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Portrait de Nathalie Paul

Local Natives : "Une tournée bien au-delà de nos rêves"

mar, 16/02/2010 - 18:55 -  Nathalie Paul
 
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A mi-chemin entre les envolées vocales de Grizzly Bear et la rythmique aux accents afro-beat de Vampire Weekend, la jeune formation déploie une pop éthérée et sophistiquée, dans la veine du meilleur de groupes de la scène américaine indé actuelle. Entretien avec Ryan Hann (guitare et chant) et Matt Frazier (batterie), à l'occasion de la tournée des Local Natives en France et de la sortie dans les bacs de leur premier album "Gorilla Manor" (Infectious/PIAS).
Si vous deviez vous décrire, vous et votre musique?
R H : On est un groupe de rock indé californien constitué de cinq musiciens. Nous vouons une vraie passion à la musique des années 60, notamment aux  harmonies vocales. Mais nous sommes aussi  branchés par des rythmiques actuelles. On fonctionne comme un collectif.

Vous faites votre première tournée en Europe?
M F : C'est effectivement notre première vraie tournée, nous étions déjà venus l'année dernière mais pour des dates isolées, à Paris et Berlin, entre autres.
MF : Il nous reste quelques dates en France puis ce sera l'Angleterre, l'Irlande et ensuite nous repartons à Austin Texas. L'album sort aux Etats-Unis donc nous avons pas mal de dates qui nous attendent. Après cette longue tournée, on retrouvera nos familles et nos copines, mais c'est dans longtemps.

Un souvenir particulier que vous ramènerez à la maison?
R H : On tourne dans un petit van sans chauffage et on nous a appris que les températures hivernales battaient des records donc je crois que le souvenir qu'on ramènera c'est celui de trajets frigorifiques. Il y a eu cette  fois en Allemagne où il neigeait et le van s'est mis à glisser sur l'autoroute c'était assez effrayant. J'espère que mes parents ne liront pas ça d'ailleurs, ils nous croient en sécurité. Mais bon, finalement nous avons réussi à arriver à temps pour le concert et il s'est très bien passé, c'est le principal. Chaque concert concentre un gros paquet de souvenirs et d'anecdotes. Un soir on s'est retrouvé invités comme DJ's dans un club, j'ai fini tout seul avec un ipod. C'est un truc que j'adorerais savoir "vraiment faire", peut-être un jour. On accumule des belles aventures.
MF : C'est une chance incroyable qu'on a. Le simple fait d'être là et de voir des salles pleines avec les gens qui scandent les paroles devant nous, cela fait vraiment du bien. Ils ne parlent pas notre langue mais ils connaissent nos chansons. On se serait contenté de jouer devant cinq personnes...
R H : On ne s'attendait pas à tout ça, c'est bien au-delà de tous nos rêves, on avait juste prévu de se pointer et jouer quoi qu'il advienne et finalement ça se passe vraiment très bien.

Gorilla Manor est le titre de votre album mais ce n'est pas qu'un album?
RH :
Oui, c'est l'endroit où l'on vivait. C'est là qu'on a construit ce qui est devenu cet album. À l'époque, on vivait tous ensemble. Avec la tournée, on fait de nouveau vie commune, même si c'est dans un van. C'est plus petit et plus froid, mais sinon c'est presque pareil. Peut-être que ça aura une incidence sur le prochain album, qui sait?
MF : Trois d'entre nous habitent encore ensemble, mais les deux autres ont déménagé, cette tournée fait qu'on est encore tous ensemble dans cette version compacte sur roue de Gorilla Manor.

Sur votre blog il y a des images étranges de dessins sur des murs, de quoi s'agit-il?

RH : On a tourné avec deux groupes aux Etats-Unis et ces groupes ont dix membres à peu près qui sont plus âgés que nous. Donc on s'est retrouvé avec pleins de grands frères et à Portland on a fait la fête assez tard et je ne me souviens plus de tout.
MF : En fait la porte de la chambre était munie d'une ardoise avec des craies et on a commencé à écrire sur l'ardoise. Mais finalement, on a aussi couvert les murs de dessins, au cours de la nuit. Le matin, on a tout nettoyé, comme des gosses qui ont peur de se faire prendre. On en est pas encore à saccager des chambres d'hôtel, c'était plutôt un moment de parenthèse créative assez chaotique. On a juste gardé des photos en souvenir.

En parlant de dessin vous avez d'ailleurs réalisé vous-mêmes tout l'Artwork de l'album?

MF : Notre bassiste avait le concept et on l'a développé ensemble, mais oui nous avons gardé le contrôle artistique de tous le processus. Le dernier T-shirt a été dessiné par  Ryan aussi. C'est dans la nature même du groupe, nous mettons toutes nos idées en commun et  ça donne quelque chose qui nous ressemble vraiment.

Et sur scène vous avez eu la latitude de travailler l'aspect visuel?

RH : Pour l'un de nos concerts à venir, à Londres, on nous a demandé si nous voulions faire une projection derrière le groupe. Donc on commence à y réfléchir...
MF : A ce stade de notre carrière, on est déjà heureux d'avoir des projecteurs, on se concentre vraiment sur la musique sur scène pour l'instant, on veut donner le meilleur de ce qu'on peut faire. Par contre à l'avenir, il y a un gros risque que nous évoluions vers quelque chose de plus sophistiqué. On commence à avoir des idées qui émergent...

Propos recueillis par Jean-Lionel Parot


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