Portrait de Nathalie Paul

Hugh Coltman: "Le live, c'est là où tu peux vraiment te planter... Donc quand t'assure, c'est vraiment plaisant"

mar, 20/01/2009 - 13:10 -  Nathalie Paul
A l'origine chanteur du célèbre groupe de blues anglais, The Hoax, voilà sept ans que Hugh Coltman est parti à l'aventure à Paris pour y trouver son propre son. Après de nombreuses rencontres musicales dont celle avec Spleen, il est toujours à Paris et a sorti à la fin de l'année dernière son premier album solo "Stories From the Safe House". Concertlive a eu l'occasion de le rencontrer dans l'appartement/studio qu'il partage avec Spleen.

Artistes cités

Concertlive: Que représente pour toi le fait de sortir un premier album solo? Est-ce un aboutissement ou le début d'une nouvelle aventure?

Hugh Coltman: C'est définitivement un aboutissement. Quand je suis arrivé ici, je n'avais rien et je suis vraiment reparti de zéro. Vu que je venais d'un groupe, le but était de me mettre moi-même à l'épreuve pour savoir si j'étais capable de faire de la musique tout seul. Et ça m'a pris beaucoup de temps de savoir ce que je voulais faire. J'ai essayé pas mal de choses et finalement, je suis revenu au blues qui est mon premier amour. On peut dire que la boucle est bouclée.

Tu as connu le succès avec The Hoax. Pourquoi as-tu décidé de tout recommencer à zéro en venant à Paris?

The Hoax, c'était mon premier groupe et j'avais 19 ans quand ça a commencé... Après avoir sorti trois albums studio, un live et après avoir fait le tour du monde en première partie de légendes comme BB King ou Buddy Guy, je me suis rendu compte que c'était trop facile. On gagnait très bien nos vies mais, à côté de ça, j'avais d'autres envies et le groupe prenait vraiment trop de place dans ma vie pour que je puisse les réaliser. Au début je voulais m'exiler un an, faire un album solo et rentrer. Mais il y a tellement de choses à apprendre et à découvrir quand on ne connaît rien d'un pays, que sept ans après je suis toujours là!

Jusqu'à maintenant, quel a été ton pire et ton meilleur souvenir de ton aventure parisienne?

Mon pire souvenir, c'est au début de l'album, quand je me suis retrouvé à le produire tout seul. Et, alors que je l'avais presque fini, le studio où j'avais laissé les bandes les a perdus. Ce jour-là, j'étais prêt à arrêter la musique. J'ai même repris la formation que j'avais commencée en arrivant pour devenir prof d'anglais! Mais finalement, je n'arrivais pas à ne pas faire de musique. Je me suis donc entouré de gens qui m'ont reboosté et soutenu, comme mon manager Paul ou Spleen. Et j'ai réussi à battre mon pire ennemi : moi-même. Et mon meilleur souvenir (longue réflexion)... C'était au 104 rue du chemin vert à 3 heures du matin, quand j'ai rencontré ma copine pour la première fois. Ce soir-là elle s'est contentée de me couper les cheveux, aujourd'hui, on est toujours ensemble et on attend un bébé!

Quelles sont les influences musicales qui ont bercé cet album et ta vie en général?

En ce moment, je suis à fond sur Dr. John... C'est sale, c'est jazzy, j'adore! Sinon mon influence constante, c'est Steevie Wonder. J'ai pris la plus grande claque de ma vie la première fois que je l'ai écouté. Il y a aussi Bob Dylan et Leonard Cohen. L'un pour sa façon de maltraiter les mots pour en faire ressortir ce qu'il désire et l'autre pour la précision avec laquelle il les utilise. Enfin, il y a Johnny Mitchell. J'aime cette façon qu'elle a de ne pas faire d'une chanson un truc répétitif. Elle a une idée et la développe sans jamais revenir en arrière. Il y a aussi des artistes inconnues comme Krystle Warren et Alison Young avec qui j'aimerais beaucoup travailler.

Tu as participé aux projets Heez Bus et Black & White Skins avec Spleen... Qu'est-ce que ces expériences collectives t'ont apporté dans ta carrière solo?

Être dans un collectif est très bon quand tu es un artiste solo, parce que tu as le soutien que tu trouves habituellement dans les groupes. Mais de la à dire que je suis un artiste solo... Il y a de plus en plus d'artistes qui veulent tout faire tout seul. Ils en ont peut-être les moyens technologiques mais est ce qu'ils sont vraiment fait pour faire ça? Généralement, ces mecs-là ont un tueur comme ingénieur du son. Mais je pense que, finalement, il y a très peu de vrais artistes solos... Spleen et moi par exemple, on bosse avec beaucoup de monde. Finalement, on n'est pas vraiment des artistes solos.

Revenons à ton album. Est-ce vrai que tu l'as entièrement composé dans ta cuisine?

Je n'y ai pas tout fait, mais c'est là que j'ai trouvé les meilleurs trucs. J'aime bien bosser dans ma cuisine parce que c'est normalement destiné à autre chose. Du coup tu prends ta gratte et tu es détendu... C'est moins stressant que de se mettre en studio et de se dire "maintenant, je compose"...

De quelle façon écris-tu tes morceaux?

C'est une question qui m'inquiète parce que je n'ai pas vraiment de processus défini! J'écris tout le temps, mais ça part généralement d'une idée à la guitare. Je trouve rarement des textes écrits avant qui vont bien avec, donc c'est souvent une série de mot qui vient en même temps, et après j'écris... Jusqu'à ce que ça ait du sens.

Avant la sortie de l'album, tu avais testé tes nouveaux morceaux en public au théâtre Côté Cour. Etais-tu content du résultat?

Parfois ça a marché et d'autres fois non. Peut-être parce que j'avais l'impression de ne pas être dedans... De toute façon, le live c'est génial à chaque fois. C'est là où tu peux vraiment te planter donc quand t'assure, c'est vraiment plaisant.

As-tu prévu de partir en tournée?

Bien sûr. J'ai fais une quarantaine de dates fin 2008, en première partie de Julien Doré et de The Hoosiers et je commencerais ma tournée aux environs de février 2009.

Ce sera des lives solo en acoustique, ou vas-tu faire appel à tes musiciens?

Ce sera avec mes musiciens. J'ai envie que ça sonne! Mais pour chaque morceau, je vais essayer à un moment de revenir à la guitare/voix pour que les gens voient d'où viennent les chansons.

Propos recueillis par Ludovic Demouy pour Concertlive.fr
"Stories From the Safe House" (Podis)

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