Carly Sings: "Quelque part entre Bjork, The Zombies et les Beach Boys"
ven, 05/06/2009 - 14:24 -
Nathalie Paul
Introspective et poétique, Carly Blackman, alias Carly Sings, débarque en France avec un premier album auréolé d'excellentes critiques: The Glove Thief" (à paraître le 22 juin chez Anticraft). La jeune irlandaise évoque pour Concertlive.fr son parcours et son univers onirique.
Concertlive.fr: Quelle a été la genèse de "The Glove Thief" (Le voleur de gants), ton premier album ?
Carly Sings: Le point de départ est mon journal intime, dans lequel j'annotai des paroles et des poésies que je chantais à l'occasion pour mes copines. Grâce à l'achat d'un micro d'occasion, j'ai pu enregistrer une maquette de 40 comptines dans ma cuisine et ma chambre en Irlande. La réalisation de l'album est venue naturellement, grâce à la rencontre de musiciens parisiens. Enfermés dans une maison de campagne, nous avons travaillé d'arrache pied pour mettre au point des chansons arrangées. Ce travail a été complété par de nouveaux apports en studio et a découché sur les 12 titres qui sortent dans quelques jours, avec deux chansons en français.
Concertlive.fr: De quoi parlent tes chansons?
Carly Sings: J'explore et j'analyse les relations qui ne marchent pas, les attentes amoureuses divergentes et les malentendus que ces décalages engendrent. Comme sur le titre "Mirror", qui parle de la peur d'agir. Certes, il est question de problèmes existentiels, mais je ne me prive pas de les traiter avec légèreté. L'humour et l'engagement (pour l'environnement, nldr) sont très présents, comme sur la chanson "Mushroom in my hard-drive", qui évoque de manière apocalyptique la défaillance de mon ordinateur, de sa perte dois-je dire (rires), comme si celui-ci était un être en chair et en os. En filigrane, c'est une réflexion sur nos besoins et sur l'avenir de la planète, un thème qui m'est cher.
Concertlive.fr: Comment définir ton univers musical?
Carly Sings: Mes compositions oscillent entre pop sucrée, folk dénudée et influences jazz. On nous compare souvent à The Zombies, un groupe de pop anglaise qui n'est pas sans rappeler les Kings ou les Beatles, deux groupes des années 60 qui font partie de mes références. Ou à Nick Drake, pour les arrangements rétro. Pour les harmonies, on nous identifie à Beach House, un groupe qui se place dans l'héritage des Beach Boys. Nous utilisons comme eux beaucoup de reverb dans les guitares et des nappes de synthé, ce qui apporte une dose de modernité. Quant à ma voix, je tend de plus en plus vers du Bjork, avec une attitude plus folk.
Concertlive.fr: A quoi ressemble Carly Sings sur scène?
Carly Sings: Pour l'instant, je fais beaucoup de scène en solo, en première partie de Sliimy par exemple. Je joue pour l'occasion seule avec ma guitare ou mon clavier vintage. C'est un contact brut avec le public, il n'y a pas la même richesse et densité que quand je joue avec mon groupe, où les nuances de l'album ressortent davantage.
Concertlive.fr: peux-tu nous dévoiler les dessous de ton prochain album?
Carly Sings:Grâce à la production de Jean-Claude Vannier, qui a travaillé par exemple avec Serge Gainsbourg sur Melody Nelson, je m'ouvre de nouveaux horizons. J'ai déjà l'impression que l'album qui sera enregistré d'ici la fin de l'année sera plus riche encore que le premier. Je m'affirme davantage. Quant au contenu, c'est le clash entre la réalité et les rêves. Je n'en dis pas plus...
Propos recueillis par Aymeric Val
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