Concertlive.fr: comment es-tu passé de Département E à Jeronimo, ton projet solo?
Jeronimo Saer: C'est un long cheminement. A l'âge de 18 ans, J'ai créé Département E. C'était l'un des premiers - sinon le premier - groupe de hip-hop live de la scène française. Nous étions 5 MC's au début, puis la formation s'est resserrée pour prendre les noms de Foxapunk et de La Rime Team, avec Kid Loco. J'ai aussi pris part il y a une dizaine d'années à l'aventure Gimme The Goods, qui m'a permis de goûter au travail de DJ. Grâce à cette expérience et à l'achat d'une MPC 2000, ma première machine de production, j'ai eu l'envie de me lancer en solitaire.
Concertlive.fr: Ton premier album "Machine Gum" s'éloigne du rap de tes débuts...
Jeronimo Saer: J'ai toujours eu des goûts éclectiques, grâce notamment à mes nombreux voyages et ma double culture argentino-française. Cela dit, quand je me suis lancé dans la réalisation de mon premier disque solo, je pensais faire un album de hip-hop. C'est en explorant les possibilités de mon MPC 2000 que je me suis pris au jeu de la musique instrumentale et que les titres de "Machine Gum" sont nés. Sur scène, néanmoins, mes morceaux prennent une dimension hip-hop affirmée puisque j'y greffe souvent du rap.
Concertlive.fr: comment définir ta musique?
Jeronimo Saer: Ouh, la question difficile! Je pense que la meilleure définition que l'on puisse donner est résumé dans le titre de l'album, "Machine Gum". C'est un mélange de musique produite par une machine à laquelle je greffe pas mal de sonorités organiques. J'éprouve en effet le besoin de "crader" le son. J'incorpore des enregistrements que je réalise lors de mes voyages. J'ajoute en quelque sorte de la vie dans ma musique.
Concertlive.fr: Quels sont précisément ces sons?
Jeronimo Saer: J'enregistre sans arrêt des bruitages et des sons en tous genres. Pour l'album, je me suis appuyé sur le matériel que j'avais glané dans les rues de Barcelone et de Buenos Aires, ou dans les carnavals d'Humahuaca et de Montevideo. Il y a par exemple cette phrase en espagnol prononcée par une femme qui m'encourage: "Vamos, Jeronimo, vamos". Dans mon électro artisanale, j'ai aussi rajouté beaucoup d'instruments folklorique, comme des sons de Kalimba, de cuillère irlandaise, de percussions électro-acoustique et même ceux issus de bombes de peinture. Dans ma musique, je travaille autant la texture des sons que les rythmiques.
Concertlive.fr: Quels sont tes projets immédiats?
Jeronimo Saer: Il y a d'abord les concerts. Je m'amuse énormément avec mes complices musiciens. Je vais faire quelques dates en France et en Espagne (ndlr, Jeronimo en concert gratuit au China à Paris, 50, rue de Charenton, 12ème arrondissement le mardi 8 juin 2010). Il y aura ensuite l'enregistrement de mon deuxième album qui ira encore plus loin encore dans le brassage musical. Sa sortie aura lieu en 2011.
Concertlive.fr: Tu t'es distingué dans ta carrière pour tes positions anti-sarkozyste?
Jeronimo Saer: (rires). Oui, Sarkozy m'inspire, j'ai fait déjà 3 titres dont il est le sujet principal, dont "A l'usure", où je démonte le solgan électoraliste "Travailler Plus pour gagner plus". J'ai aussi aidé un copain pour la compil "Sarkotusors.org". Je ne suis pas pour autant un artiste engagé au sens militant du terme.
Concertlive.fr: Quelle est la playlist de Jeronimo?
Jeronimo Saer: J'écoute sans cesse de la musique, mais pas forcément actuelle. En ce moment, jé réécoute des vieux Bobby Lapointe par exemple. En contemporain, j'aime bien PacoVolume: ça groove, c'est limpide, j'aime bien les compos et les arrangements.
Propos recueillis par A.V.
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