15/10/2009
Prince en concert à La Cigale : mythique!

Le Kid de Minneanapolis a offert une sacrée prestation aux chanceux réunis lundi 12 octobre dans la salle intimiste de La Cigale à Paris. Récit d'une soirée exceptionnelle par un fan de Prince.
Lundi 12 octobre, midi. Je retire un billet directement auprès de La Cigale. Depuis plusieurs jours, une soirée était programmée. Depuis ce matin, on annonce que Prince va probablement y jouer. Son site Lotusflow3r permet à ses fans les plus fidèles de retirer des places en exclusivité. Privilège incommensurable au regard de ce qui va suivre.
Real music by real musicians. Il est 22h00. La salle est bondée, et de nombreux VIP finissent de prendre place au balcon. Les premiers accords de « Purple Rain » résonnent dans la salle, mais c'est « Ol' Skool Company » qui démarre, un son très lourd, une longue introduction et un duel entre Fred Yonnet à l'harmonica et Mr Hayes aux claviers. Prince en version pimp, poitrail velu, costume noir et or, débarque sur scène en chef d'orchestre. Prince empoigne sa Télécaster Hohner (sa guitare fétiche depuis 1980) et entame "Crimson & Clover", longue introduction, quelques plans bluesy, chanson complète, soli à rallonge. Le son est exceptionnel, et le démarrage laisse penser que la suite le sera tout autant. La voix de Prince, puissante et sensuelle, ressort particulièrement bien au mixage.
Lotusflow3r. Prince décide de faire la part belle à son dernier opus (un triple CD intitulé « LotusFlow3r ») et nous offre « Dance4Me », ainsi que « No More Candy 4 U » dans une version très intéressante - les couplets sont joués mid-tempo, très bluesy, le refrain est plus énervé (mais moins énervant que sur disque). A cet instant, je réalise que Prince est capable de se réinventer : si ces essais discographiques récents sont parfois inégaux, sur scène il déconstruit et sublime son répertoire.
Ancienne école. Comme à son habitude, Prince convoque les artisans du Rock, du Funk et de la Soul. En vrac, Prince reprend Sly & The Family Stone ("Stand", "Thank You Fallettin Me B Mice Elf Agin"), les Ohio Players ("I Want To Be Free") ou les Jackson 5 ("I Want You Back"). Prince s'inscrit dans l'histoire de la musique noire, et sa musique fusionne avec celle de ses pairs – pour preuve le mashup entre « Sexy Dancer » et « Le Freak » de Chic. Prince nous rappelle qu'il a écrit de grands succès pour les autres. « Qui a écrit ça ? » lance-t-il, l'index sur la poitrine. Vont se succéder alors « The Bird » et « Jungle Love » écrits pour le groupe The Time, et « Glamorous Life » écrit pour Sheila E.
Guitar Hero. Tout au long de la soirée, Prince va aligner les soli de guitare. Souvent techniques, parfois labyrinthiques, mais toujours sensuels et remplis d'expressivité. Prince nous offre une version épique de « Stratus » (Billy Cobham), interprête « Girl » (une face B de 1985) comme au Grand Palais, dans une version jazz mais beaucoup plus longue, et avec la participation du public au chant. Les nombreux titres Funk de la soirée finissent de démontrer ses qualités de guitariste rythmique.
Pluie pourpre. Le bouquet final arrive sur "Purple Rain", seul véritable tube de la soirée. Prince nous rappelle qu'il est un formidable compositeur Pop, coupable d'avoir écrit de nombreux tubes dans les années 80 et 90, et capable de se muer en musicien virtuose, insaisissable, dans la moiteur d'un club parisien, loin des radios FM et des majors du disque. Si ses albums sont des instantanés, tentant de fixer un génie toujours en mouvement, ses prestations scéniques sont, elles, bien vivantes.
Julien Ombredane, fan de Prince
Photo DR
© 2009 Concert Live Publishing. Toute reproduction interdite même partielle sans autorisation.
Real music by real musicians. Il est 22h00. La salle est bondée, et de nombreux VIP finissent de prendre place au balcon. Les premiers accords de « Purple Rain » résonnent dans la salle, mais c'est « Ol' Skool Company » qui démarre, un son très lourd, une longue introduction et un duel entre Fred Yonnet à l'harmonica et Mr Hayes aux claviers. Prince en version pimp, poitrail velu, costume noir et or, débarque sur scène en chef d'orchestre. Prince empoigne sa Télécaster Hohner (sa guitare fétiche depuis 1980) et entame "Crimson & Clover", longue introduction, quelques plans bluesy, chanson complète, soli à rallonge. Le son est exceptionnel, et le démarrage laisse penser que la suite le sera tout autant. La voix de Prince, puissante et sensuelle, ressort particulièrement bien au mixage.
Lotusflow3r. Prince décide de faire la part belle à son dernier opus (un triple CD intitulé « LotusFlow3r ») et nous offre « Dance4Me », ainsi que « No More Candy 4 U » dans une version très intéressante - les couplets sont joués mid-tempo, très bluesy, le refrain est plus énervé (mais moins énervant que sur disque). A cet instant, je réalise que Prince est capable de se réinventer : si ces essais discographiques récents sont parfois inégaux, sur scène il déconstruit et sublime son répertoire.
Ancienne école. Comme à son habitude, Prince convoque les artisans du Rock, du Funk et de la Soul. En vrac, Prince reprend Sly & The Family Stone ("Stand", "Thank You Fallettin Me B Mice Elf Agin"), les Ohio Players ("I Want To Be Free") ou les Jackson 5 ("I Want You Back"). Prince s'inscrit dans l'histoire de la musique noire, et sa musique fusionne avec celle de ses pairs – pour preuve le mashup entre « Sexy Dancer » et « Le Freak » de Chic. Prince nous rappelle qu'il a écrit de grands succès pour les autres. « Qui a écrit ça ? » lance-t-il, l'index sur la poitrine. Vont se succéder alors « The Bird » et « Jungle Love » écrits pour le groupe The Time, et « Glamorous Life » écrit pour Sheila E.
Guitar Hero. Tout au long de la soirée, Prince va aligner les soli de guitare. Souvent techniques, parfois labyrinthiques, mais toujours sensuels et remplis d'expressivité. Prince nous offre une version épique de « Stratus » (Billy Cobham), interprête « Girl » (une face B de 1985) comme au Grand Palais, dans une version jazz mais beaucoup plus longue, et avec la participation du public au chant. Les nombreux titres Funk de la soirée finissent de démontrer ses qualités de guitariste rythmique.
Pluie pourpre. Le bouquet final arrive sur "Purple Rain", seul véritable tube de la soirée. Prince nous rappelle qu'il est un formidable compositeur Pop, coupable d'avoir écrit de nombreux tubes dans les années 80 et 90, et capable de se muer en musicien virtuose, insaisissable, dans la moiteur d'un club parisien, loin des radios FM et des majors du disque. Si ses albums sont des instantanés, tentant de fixer un génie toujours en mouvement, ses prestations scéniques sont, elles, bien vivantes.
Julien Ombredane, fan de Prince
Photo DR
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