10/11/2009
Festival des Inrocks: Sliimy contre Albion

Sliimy était le seul artiste français dans la programmation très britannique de la soirée dominicale du festival des Inrocks à Paris. A l'affiche: Jack Peñate et Marina and the diamonds.
Ce dimanche 8 novembre la Cigale se mettait à l'heure anglaise pour le Festival des Inrocks. A l'affiche, trois Londoniens (Bombay bicycle club , Esser et Jack Peñate), une Galloise (Marina and the diamonds) et, exception culturelle ou tunnel sous la Manche oblige, un français: Sliimy. Une conversation téléphonique surprise dans la Cigale confirme ce qui semblait palpable: "là c'est le comble de la branchitude" (sic).
Tout était réuni en effet pour une soirée d'anthologie sentant bon le pudding, les mashed potatoes et la jelly. Premier bémol néanmoins, l'annulation de Bombay Bicycle club, sans raison annoncée officiellement, décalant tous les horaires de la soirée. On peut mettre sur le compte de ce décalage horaire l'autre galère de ce dimanche à savoir, le concert mitigé de Sliimy. Tête d'affiche jouant "à domicile" dans ce "France-Angleterre" aux forces en présence disproportionnées. L'artiste n'est pourtant pas avare d'effets. Sliimy en live c'est entres autres choses: un show allant de l'électrique pailleté à la pseudo folk intimiste. Des tubes qui rentrent par une oreille et restent collés à la mémoire ("Womanizer", "Paint your face"). Des costumes dignes de Prince à ses débuts et du maquillage en hommage à son titre phare.
Des groupies surexcitées qui se collent à la scène en hurlant. Mais c'est aussi des fans que l'on croise dans la rue un peu hébétés et qui n'ont pas eu le temps de rentrer: "mince c'est fini". Et une salle qui s'est objectivement vidée au fur et à mesure du concert, le public présent sur place étant massivement venu voir l'autre sex-symbol de la soirée à savoir: Jack Peñate.
Car hors ces deux "bémols", on peut largement dire de cette soirée qu'elle fut (malgré ou grâce à un snobisme un peu dandy totalement assumé) électrique voire survoltée. Avant que Jack Peñate ne prenne possession d'une scène qui lui était d'ores et déjà acquise, s'étaient succédé deux valeurs sûres et montantes de la scène albione.
Le "Teddy boy" Esser d'abord, emprunt d'une culture directement inspirée par la rue (samples, boucles jungles et look streetwear made in London) mais aussi bercé par le ska et le rock punk. Le mélange des genres semble une évidence: tout dans son show se télescope avec fluidité. Dans la foulée de son set court et efficace c'est la magnifique Marina and the diamonds qui investit le plateau de la Cigale, où la température monte progressivement.
Look résolument sexy, voix chaude capable d'escalades vertigineuses dans les aigus, la jeune galloise fait penser quand on ferme les yeux a une étonnante rencontre entre les Cranberries, Blondie et Kate bush qui auraient été saupoudrés d'une bonne dose de nightclub branchés et de pubs enfumés. Passant successivement de la culture dancefloor ambiance tribale "Mowgli's road", à de l'électro-pop contemplative "I am not a robot" avec au centre du concert un interlude piano voix qui, quand on ferme les yeux, transporte dans un pub improbable où la bière coulerait à flot un soir de splendide déprime. La demoiselle reste insaisissable et impressionne même les plus sceptiques.
Mais le roi de la soirée restera incontestablement et par KO technique de tous les talents pourtant présents à ce concert, l'immense Jack Peñate. Sous ses faux airs de crooner à l'Anglaise se dissimule un tempérament de frontman sur-vitaminé. Déboulant comme une trombe sur scène avec un sweat à capuche à des kilomètres (des miles?) de l'image de dandy lisse véhiculée par ses clips, le jeune homme ne prendra pas une seconde de repos et la tension restera a son comble du début à la fin du set. Se présentant d'un timide "Bonsoir je m'appelle Jacques" (accent "trop cute" en français dans le texte) il enchaînera ses hits avec une facilité déconcertante si l'on tient compte du fait que l'homme sur scène bouge comme un marathonien épileptique) notamment les imparables "Be the one", "Pull my heart away". Le concert qui oscille entre pop énervée, rythmes africains et refrains langoureux, remportera un vrai beau succès. Lors de l'avant dernier titre quatre fans montent sur scène pour embrasser l'artiste qui gêné répond "On fera ça dans un minute il reste encore un titre" (ce coup-ci par contre en anglais dans le texte, émotion oblige). Une fois encore et comme pour toute la durée du Festival c'est la voix de Desmond Tutu qui clôturera la dernière transition de la soirée à la fin du clip "Beds are Burning". Soirée qui portera donc définitivement les couleurs anglaises au plus haut.
Jean-Lionel Parot
Photo DR
© 2009 Concert Live Publishing. Toute reproduction interdite même partielle sans autorisation
Tout était réuni en effet pour une soirée d'anthologie sentant bon le pudding, les mashed potatoes et la jelly. Premier bémol néanmoins, l'annulation de Bombay Bicycle club, sans raison annoncée officiellement, décalant tous les horaires de la soirée. On peut mettre sur le compte de ce décalage horaire l'autre galère de ce dimanche à savoir, le concert mitigé de Sliimy. Tête d'affiche jouant "à domicile" dans ce "France-Angleterre" aux forces en présence disproportionnées. L'artiste n'est pourtant pas avare d'effets. Sliimy en live c'est entres autres choses: un show allant de l'électrique pailleté à la pseudo folk intimiste. Des tubes qui rentrent par une oreille et restent collés à la mémoire ("Womanizer", "Paint your face"). Des costumes dignes de Prince à ses débuts et du maquillage en hommage à son titre phare.
Des groupies surexcitées qui se collent à la scène en hurlant. Mais c'est aussi des fans que l'on croise dans la rue un peu hébétés et qui n'ont pas eu le temps de rentrer: "mince c'est fini". Et une salle qui s'est objectivement vidée au fur et à mesure du concert, le public présent sur place étant massivement venu voir l'autre sex-symbol de la soirée à savoir: Jack Peñate.
Car hors ces deux "bémols", on peut largement dire de cette soirée qu'elle fut (malgré ou grâce à un snobisme un peu dandy totalement assumé) électrique voire survoltée. Avant que Jack Peñate ne prenne possession d'une scène qui lui était d'ores et déjà acquise, s'étaient succédé deux valeurs sûres et montantes de la scène albione.
Le "Teddy boy" Esser d'abord, emprunt d'une culture directement inspirée par la rue (samples, boucles jungles et look streetwear made in London) mais aussi bercé par le ska et le rock punk. Le mélange des genres semble une évidence: tout dans son show se télescope avec fluidité. Dans la foulée de son set court et efficace c'est la magnifique Marina and the diamonds qui investit le plateau de la Cigale, où la température monte progressivement.
Look résolument sexy, voix chaude capable d'escalades vertigineuses dans les aigus, la jeune galloise fait penser quand on ferme les yeux a une étonnante rencontre entre les Cranberries, Blondie et Kate bush qui auraient été saupoudrés d'une bonne dose de nightclub branchés et de pubs enfumés. Passant successivement de la culture dancefloor ambiance tribale "Mowgli's road", à de l'électro-pop contemplative "I am not a robot" avec au centre du concert un interlude piano voix qui, quand on ferme les yeux, transporte dans un pub improbable où la bière coulerait à flot un soir de splendide déprime. La demoiselle reste insaisissable et impressionne même les plus sceptiques.
Mais le roi de la soirée restera incontestablement et par KO technique de tous les talents pourtant présents à ce concert, l'immense Jack Peñate. Sous ses faux airs de crooner à l'Anglaise se dissimule un tempérament de frontman sur-vitaminé. Déboulant comme une trombe sur scène avec un sweat à capuche à des kilomètres (des miles?) de l'image de dandy lisse véhiculée par ses clips, le jeune homme ne prendra pas une seconde de repos et la tension restera a son comble du début à la fin du set. Se présentant d'un timide "Bonsoir je m'appelle Jacques" (accent "trop cute" en français dans le texte) il enchaînera ses hits avec une facilité déconcertante si l'on tient compte du fait que l'homme sur scène bouge comme un marathonien épileptique) notamment les imparables "Be the one", "Pull my heart away". Le concert qui oscille entre pop énervée, rythmes africains et refrains langoureux, remportera un vrai beau succès. Lors de l'avant dernier titre quatre fans montent sur scène pour embrasser l'artiste qui gêné répond "On fera ça dans un minute il reste encore un titre" (ce coup-ci par contre en anglais dans le texte, émotion oblige). Une fois encore et comme pour toute la durée du Festival c'est la voix de Desmond Tutu qui clôturera la dernière transition de la soirée à la fin du clip "Beds are Burning". Soirée qui portera donc définitivement les couleurs anglaises au plus haut.
Jean-Lionel Parot
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