Chris Broderick (Megadeth): "Etre dans la foule c’est faire partie du show"
CL : Comment te-sens-tu pour cette première édition française de Sonisphere ?
Chris Broderick : Chaque fois qu’on est venu en France, on a toujours été bien reçu. On a toujours la sensation d’un grand respect de la part des fans ici, on aime ça donc être là avec le Big 4 pour le premier Sonisphere français c’est un honneur.
CL : C’est ton deuxième album avec Megadeth et le treizième pour le groupe, mais il y a aussi quelque chose d’important c’est le retour de David Ellefson (NDLR : bassiste, parti du groupe en 2001) Quel effet ça fait de travailler avec les deux fondateurs du groupe sur cet album ? (NDLR : Dave Mustaine, guitare et voix et David Ellefson, ont fondé le groupe ensemble en 1983)
Chris Broderick : C’est génial, que dire d’autre ? On a une icône vivante à la basse, il a fait partie des fondations de ce groupe depuis ses débuts. C’est un type bien, il a un instinct musical impressionnant, c’est le genre de qualité que je recherche quand je travaille avec quelqu’un.
CL : Ca se passe comment les finitions de l’album ?
Chris Broderick : L’album est presque fini, il part en mastering bientôt. Donc après ça, c’est deux ou trois mois de promo, histoire de faire monter la pression et ensuite l’album sortira.
CL : Comment s’est passé l’enregistrement de ce deuxième disque pour toi ?
Chris Broderick : C’était beaucoup plus confortable. Je ne ressens plus le besoin de me prouver que je suis à ma place. J’étais plus à l’aise pour présenter mes idées, plus libre de parler quand je sentais qu’il le fallait.
CL : Quand vous enregistriez l’album, pensiez-vous déjà à ce que ça donnerait en live ?
Chris Broderick : Oui j’y pense tout le temps en fait. Le truc bizarre, c’est qu’on commence par enregistrer. Il y a eu une époque où c’était le contraire. On écrit quasiment en studio, donc dans ce processus je garde toujours à l’esprit la façon dont ça va être transposé en live. Comment gérer les transitions pour commencer et finir les mélodies, les solos, il faut penser à la place de la voix aussi.
CL : Vous avez composé une grande partie de l’album pendant que vous étiez en tournée malgré tout ?
Chris Broderick : Oui. Surtout en travaillant l’instrument pour ma part, l’attention peut se relâcher et des choses émergent comme ça en travaillant.
CL : Vous avez été en tournée quasi constamment depuis que tu as rejoint le groupe en 2007, qu’est-ce-que tu fais quand vous faites des pauses ?
Chris Broderick : J‘enseigne sur mon temps de libre, je bosse mon instrument, j’essaie de me poser un peu, de sortir un maximum, de profiter de la nature.
CL : Dave Mustaine a sorti une autobiographie récemment (NDLR : « A Heavy Metal Memoir»), tu l’as lue ?
Chris Broderick : Pas en entier.
CL : Dans ce que tu as pu en lire, qu’as-tu appris sur l’homme, alors que tu le connais ?
Chris Broderick : Ca m’a donné une vision plus historique de ce que je savais déjà en tant que fan. J’ai plus appris sur les origines.
CL : Tu te souviens de ton premier concert ?
Chris Broderick : On était chez les parents d’un pote, dans leur cave. Il y avait un fête et on est descendu et je me souviens avoir joué "Holy Diver" (NDLR : de Dio) et je jouais le clavier et la guitare en même temps.
CL : Et le rêve à ce moment-là, c’était d’en faire ta vie ?
Chris Broderick : Non, sans rire, j’étais assez réaliste. Je savais que jouer dans un groupe qui a du succès ou de devenir membre d’un groupe qui a du succès demande énormément de chance. J’adorai ça, mais je ne pensais pas aller où que ce soit. Ce qui ne m’a pas empêché d’essayer. J’aimais trop la musique mais je ne m’attendais à rien.
CL : Ton premier festival dans le public c’était quoi ?
Chris Broderick : Le tout premier pour moi c’était le Ozzfest. J’adore l’idée de pouvoir voir plein de groupes en même temps. Etre dans la foule c’est faire partie du show. C’est un truc qui me manque. Sur scène, tu ne ressens pas cette camaraderie entre les gens. Se retrouver entre fans, avec des inconnus autour qui ressentent la même chose. Je trouve ça cool et j’essaie de m’en souvenir quand je joue.
CL : Pour toi, quelle est la différence entre un concert à l’extérieur et un concert en salle ?
Chris Broderick : Quand tu joues dehors il y a souvent beaucoup plus de monde. Tu te retrouves devant une mer de gens. En salle, la proximité est plus grande avec les gens. C’est plus intime et tu ressens plus la foule, comme si tu en faisais partie. J’ai tendance à préférer ça : faire un show avec la foule plutôt que devant eux.
CL : As-tu un message personnel pour les fans qui sont venus de partout en France pour vous voir ?
Chris Broderick : Oui je veux les remercier pour le soutien qu’ils apportent à Megadeth depuis toutes ces années. Je connais certains fans ici, je les appelle la « French connection », je les vois à tous les concerts en France mais aussi parfois ailleurs en Europe, voire aux Etats-Unis. Ils sont très présents. Je voulais leur faire un salut particulier.





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