Quelques semaines avant le début de "The Resistance Tour", le bassiste et choriste de Muse, Christopher Wolstenholme, dévoile pour Concertlive.fr les dessous du nouvel album, "The Resistance", et les détails de la tournée à venir (premières parties de U2 comprises).
Concertlive.fr : Ce nouvel album à été réalisé « à la maison », cela a changé quoi ?
Christopher Wolstenholme (Muse): Nous avons enregistré dans le studio que Matthew (Bellamy) a installé chez lui en Italie près du lac de Côme. Cela faisait longtemps que l'on voulait notre propre studio. Pour l'enregistrement du précédent album, dans le sud de la France, nous étions pressés par le temps. Résultat, on a fini par réenregistrer là majorité des chansons à New York. Nous avions jusqu'à six versions de certains titres et on ne savait plus lesquelles choisir. Cette fois-ci nous avons travaillé par séquences de dix jours maximum, puis nous rentrions chez nous pour une semaine. Cela nous a permis de garder un regard frais sur l'album en cours. Le fait de travailler sans producteur nous a libéré aussi. Nous avons fait de la musique comme au début, juste pour nous.
Concertlive.fr : L'album est très varié en ambiances, mais le titre "The Resistance" est assez évocateur, vous résistez à quoi ?
Christopher Wolstenholme (Muse): Les paroles de la chanson "The Resistance" n'ont pas de vrai sens politique, par contre "Uprising" évoque plus des choses de cet ordre. En fait, il est assez inquiétant de voir que de nos jours la moindre voix qui s'élève contre le pouvoir en place est muselée. Récemment un homme a été battu à mort par des policiers à Londres pendant une manifestation. Un type est mort pour avoir manifesté... Résister ce serait rendre une voix aux gens déjà...
Concertlive.fr : Vous avez trente dates en Europe d'octobre à décembre, dont sept en France et six en Angleterre, la France serait-elle votre pays préféré pour les tournées ?
Christopher Wolstenholme (Muse) : En fait, oui. Notre premier vrai concert avant même la sortie de Showbiz, c'était dans une petite salle à Paris. Les gens était fous, cela sautait partout. En Angleterre, nous avons eu beaucoup plus de mal à percer. Ici, nous étions traités comme des stars dès le début. Il y a toujours une ambiance particulière en France, je ne sais pas pourquoi mais le public est très réactif à notre musique. C'est génial quand on te renvoie autant d'énergie sur scène.
Concertlive.fr : Vous avez déjà deux albums live à votre actif, vous avez reçu plusieurs récompenses pour vos concerts, pensez-vous que Muse soit plus un groupe de scène ?
Christopher Wolstenholme (Muse): Quand on a commencé la musique, c'était pour faire de la scène. Bien sûr, quand on est en phase de composition, nous ne nous posons pas la question. Nous produisons la meilleure musique que l'on puisse réaliser et on se pose la question de la jouer en public après. Mais quand j'avais treize ans je voyais ces mecs sur scène et je voulais faire pareil. C'est grisant quand tu arrives sur scène : les gens t'acclament. Plutôt pas mal comme façon de commencer sa journée de travail non ?
Concertlive.fr : Vous allez faire une tournée cet été avec U2 au Etats Unis. Comme l'appréhendez vous?
Christopher Wolstenholme (Muse): Dans l'absolu, nous n'avions pas de raison de faire une première partie, nous pouvions nous permettre de tourner en tête d'affiche sans problème. Mais U2, qu'on les aime ou pas, sont des légendes. Sur scène c'est un groupe immense, sûrement l'un des meilleurs. Donc nous allons profiter de cette expérience pour apprendre d'eux. Nous allons rester très humble et partager ce moment avec eux.
Concertlive.fr : A quoi doit-on s'attendre pour la tournée de « The Resistance » ?
Christopher Wolstenholme (Muse) : On est encore au stade du projet pour la tournée. On sait juste qu'on veut sortir du cliché du groupe sur une scène. On a commencé a voir des plans, penser a des solutions. Mais je ne peux pas trop en parler. Déjà pour une raison simple : tout peut encore changer.
Concertlive.fr : Vous souvenez-vous de votre premier concert ?
Christopher Wolstenholme (Muse): Mon tout premier ? Avant Muse donc ? On était encore à l'école. C'était dans la maison des jeunes. Mat et Dom jouaient dans un autre groupe. Mon groupe faisait des reprises. On a du jouer un Aerosmith, du Nirvana et « Should I stay or should I go » des clash, entre autres. Je serais curieux de réecouter des bandes du concert en question. Il ne devait pas être terrible. Mais çà reste un bon souvenir.
Concertlive.fr : Et depuis vous êtes devenus « Docteur es Arts » ? (tout le groupe a été promu a ce rang « honoris causa »)
Christopher Wolstenholme (Muse): Oui, on traînait un peu des pieds en allant chercher ce diplôme. Il y avait tous ces étudiants qui travaillent pendant des années pour ce titre. Nous on nous l'a « offert ». C'était un peu gênant. Néanmoins c'est très flatteur d'être reconnu de cette façon pour son travail de musicien, dans son propre pays qui plus est. Mais je ne me fais pas appeler « Docteur ». Quoi que je changerais bien quand même le titre sur mon permis de conduire...
Concertlive.fr : Que pensez vous d'internet comme moyen de faire vivre sa musique ?
Christopher Wolstenholme (Muse): Pour un jeune groupe, c'est un moyen de se faire entendre. Mais il y a tellement de groupes que c'est dur de sortir du lot. Et puis il y a de tout sur Internet. Je ne pense pas que les gens aient le temps de tout écouter pour choisir. C'est impossible. Pour des groupes plus installés, c'est un débat différent. Il y a beaucoup de gens qui hésitent à ne faire que des singles sur internet par exemple... En fait, tout le monde en parle mais personne ne le fait. On revient vers ce qui se passait au tout début du disque. Les gens vont télécharger des titres comme on achetait un 45 tours. Nous on aime faire des albums, avec une cohérence. Mais je peux comprendre que quelqu'un qui n'aime qu'un ou deux titres n'ait pas envie d'acheter un album complet, autant se faire plaisir. Personnellement j'aime les disques avec les paroles et une pochette. Mais oui, je peux comprendre que tout le monde ne soit pas attaché à l'objet.
Propos recueillis par Jean-Lionel Parot
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