The Bewitched Hands : "Le live est à l'origine même du groupe"
ven, 01/04/2011 - 11:33 -
Emilie Leoni
Ils sont six, viennent de Reims, et font un triomphe depuis quelques mois avec leur premier album "Birds and Drums" (sorti en novembre 2010). The Bewitched Hands (ex-The Bewitched Hands on the top of our Heads) est le groupe que les Anglais nous jalouse, un tourbillon sonore sur fond de balades folk et d'élans psyché-folk. Rencontre à l'occasion de leur récent passage à Paris.
Concertlive : Depuis combien de temps vous connaissez-vous et quel a été le déclic pour former The Bewitched Hands ?
Antonin (chant/guitare) : Pour la plupart d'entre nous, on se connaît depuis le lycée. On a toujours fait de la musique depuis que nous sommes ados. Chacun a fait parti de divers groupes à Reims [en Champagne-Ardennes, NDLR] , d'où l'on est originaires. Il y a quatre ans de cela, on s'est réuni dans un bar à Reims pour jouer ensemble. A la base, on devait joué juste cette fois-là. On s'est retrouvé une dizaine sur scène et cela a vraiment bien fonctionné. C'était la première fois que l'on se produisait avec autant de personnes qui chantent. A partir de là, on s'est dit qu'on allait réitérer l'expérience et ainsi de suite... C'est comme cela que le groupe est né.
CL : Vous êtes un groupe à géométrie variable. Par un temps vous étiez dix. Aujourd'hui, vous êtes six au sein du groupe...
Antonin : Lorsque l'on jouait chez nous à Reims, on pouvait se permettre d'être beaucoup sur scène parce que tout le monde habitait dans le coin. Mais lorsque l'on a été amené à se produire dans d'autres régions, il n'y avait que six places dans le camion donc nous partions à six. C'est comme cela que l'on a réduit les membres du groupes.
CL : Est-ce de là que vous avez choisi de raccourcir le nom du groupe également ? [à l'origine, The Bewitched Hands s'appelait The Bewitched Hands on the top of our Heads, NDLR]. C'était un moyen aussi de purifier votre style?
Antonin : C'est cela ! Je compte même être tout seul à la fin !
Benjamin (chant/guitare) : Comme on a dit précédemment, nous étions dix/douze membres au sein du groupe à l'origine. D'ailleurs, n'importe qui pouvait prendre un tambourin et se joindre à nous sur scène. C'était plus de l'ordre du collectif que du véritable groupe finalement. Et ce nom à rallonge "The Bewitched Hands on the top of our Heads » collait bien à l'image de ce que l'on faisait à ce moment-là. Cela fait maintenant trois ans que l'on tourne à six, on sort aujourd'hui un album donc on s'est dit que raccourcir le nom et ne garder que The Bewitched Hands structurerait un peu tout cela.
Antonin : D'autant que le nom était toujours mal orthographié, personne ne retenait notre nom...
Marianne (flûte/chant) : Les gens nous ont toujours appelé les Bewitched Hands naturellement. Donc nous sommes allé au plus simple.
CL : Est-ce que la scène a été déterminante pour vous avant de faire le premier album ? Pour peaufiner les morceaux ?
Antonin : Le groupe est né sur scène donc dès le départ, le live a été le principe-même de The Bewitched Hands. On a commencé à enregistrer que bien plus tard. Effectivement, pendant trois ans, les morceaux ont eu le temps de mûrir...
Baptiste (batterie) : On a eu le temps de les rôder sur scène. Il y a peut-être deux/trois morceaux sur l'album qui ont été crées en studio. Sinon tous les autres viennent vraiment de la scène.
Benjamin: Après, cela n'empêche pas que l'on viennent tous de la culture home-studio. On écrit tous des chansons chez nous depuis que l'on a 14 ans. C'est vrai que l'on avait déjà pas mal de chansons enregistrées que l'on développait sur scène.
CL Comment se fait le travail de composition au sein du groupe ? En totale démocratie ?
Benjamin: C'est exactement cela ! Tout le monde compose, ce qui fait que l'on a un choix de chansons assez conséquent. Après on écoute ensemble, on voit si cela plaît à tout le monde ou non. La sélection des morceaux se fait naturellement.
Antonin: En général, lorsque chacun ramène un morceau, il n'est pas spécialement abouti. Parfois il s'agit seulement d'un couplet et d'un refrain. Donc il va prendre vraiment son sens lorsqu'il va être travaillé et joué par le groupe.
CL : On a posé pas mal d'étiquettes sur votre style musical : anti-folk, pop psychédélique, rock... Laquelle vous correspond le plus ?
Antonin : Toutes et aucune à la fois !
Baptiste : On est six donc forcément, on a des influences communes mais aussi d'autres très différentes.
Antonin : On n'a pas envie de revendiquer un style en particulier. On veut avoir la liberté de faire n'importe quel genre de musique si on le souhaite.
CL : Quelles sont vos influences ? On vous compare déjà à Arcade Fire...
Benjamin : Côté influences, il y a les Pixies, Pavement, Neil Young, les Beatles, les Beach Boys... C'est le mélange de tout cela qui fait qu'aujourd'hui, on nous compare à des groupes comme Arcade Fire. Cela vient peut-être du fait que l'on chante tous au sein du groupe. Mais personnellement on ne trouve pas que notre musique ressemble à celle d'Arcade Fire.
CL : Il paraît que Yuksek, qui vient également de Reims, vous a aidé à vos débuts. Il y a également des groupes comme The Shoes qui gravite autour de vous. Un mot sur la scène rémoise ?
Benjamin : The Shoes, c'est le frère de Baptiste. Après, Reims n'est pas une grande ville donc dans le milieu musical tout le monde se connaît. C'est vrai que l'on se croise souvent. On était déjà amis avant de faire de la musique.
Antonin : On a grandi ensemble musicalement. Certains ont même fait des groupes un peu éphémères avec The Shoes. Les collaborations se font naturellement. On peut passer au studio de l'un, on écoute un truc et on va avoir une idée pour la suite de son morceau et réciproquement. Et puis on ne se voit pas que pour faire de la musique. On se retrouve pour faire la fête également.
CL : Et l'apport de Yuksek à votre album ?
Antonin : Il nous apporte un recul. Cela faisait trois ans que l'on jouait nos morceaux. Nous n'avions encore jamais enregistré d'album. On a reproduit toutes les erreurs du débutant quand on a fait ce disque. Yuksek est arrivé avec le recul et l'intelligence de pouvoir identifier de suite quelle prise était la meilleure. Il y a également sa manière de mixer qui est plus basé sur la rythmique basse-batterie, du fait qu'il est dans l'electro. Cela était intéressant pour nous, qui aurions eu tendance en tant que groupe de rock à mettre les guitares plus en avant. Aujourd'hui, à chaque fois que l'on a un morceau à mixer, on passe par lui parce qu'on lui fait confiance.
CL : Des salles, des festivals vous ont-ils épaulés à vos débuts ?
Antonin : Il y a La Cartonnerie à Reims qui est une super scène. A chaque fois que l'on fait une résidence, on va là-bas car les conditions sont vraiment exceptionnelles. Après, le Printemps de Bourges a été un super tremplin pour nous. Il y a eu les Transmusicales, qui ont été notre premier gros festival ou le CQFD des Inrocks. Après même le plus infime concert est important, car il se peut qu'il y ait un programmateur présent dans la salle, qui écoute ce que tu fais et qui va vouloir te programmer.
CL : Un concert réussi pour vous ?
Antonin : Un concert où il y a de l'imprévu !
Propos recueillis par Aymeric Val
Retranscription : Emilie Leoni
Antonin (chant/guitare) : Pour la plupart d'entre nous, on se connaît depuis le lycée. On a toujours fait de la musique depuis que nous sommes ados. Chacun a fait parti de divers groupes à Reims [en Champagne-Ardennes, NDLR] , d'où l'on est originaires. Il y a quatre ans de cela, on s'est réuni dans un bar à Reims pour jouer ensemble. A la base, on devait joué juste cette fois-là. On s'est retrouvé une dizaine sur scène et cela a vraiment bien fonctionné. C'était la première fois que l'on se produisait avec autant de personnes qui chantent. A partir de là, on s'est dit qu'on allait réitérer l'expérience et ainsi de suite... C'est comme cela que le groupe est né.
CL : Vous êtes un groupe à géométrie variable. Par un temps vous étiez dix. Aujourd'hui, vous êtes six au sein du groupe...
Antonin : Lorsque l'on jouait chez nous à Reims, on pouvait se permettre d'être beaucoup sur scène parce que tout le monde habitait dans le coin. Mais lorsque l'on a été amené à se produire dans d'autres régions, il n'y avait que six places dans le camion donc nous partions à six. C'est comme cela que l'on a réduit les membres du groupes.
CL : Est-ce de là que vous avez choisi de raccourcir le nom du groupe également ? [à l'origine, The Bewitched Hands s'appelait The Bewitched Hands on the top of our Heads, NDLR]. C'était un moyen aussi de purifier votre style?
Antonin : C'est cela ! Je compte même être tout seul à la fin !
Benjamin (chant/guitare) : Comme on a dit précédemment, nous étions dix/douze membres au sein du groupe à l'origine. D'ailleurs, n'importe qui pouvait prendre un tambourin et se joindre à nous sur scène. C'était plus de l'ordre du collectif que du véritable groupe finalement. Et ce nom à rallonge "The Bewitched Hands on the top of our Heads » collait bien à l'image de ce que l'on faisait à ce moment-là. Cela fait maintenant trois ans que l'on tourne à six, on sort aujourd'hui un album donc on s'est dit que raccourcir le nom et ne garder que The Bewitched Hands structurerait un peu tout cela.
Antonin : D'autant que le nom était toujours mal orthographié, personne ne retenait notre nom...
Marianne (flûte/chant) : Les gens nous ont toujours appelé les Bewitched Hands naturellement. Donc nous sommes allé au plus simple.
CL : Est-ce que la scène a été déterminante pour vous avant de faire le premier album ? Pour peaufiner les morceaux ?
Antonin : Le groupe est né sur scène donc dès le départ, le live a été le principe-même de The Bewitched Hands. On a commencé à enregistrer que bien plus tard. Effectivement, pendant trois ans, les morceaux ont eu le temps de mûrir...
Baptiste (batterie) : On a eu le temps de les rôder sur scène. Il y a peut-être deux/trois morceaux sur l'album qui ont été crées en studio. Sinon tous les autres viennent vraiment de la scène.
Benjamin: Après, cela n'empêche pas que l'on viennent tous de la culture home-studio. On écrit tous des chansons chez nous depuis que l'on a 14 ans. C'est vrai que l'on avait déjà pas mal de chansons enregistrées que l'on développait sur scène.
CL Comment se fait le travail de composition au sein du groupe ? En totale démocratie ?
Benjamin: C'est exactement cela ! Tout le monde compose, ce qui fait que l'on a un choix de chansons assez conséquent. Après on écoute ensemble, on voit si cela plaît à tout le monde ou non. La sélection des morceaux se fait naturellement.
Antonin: En général, lorsque chacun ramène un morceau, il n'est pas spécialement abouti. Parfois il s'agit seulement d'un couplet et d'un refrain. Donc il va prendre vraiment son sens lorsqu'il va être travaillé et joué par le groupe.
CL : On a posé pas mal d'étiquettes sur votre style musical : anti-folk, pop psychédélique, rock... Laquelle vous correspond le plus ?
Antonin : Toutes et aucune à la fois !
Baptiste : On est six donc forcément, on a des influences communes mais aussi d'autres très différentes.
Antonin : On n'a pas envie de revendiquer un style en particulier. On veut avoir la liberté de faire n'importe quel genre de musique si on le souhaite.
CL : Quelles sont vos influences ? On vous compare déjà à Arcade Fire...
Benjamin : Côté influences, il y a les Pixies, Pavement, Neil Young, les Beatles, les Beach Boys... C'est le mélange de tout cela qui fait qu'aujourd'hui, on nous compare à des groupes comme Arcade Fire. Cela vient peut-être du fait que l'on chante tous au sein du groupe. Mais personnellement on ne trouve pas que notre musique ressemble à celle d'Arcade Fire.
CL : Il paraît que Yuksek, qui vient également de Reims, vous a aidé à vos débuts. Il y a également des groupes comme The Shoes qui gravite autour de vous. Un mot sur la scène rémoise ?
Benjamin : The Shoes, c'est le frère de Baptiste. Après, Reims n'est pas une grande ville donc dans le milieu musical tout le monde se connaît. C'est vrai que l'on se croise souvent. On était déjà amis avant de faire de la musique.
Antonin : On a grandi ensemble musicalement. Certains ont même fait des groupes un peu éphémères avec The Shoes. Les collaborations se font naturellement. On peut passer au studio de l'un, on écoute un truc et on va avoir une idée pour la suite de son morceau et réciproquement. Et puis on ne se voit pas que pour faire de la musique. On se retrouve pour faire la fête également.
CL : Et l'apport de Yuksek à votre album ?
Antonin : Il nous apporte un recul. Cela faisait trois ans que l'on jouait nos morceaux. Nous n'avions encore jamais enregistré d'album. On a reproduit toutes les erreurs du débutant quand on a fait ce disque. Yuksek est arrivé avec le recul et l'intelligence de pouvoir identifier de suite quelle prise était la meilleure. Il y a également sa manière de mixer qui est plus basé sur la rythmique basse-batterie, du fait qu'il est dans l'electro. Cela était intéressant pour nous, qui aurions eu tendance en tant que groupe de rock à mettre les guitares plus en avant. Aujourd'hui, à chaque fois que l'on a un morceau à mixer, on passe par lui parce qu'on lui fait confiance.
CL : Des salles, des festivals vous ont-ils épaulés à vos débuts ?
Antonin : Il y a La Cartonnerie à Reims qui est une super scène. A chaque fois que l'on fait une résidence, on va là-bas car les conditions sont vraiment exceptionnelles. Après, le Printemps de Bourges a été un super tremplin pour nous. Il y a eu les Transmusicales, qui ont été notre premier gros festival ou le CQFD des Inrocks. Après même le plus infime concert est important, car il se peut qu'il y ait un programmateur présent dans la salle, qui écoute ce que tu fais et qui va vouloir te programmer.
CL : Un concert réussi pour vous ?
Antonin : Un concert où il y a de l'imprévu !
Propos recueillis par Aymeric Val
Retranscription : Emilie Leoni
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