Tété : "Je prends toujours autant de plaisir sur scène, sinon plus !" (vidéo)
mar, 17/05/2011 - 12:48 -
Emilie Leoni
Dix ans de carrière, quatre albums au compteur, des concerts par centaines... Tété poursuit son chemin musical avec succès, décontraction et générosité. Concertlive a eu l'occasion de s'entretenir avec le chanteur. Interview bilan.
Concertlive : Si tu devais dresser un bilan de ta carrière jusqu'à aujourd'hui, quel serait-il ? Comment abordes-tu tout ce parcours effectué jusqu'à ce jour ?
Tété : Le bilan depuis que j'ai commencé à écrire des chansons et à sortir des disques est vraiment positif. Je suis arrivé à Paris un peu par hasard il y a dix ans. A l'époque, ce que je voulais surtout c'est faire des concerts. Je ne m'attendais pas forcément à avoir la chance d'être signé en maison de disques, au sens avoir des partenaires pour faire toujours de la musique, sur plusieurs albums. Et lorsque je vois ce qui se passe en France par rapport aux concerts, par rapport aux disques, je me dis que c'est joli de pouvoir continuer à faire ce métier là, année après année. J'ai aussi pas mal tourné à l'étranger depuis deux-trois ans, dans des pays anglo-saxons notamment. C'est vrai que c'est en allant voire un peu chez l'autre que tu te rends compte du confort qu'est le tien. Aujourd'hui, faire de la musique et avoir des partenaires, des gens prêts à t'aider à faire ton métier et pouvoir tourner toute l'année dans de belles salles, c'est du confort. Donc oui le bilan est super positif.
CL : En terme d'évolution artistique, comment est-ce que tu te places ? Tu as tourné un peu partout en France comme à l'étranger, est-ce que cela t'as nourri musicalement ?
Tété : Si l'on regarde les quatre albums que j'ai fait, cela renvoie vraiment aux deux pôles musicaux que j'ai toujours développé dans ma musique, à savoir les mélodies avec le côté plus pop « Beatles » parce que j'ai été élevé à cela, c'est un peu la bande son de mon enfance. Et le blues d'un autre côté, plutôt le blues rural acoustique du sud des Etats-Unis parce que c'est une texture, un son plus rugueux. En fait, je crois que mon premier album était un mélange des deux avec quelque chose de plus « terreux ». Les deux albums suivants on donnait plus dans le côté pop avec des arrangements au violon notamment. Sur le quatrième j'avais envie de revenir à quelque chose de plus brut. Je pense que le quatrième album est le reflet des deux-trois années où j'ai pu commencer à tourner aux Etats-unis, en Angleterre ou au Japon, où j'étais toujours presque exclusivement en guitare-voix et où du coup on s'imprègne de la manière dont les gens ont de faire ce métier-là. Les anglophones fonctionne beaucoup dans l'urgence. Cela rejoint l'idée de confort dont je parlais tout à l'heure. Il y a pleins de choses qu'ils n'ont pas là-bas, comme l'intermittence, les exceptions culturelles. Ce qui fait qu'il y a une espèce d'intensité dans leur musique. Pour moi, l'idée était de partir sur la route, écrire des morceaux guitare voix, essayer de les confronter à des salles que je ne connaissais pas, à des publics que je ne connaissais pas, qui ne parlaient pas forcément français. Puis faire la même chose en France où l'on a fait une petite tournée d'une quarantaine de dates, le « labo solo ». J'avais envie d'un album avec plus d'air, plus d'énergie. C'est vrai que lorsque l'on pense à ma musique on accole toujours le mot folk, parce que tu penses toujours à une guitare acoustique. Et en général lorsque tu penses folk et guitare, tu penses toujours à des ballades. Alors qu'il y a pleins de manières d'utiliser cet instrument. Et c'est aussi pour cela que je suis allé chercher dans le registre blues, parce que je voulais des choses plus énergiques. Actuellement, nous sommes trois sur scène et c'est vrai que c'est beaucoup plus enlevé mais beaucoup plus énergique qu'avant. Je crois que le pont entre tout cela c'est le plaisir que je prends à aller de ville en ville faire des concerts.
CL : Quels sont les musiciens qui t'accompagnent sur scène ?
Tété : Il y a Raphaël Chassin à la batterie et à la contrebasse Mano. Raphaël joue entre autre avec Nouvelle Vague ou Hugh Coltman. Mano lui jouait avec Paris Combo avant. Je suis très content de rejouer en trio car je reviens un peu à mes premières amours d'autant que cela va dans l'idée de faire des choses un peu plus brutes.
CL: Comment appréhendes-tu la scène ? Comme une aventure ?
Tété : L'idée de l'album en lui-même « Le premier clair de l'aube » était déjà une histoire d'aller à l'aventure et de laisser place aux heureux accidents. Et je crois que je fais un métier qui favorise vraiment cela. C'est assez excitant l'idée de ne pas savoir ce qui nous attend. Lorsque l'on monte dans le camion pour partir en tournée on est toujours très content d'y être, on a sa petite guitare avec soi, on a changé les cordes, on est très content de retrouver les copains. On espère qu'il y aura du monde dans les salles où on va passer. Mais au-delà de ça, on ne sait jamais fondamentalement parce qu'il n'y a pas d'équation. C'est excitant l'inconnu finalement.
CL Au vue de la tournée qui a débuté, comment vis-tu la scène ?
Tété : Je la vis très très bien ! Je suis très content de l'équipe avec laquelle je tourne, je suis très content d'avoir osé le dépouillement du trio, on s'amuse beaucoup. Come je le disais, lorsque tu pars sur la route tu sais jamais vraiment ce qui t'attend, si les gens seront au rendez-vous ou pas parce que le dernier album est sorti il y a plus de trois ans et que des chanteurs talentueux il y en a tous les jours qui apparaissent parce que l'on a la chance d'avoir une scène française en pleine santé. Mais cela fait hyper plaisir de reprendre la route après 10 ans, de prendre autant de plaisir sinon plus et de le faire devant des gens.
CL Revenons sur ton expérience aux USA. Comment cela s'est-il initié ?
Tété : J'avais très envie d'aller tourner dans des pays anglo-saxon parce que tous les mecs qui m'ont donné envie de faire ce métier là sont anglophones. Moi je viens d'une famille où ma grand-mère était anglophone donc on a toujours eu les yeux tournés vers ces pays-là. Tu te dis : « comment est-ce que cela se passerait si j'allais confronter mon travail à des publics dont c'est la culture ?» J'avais côtoyé des musiciens dont c'est la culture. C'est comme ça que je me suis retrouvé à jouer en Australie et sur la côte Est des Etats-Unis. Je n'étais jamais allé sur la côté Ouest et j'ai un copain musicien Eric John Kaiser qui vit là-bas. On a fait le pari suivant : je lui ai proposé de faire ses premières parties là-bas et en échange il venait faire les miennes en France. On a commencé à faire des échanges, sur quatre tournées. Et pour « Le premier clair de l'aube », je savais que je voulais l'enregistrer dans un pays anglophone. Lors de la dernière tournée avec Eric, je suis arrivé là-bas, des copains m'attendaient à l'aéroport, on est allé prendre un verre. Je leur ai dit que je n'avais toujours pas trouver le réalisateur pour l'album. J'avais un type en tête dont je connaissait la travail mais je n'avais pas le nom ni ses coordonnées. Je leur parle de ce type là et ils me disent que le type en question s'appelle Steve Berlin, qu'il habite à Portland. Ils m'ont donné son numéro de téléphone c'est comme ça que je l'ai rencontré et que j'ai pu faire ce disque avec lui. C'est aussi cela les accidents heureux dont je te parlais.
Propos recueillis par Nathalie Paul
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