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Portrait de Nathalie Paul

Da Silva: "La Tendresse des Fous est moins raide que mes précédents albums"

jeu, 22/10/2009 - 19:23 -  Nathalie Paul
 
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L'ex-punk Emmanuel Da Silva revient en force avec un troisième album solo en forme de road movie tendre et mélancolique: "La Tendresse des Fous". Rencontre avec l'artiste dans les locaux du label Tôt ou Tard, au coeur du 11e arrondissement de Paris.

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CL: Ressens-tu une forme de pression avec la sortie ton nouvel opus?

Emmanuel Da Silva: Au contraire, je vis la parution de cet album comme une fête. Sa conception m'a apporté beaucoup de plaisir. J'ai l'impression d'avoir accouché des chansons que je voulais. L'album est beaucoup plus folk, beaucoup moins raide que "Décembre en été" et que "De beaux jours à venir". De toute façon, ce qui me guide dans la musique, ce n'est pas la recherche du succès.

CL: Comment s'est déroulée la réalisation de "La Tendresse des Fous"?

Da Silva: J'ai changé complètement ma façon de travailler. Après deux disques enregistrés chez moi, je cherchais quelque chose de nouveau et de plus élaboré. Je souhaitais aussi mettre en danger, histoire de sortir du cocon dans lequel je m'étais confortablement installé. Pour y parvenir, j'ai délégué: j'ai fait appel à deux réalisateurs, Bénédicte Schmitt et Dominique Blanc Francart. Un arrangeur est aussi venu travailler sur mes lignes mélodiques (ndlr: Joseph Racaille, collaborateur entre autres de Arthur H, Thomas Fersen, Dick Annegarn et Alain Bashung).

CL: Y-a-t-il eu d'autres apports clés dans cet album?

Da Silva: De nombreux musiciens ont participé à l'enregistrement studio. Je voulais vraiment donner de l'ampleur à l'orchestration. D'habitude, je fais mes chansons sur une base guitare/voix. Pour "La Tendresse des Fous", j'ai rajouté une ligne rythmique basse/batterie. Je voulais qu'on retrouve dans les morceaux l'énergie de la scène. Nous avons utilisé 13 archets ainsi qu'un ensemble de cuivres dont la trompette de Davis Lewis de Paris Combo. Il y a de la chaleur...

CL: Comment s'est passée cette confrontation en studio?

Da Silva: Les instrumentistes qui ont gravité autour de ce projet ont la faculté de pouvoir tout jouer. Du coup, tous mes fantasmes musicaux devenait possible. Il y a eu un vrai échange. Par exemple, j'avais envie d'un subtil mélange de percussions et de batteries. Denis Benarosh, qui est percussionniste avant d'être batteur, m'a tout de suite compris.

CL: C'est un album de rupture?

Da Silva: Je n'irais pas jusque-là. Il est sur ma route: c'est évidemment du Da Silva, mais dans le même temps il s'inscrit dans un nouveau cycle avec une vraie rupture dans la façon de concevoir mes chansons. J'avais envie d'un vrai dialogue qui enrichisse ma musique. Je pense que j'ai franchi un cap.

CL: La mélancolie est toujours omniprésente dans tes chansons...

Da Silva: Disons que j'ai pas fait un album de ska festif (rires). Musicalement, en revanche, je le trouve plus rond, plus apaisé que les précédents. Je suis aussi plus aguerri.

CL: La scène te manque-t-elle?

Da Silva: Complètement. J'ai hâte de jouer mes nouveaux morceaux sur scène, de retrouver mes musiciens. Les concerts, c'est un mode de vie dont on devient vite accro: donner une nouvelle coloration aux chansons, prendre des risques, jongler avec les aléas, vivre des accidents sur scène, c'est vraiment ça ce qui me stimule. C'est mon métier.

Propos recueillis par Aymeric Val

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