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Portrait de Nathalie Paul

Kent: "Nous cherchons tous l'innocence perdue"

ven, 27/06/2008 - 11:53 -  Nathalie Paul
 
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Le lettré rocker et chanteur se lance dans une nouvelle aventure avec un livre-album concept, "L'Homme de Mars". Avec bonne humeur et simplicité, il raconte la genèse de son oeuvre et livre quelques unes des clés de cet opus à Concertlive.fr.

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Concertlive.fr: "L’homme de Mars" est un album concept. Curieux pour quelqu’un comme toi qui vient du punk! Kent: C’est vrai. Quand j’ai commencé à la fin des années 1970 avec Starshooters, nous nous posions, comme tous les groupes punks, contre la génération des groupes psychédéliques tels que Yes ou Pink Floyd. On trouvait alors leurs concepts fumeux et largement galvaudés. Mais, pour être honnête, j’aimais bien certains albums-concept de l’époque, surtout les premiers en fait: les Moddy Blues faisaient des albums concept, et "Tommy" des Who par exemple était fantastique, ou même "The Dark Side Of The Moon" de Pink Floyd. Un des meilleurs est le "Ziggy Stardust" de Bowie. J’aimais bien aussi des groupes très originaux comme Magma par exemple, qui pour le coup avait un concept très intéressant. Mais, comme toute idée artistique, religieuse ou même politique, celle du concept album s’est essoufflée avec le temps et on en est arrivé à des trucs complètement mégalo et démesuré comme "The Wall". Et, là, on a dit "fuck The Wall" et on a fait du punk! Concertlive.fr: Ce qui donne au final "L'Homme de Mars"... L’idée de concept album en elle-même est vraiment très intéressante et j’ai eu envie de me lancer là-dedans, même si ça s’est plutôt imposée à moi finalement, parce que j’ai commencé à écrire pleins de trucs qui tournaient autour du même thème, le fait de se sentir étranger au monde dans lequel nous vivons. J’ai voulu présenter ces idées sous la forme de pensées que quelqu'un venu de Mars ou des étoiles pourrait avoir en débarquant sur Terre aujourd’hui. Concertlive.fr: Tu évoques là le côté fantastique et science fiction de ce disque. Ça aussi c’est très typé années cinquante ou soixante… J’ai été très marqué à l’adolescence par des films comme "2001: Odyssée de l’espace" et des livres tels que "La Planète des singes" ou "Soleil vert". A cette époque il y avait deux grandes sortes de science fiction: le genre "héroïc fantasy", grande aventure épique du type "Star Wars" qui était en fait des paraboles et des imitations d’histoires déjà vécues, transposées dans le futur avec un certain nombre d’éléments fantastiques. D’un autre côté, il y avait la science fiction dite d’anticipation qui peignait souvent un tableau sombre du futur, mais qui s’avère souvent malheureusement vrai aujourd’hui. Ma science fiction à moi est plus une distanciation de notre époque pour mieux dénoncer ses travers, un peu à la manière de Voltaire dans "Zadig". Concertlive.fr: Autre élément un peu rétro, c’est le caractère "crooner" de ce disque par ta façon de chanter et par les arrangements très étoffés des morceaux. Oui, tout ça s’imbrique en fin de compte, la musique, les arrangements et les illustrations ramènent à cette période des années cinquante, soixante qui pour moi représentent un peu l’innocence. C’est un des thèmes centraux de l’album d’après moi, cette innocence perdue que l’on recherche tous un peu au fond. Concertlive.frPrévois-tu de partir en tournée pour cet album? C’est un plateau qui nécessite des frais assez lourds car nous serons huit musiciens et pas mal de techniciens. J’aimerais beaucoup tourner pour ce disque et jouer tous les morceaux de l’album comme nous l’avons fait à l’Européen (à Paris le 11 juin dernier, ndlr) mais, concrètement, il faudra que l’album se vende si on veut organiser une tournée dans cette configuration. Sinon, peut-être que je tournerais en solo ou avec simplement un guitariste pour jouer ces titres. Tu prendras part à un autre projet, aux Francofolies de La Rochelle, intitulé "Nous sommes tous Claude François". Qu'en est-il de ce spectacle? (Rires) C’est un projet de Nery (ex VRP, ndlr) et Polo, deux amis qui m’ont demandé de participer à ce projet en sachant pertinemment que j’ai horreur de Claude François. D’ailleurs, je leur ai dit que, pour me venger, je répondrais que je fais ça pour l’argent si on me pose la question! Pour le moment, je n’en sais pas beaucoup plus à ce sujet à vrai dire. Ça risque d’être drôle en tout cas. Mystère! Propos recueillis par Yoan Rega, pour Concertlive.fr Crédit photo: Antoine Legond "L’homme de Mars" (AZ pour le disque et Actes Sud pour la BD)

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