Malgré leur jeunesse (18 ans en moyenne), les Second Sex affichent déjà un beau parcours, marqué des premières parties prestigieuses. Ils sortent le 3 novembre 2008 leur tout premier album, "Petite Mort". L'occasion de rejeter l'étiquette dont la presse les a affublés, de "babyrockeurs". Rencontre avec Timothée et Arthur.
Vous avez déjà quelques années de carrière dernière vous malgré votre jeune âge. Comment cette aventure a-t-elle commencé?
Arthur: Nous avons commencé à jouer ensemble à l'âge de 13 ans... Timothée et moi nous nous connaissons depuis l'école primaire: En 2001, on s'est mis à faire du rock et au final, le groupe a pris forme en 2004. On avait 14 ans! On a très vite enchaîné les concerts. On s'est jetés à l'eau et ça a pas mal marché.
Pourquoi s'appeler "Second Sex"... d'autant qu'il n'y a que des garçons dans le groupe!
Arthur:C'est en référence à Simone de Beauvoir... Mais à part ces références littéraires, on a aussi trouvé que c'était facile à retenir, ça marquait un côté un peu ambigu, un côté androgyne. Bon, on avait 14 ans...
Quelles sont vos influences musicales?
Arthur: On a été très marqués par les Strokes, les Libertines. D'autres dans le groupe sont très Bruce Springsteen... En ce qui me concerne, j'ai découvert le rock en 2001 avec les Libertines.
Timothée: En ce qui concerne le style musical, on aime bien les Ramones, les Hives. On est pas mal dans une mouvance punk rock où on enchaîne trois accords! Mais ça ne nous empêche pas d'écouter du garage, du reggae ou de la soul depuis quelques temps. En tout cas on s'inscrit dans une lignée de rock sauvage, brute, très 70's.
On peut vous comparer à BB Brunes dans ce type d'influence brute du rock sans fioriture...
Timothee: Les BB Brunes sont des potes, mais à part ça, je ne vois pas le rapport avec leur musique. En fait, la comparaison doit plus au fait qu'on a émergé un peu au même moment. Mais nous sommes assez différents d'eux. On est plus dans un rock sans concession, pechu. Sans compter qu'on chante en anglais et en français.
Pourquoi chanter en anglais et en français?
Timothée Au début, on ne chantait qu'en anglais. Notre label, Because, nous a conseillé de faire des titres en français. Même si ces morceaux sont cool, nous préférons quand même les titres en anglais, qui sont plus authentique, plus rock.
Arthur: Le français n'est pas une langue pour le rock. C'est vrai qu'il y a des groupes qui ont su faire du rock en français, comme Bijou.
D'où viennent les inspirations pour les paroles?
Timothée: L'inspiration se trouve dans ce qu'on est, dans la vie de tous les jours. Ensuite, j'écris plus dans la fiction. Je raconte des petites histoires... notamment sur la peur de la mort. C'est un truc qui me travaille.
Pourquoi avoir attendu si longtemps pour sortir ce premier album?
Arthur: On a voulu prendre notre temps. La maison de disques a été très compréhensive à ce sujet. Ils ne nous ont pas mis une pression inutile. On voulait gagner en maturité.. on n'était pas prêt jusqu'à présent.
Timothée: Et puis le fait d'avoir attendu nous a permis de nous sortir de l'étiquette "babyrockeurs" dont on nous a affublés. A nos débuts, c'est comme ça qu'on nous a catégorisés. On regardait plus notre look et nos coupes de cheveux ou encore nos fringues que notre musique. Ce qui était intéressant pour les gens, et les journalistes, c'était notre jeunesse. Maintenant on a 18 ans, et on n'a rien à voir avec cette catégorie. C'est d'ailleurs très français de mettre des étiquettes "babyrockeurs" sur les jeunes groupes.
Votre jeunesse ne vous a pas empêché de faire des premières parties remarquables...
Timothée: C'est vrai qu'on a fait la première partie de Muse, de Babyshambles... C'est grâce à notre tourneur Alias, qui nous a trouvé ces opportunités.
Arthur: C'est grâce à eux qu'on est passé du stade amateur à semi-pro. Et d'évoluer.
Le fait de jouer en support de Babyshambles à l'Olympia a été quelque chose de complètement fou. Muse à Arras restera un souvenir inoubliable. Si on m'avait dit qu'un jour on ferait un concert avant Muse devant 15.000 personnes...
Timothée: A 16 ans, c'est quelque chose qui marque.
Les concerts, ça représente quoi pour vous?
Timothée: On est là pour ça. On ne cherche pas la surenchère scénique, ou la décadence. On cherche juste à envoyer la purée!
Arthur: Ce qui compte pour nous c'est de faire partager notre musique. Sans se poser de question.
Pourquoi "Petite Mort" pour ce premier album?
Timothée: on trouvait que ça résumait bien ce qu'on était: la sexualité, les angoisses existentielles... Quoi qu'il en soit, on n'a pas de message particulier à faire passer. Les gens peuvent interpréter nos textes comme ils le veulent. On n'est pas dans l'engagement. Pour moi la musique c'est fait pour s'évader.
Quel est le programme après la sortie de l'album?
Timothée: On continue notre tournée, mais on prévoit aussi de sortir un nouvel album (le même que Petit Mort, ndlr) tout en anglais, pour l'Europe.
Propos recueillis par Marion Tessier et Nathalie Paul pour Concertlive.fr
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