Laetitia Velma : "On ne peut pas tricher face à un public" (vidéo)
jeu, 12/05/2011 - 09:55 -
Emilie Leoni
Après avoir officié dans l'ombre, Laetitia Velma entre aujourd'hui dans la lumière via un premier album voluptueux et onirique intitulé "Les eaux profondes", sorti le 4 avril 2011. Concertlive.fr est allé à la rencontre de l'artiste. Interview.
Concertlive : Quelle est ta formation musicale ?
Laetitia Velma : J'ai commencé la musique à l'âge de 12 ans avec le piano. C'était une formation très classique mais ce n'était pas le conservatoire non plus. J'ai un rapport très affectif avec le piano. J'ai continué avec la guitare et j'ai commencé à composer des chansons en anglais vers l'âge de 18 ans. Par la suite, j'ai fait partie de divers groupes où je jouais de la guitare électrique. J'ai alors délaissé le piano non pas par goût. Simplement, lorsque tu es étudiant tu ne trimballes pas ton piano partout. Pour ce disque « Les eaux profondes » j'ai composé des chansons en français aussi bien au piano qu'à la guitare. Mais un peu plus piano quand même.
CL : Quel a été le déclic pour écrire en français ?
LV : J'avais l'impression d'avoir fait le tour avec l'anglais. J'avais envie de me dévoiler davantage aussi, parce qu'avec l'anglais on peut dire n'importe quoi tout sonnera toujours très bien. Le français amène à plus de sincérité, et cela correspond à une époque de ma vie où je pense avoir atteint une certaine maturité, laquelle est plus propice à une écriture en français.
CL : Y-a-t-il des auteurs, artistes français qui t'ont inspiré pour l'écriture justement ? Des gens comme Gainsbourg par exemple ?
LV : Gainsbourg, je pense que l'on est influencé par lui naturellement. Il fait partie de la culture musicale française; on est baigné par Gainsbourg et c'est très bien !
CL : Quelles sont tes influences majeures ?
LV : J'ai grandi avec la New-Wave. Je ne sais pas si cela s'entend vraiment dans ce que je fais mais c'est la première musique qui m'a marqué. J'ai vraiment baigné là-dedans. Après j'adore Arcade Fire, Bat For Lashes, Antony & The Johnsons, El Perro del Mar, des artistes indé comme ça.
CL : La new wave c'est pour le contraste entre le côté froid de la musique et la chaleur des chants, ce genre de chose ?
LV : Tout à fait ! Ce sont des boîtes à rythmes que l'on peut retrouver chez Dominique d'ailleurs [Dominique A, qui a arrangé et produit l'album de Laetitia Velma, NDLR] donc très froides avec des voix magnifiques et super chaleureuses.
CL : Comment s'est faite la rencontre avec Dominique A ?
LV : On s'est rencontré pour son disque "L'horizon" où il a fait appel à moi pour deux titres. Il a pris deux de mes compositions au piano pour en faire des chansons. Au départ, c'est moi qui lui ai apporté quelque chose puis les rôles se sont petit à petit inversés mais de manière très naturelle parce que l'on se connait très bien. Il signe les arrangements et la production du disque.
CL : Et il t'accompagne aussi en tournée ?
LV : Oui. Sur scène il est guitariste.
CL: Justement comment cela se passe-t-il sur scène ?
LV : Sur scène nous ne sommes que deux. On a déjà fait une tournée auparavant où l'on était quatre. Puis les choses de la vie ont fait que l'on s'est retrouvé finalement à deux. Et cela se passe très bien parce qu'il a toutes ses pédales avec ses effets et ses boîtes à rythmes. Cela fait beaucoup de bruit ! C'est assez rock sur scène.
CL : Il y a eu d'autres rencontres et donc d'autre collaborateurs à ton disque, rencontrés notamment à Bruxelles en Belgique?
LV : Je vais souvent à Bruxelles en effet car j'aime beaucoup cette ville. Et la vie a fait que j'ai rencontré des musiciens là-bas issus de la pop indé et qui se retrouvent sur mon disque. Il y a notamment Pierre Jacquemin de l'ancien groupe Venus, un groupe très connu en Belgique mais qui n'existe plus maintenant. Je travaille avec Pierre depuis pas mal d'années, de l'époque où je chantais en anglais. Il y a aussi Julien Paschal qui fait entre autre partie du groupe Sharko, et qui signe la batterie sur pas mal de mes morceaux. Il y a eu également DenisWielemans, de Girls in Hawaii qui malheureusement nous a quitté [Denis Wielemans, batteur du groupe, est décédé le 30 mai 2010 dans un accident de voiture à Bruxelles, NDLR]. Une rencontre magnifique tant sur le plan humain que musical. Il nous avait suivi en tournée et avait collaboré sur pas mal de titres également.
CL : En terme de jeu scénique, d' avoir fait du théâtre t'a-t-il aidé ?
LV : Cela a été très important en effet. En terme de présence physique déjà car lorsque l'on rentre sur scène, il y a une attitude à avoir. On est plongé dans un monde un peu parallèle, que j'avais déjà côtoyé au théâtre. Mais là ce qu'il y a en plus, c'est que ce sont mes morceaux donc je ne joue pas de personnage, je dois absolument être sincère. On ne peut pas tricher face au public de toute manière !
Propos recueillis par Aymeric val
Retrouvez la session acoustique de Laetitia Velma et Dominique A en cliquant ici
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