que tu es d'accord avec cela ?
AA
: Ce n'est pas à moi de le dire. Je sais que la comparaison vient surtout de ma voix lorsque je chante. Alors oui je pourrais dire "Mmmm, c'est vrai, je chante comme Janis Joplin !". Mais je crois que ce ne serait pas lui rendre justice. Mais c'est un superbe compliment malgré tout !

CL Est-il vrai que c'est une rupture amoureuse qui t'a poussé à faire de la musique ?
AA
: Cela a été le déclencheur en effet. Or, cela faisait longtemps que je voulais devenir musicien. J'avais une guitare chez moi mais j'avais tellement de choses à faire entre mon métier d'animateur et celui de réalisateur de films que je ne m'y mettais pas vraiment. Jusqu'au jour où j'ai réalisé que je ne m'exprimais pas vraiment en tant qu'artiste dans cette vie-là. Je faisais des tas de trucs, mais ce n'était pas ce que je voulais faire en réalité. Puis j'ai rompu avec ma petite amie après six années de relation, de 19 à 25 ans; elle était tout ce que j'avais connu jusqu'ici. A ce moment-là, je repris ma guitare et j'ai commencé à écrire des chansons sur cette rupture. Cela m'a pas mal aidé. C'était ma manière d'exprimer le blues en tout cas : écrire, l'exprimer à haute voix, chanter sa douleur, ses peurs, cela les rend plus faciles à supporter. Je crois que c'est pour cela d'ailleurs que ma voix sonne comme ça parce que tantôt je crie, tantôt je chante plus bas pour exprimer toutes ces émotions. Donc oui, quelque part, c'est cette rupture qui m'a fait commencé sérieusement la musique.

CL : Peux-tu nous présenter le groupe avec lequel tu joues, The Mojos ?
AA
: Quand j'ai commencé la musique il y a cinq ans, j'ai joué seul avec ma guitare dans des clubs pendant environs six mois. Un jour, Ran, le bassiste de The Mojos, est venu à moi et m'a dit : « Tes chansons sont incroyables mais tu as besoin d'un groupe derrière toi. Tu as besoin d'une batterie, d'une basse.. » J'ai dit ok. Il m'a présenté au reste du groupe, aux Mojos. C'est ma famille depuis tout ce temps. Ils partagent ma vie sur la route depuis un an et demi, on parcourt le monde ensemble. On tourne ensemble, on a fait trois albums ensemble. C'est pour le meilleur et pour le pire.

CL : Est-ce qu'ils participent à la création des morceaux ? Est-ce qu'ils t'influencent dans ta musique?
AA :
J'écris les paroles et je compose les mélodies seul mais ils m'influencent oui. Tu sais, sur le premier album, ils m'ont aidé pour les arrangements et ont joué dessus. Pour le second, je savais qu'il y avait le groupe et tous les instruments qu'ils peuvent apporter. Je leur ai laissé beaucoup plus de place pour qu'ils me suivent. Et cela s'entend sur le disque. Il y a une plus grande diversité instrumentale sur « Poor Boy, Lucky Man ». Nous grandissons artistiquement ensemble, et je pense qu'ils m'influencent plus qu'ils ne l'imaginent. Même si j'écris les chansons vraiment seul, même si je sais exactement ce que je veux mettre dans un titre, dans un coin de ma tête, je sais qu'ils sont avec moi sur scène et qu'ils enregistrent à mes côtés.

CL : Justement en parlant de ton album "Poor boy, Lucky man", que retrouve-t-on à travers ce disque ? Si tu devais le résumer en quelques mots ?
AA :
Je ne peux pas faire cela. Mon idéologie n'est pas de confiner quelque chose en une seule phrase. C'est pourquoi j'aime le concept d'un album avec plusieurs chansons, plusieurs couleurs musicales, comme une mosaïque. Ce sont plusieurs pièces que l'on assemble. C'est la même chose pour le titre. Je réfléchissais à un titre et je ne parvenais pas à me décider. Mon choix c'était arrêté sur « poor boy » et « lucky man » mais je ne parvenais pas à choisir entre les deux. Je n'arrivais pas à me décider lequel des deux correspondait le mieux à l'album. D'un côté, il y a le pauvre garçon, qui est venu au monde sans avoir tous ses organes, notamment le coeur et il ne peut ressentir d'émotions, encore moins l'amour. De l'autre côté, il y a l'homme chanceux qui peut ressentir la douleur, l'amour justement. Chez moi, en Israël, j'ai sorti l'album avec deux jaquettes différentes, une appelée "Poor Boy", l'autre "Lucky Man", ainsi les gens peuvent choisir leur titre préféré. Je suis d'ailleurs désolé que cela ne puisse se faire ici en France.

CL : Comment te sens-tu avant/pendant/après un concert ?
AA
: Mort/vivant/mort !

CL : C'est intéressant ce que tu dis parce que dans une interview que tu as accordé, tu disais : « lorsque je suis sur scène, je meurs sur scène ». Que voulais-tu dire par là ?
AA :
Je pense que j'ai dis cela parce que sur scène, je ne laisse rien au hasard. C'est vrai que j'ai tendance à repousser mes limites, à aller dans les extrêmes pour procurer au public un maximum d'émotion. C'est la seule manière que j'ai d'être honnête avec moi-même. Mes chansons ne datent pas d'hier, elles ont deux ou trois ans et je les joue toujours donc j'essaie d'aller puiser en moi une nouvelle énergie, une émotion nouvelle et de la refléter dans la chanson. Après avant un concert, j'ai souvent une baisse d'énergie et je m'endors 3-4 minutes avant de monter sur scène. Mais je sais que dès lors où je monte sur scène l'adrénaline fait son effet et je "revis" ! Le jour d'un concert est toujours particulier parce que j'attends avec impatience de monter sur scène, lorsque j'y suis cela passe trop vite et cela redescend après le show. Cela ne veut pas dire que je ne sois triste après un concert, non. Je ne me sens pas vide. J'ai donné ce que j'avais à donner. Cela peut paraître cliché mais c'est comme si ma vie se mettait sur pause avant un concert. Puis elle reprend lorsque je monte sur scène et je remets sur pause jusqu'au prochain concert.

CL Un beau souvenir de concert ? En France ou ailleurs ?
AA :
Je dirais l'année dernière lorsque je suis venu à Paris et le concert de La Cigale. C'était incroyable ! La salle était pleine. Toi tu débarques d'Israël, tu arrives à Paris pour jouer et on te dit que tous les billets ont été vendus, c'est fou ! J'espérais que cela se passerait ainsi. Les gens connaissaient les paroles de mes chansons. Après il y a d'autres souvenirs qui me reviennent en tête comme notre concert en Chine. C'était énorme. Il y a avait plusieurs dizaines de milliers de personnes présentes.

CL : As-tu eu l'occasion de rencontrer des gens, des fans lors de tes passages en France ? As-tu eu des échos sur la manière dont ta musique est reçue ici en France ?
AA :
Il y a quelques temps de cela, nous étions à Paris pour un concert. Je me baladais dans les rues de la ville, non loin du Louvre. Là, quelqu'un a traversé la rue pour venir à me rencontre : « Vous êtes Asaf Avidan ! » Cet ado m'avait reconnu dans la rue. On a commencé à parler musique. Que l'on soit en Israël, en Inde, aux Etats-Unis ou autre, la musique est finalement universelle, les gens réagissent à la même chose.

CL Si tu devais faire ton auto-promo, que dirais-tu pour convaincre les gens de venir à tes concerts ?
AA :
Je n'essaierai jamais de convaincre qui que ce soit de venir à mes concerts. Je n'ai jamais fait cela parce que le succès ne m'intéresse pas vraiment. Je n'ai pas pour objectif de devenir célèbre. J'apprécie d'avoir une certaine notoriété car cela implique que je puisse continuer à faire ce que j'aime, de la musique, plutôt que de retourner m'enfermer dans un bureau. J'espère que les gens recevront positivement ma musique mais je ne cherche pas à « convaincre » à tout prix. Cela saperait ma démarche et mon travail en tant qu'artiste.

Propos recueillis par Emilie Leoni

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2 commentaires

Portrait de Anonyme
Par  » le mar, 18/10/2011 - 21:10

Belle voix...belle mentalité...Et dire que je me suis trouvée en face d'Asaf au festival des Terres Blanches à Guérande (Loire Atlantique) pendant la séance dédicaces et tellement intimidée, je suis restée sans voix..Je regrette aujourd'hui de ne pas lui avoir exprimé toute mon admiration pour lui et son groupe. C'est chose faite. Mojo love!

Portrait de Anonyme
Par  » le jeu, 27/10/2011 - 09:53

merci val sandrine et anabelle vs m'avez fait decouvrir un artiste tout simplement magique et pas vilain en plus bisous

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