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17/11/2009

Charlie Winston a conquis l'Olympia

Charlie Winston a conquis l'Olympia

Révélation de l'année avec son album "Like a Hobo", l'artiste britannique a donné les 14 et 15 novembre deux concerts à l'Olympia en forme de consécration. Récit.

Carton plein pour Charlie Winston en ce dimanche 15 novembre 2009. L'artiste britannique enchaine un deuxième Olympia de suite, lui qui remplissait timidement la Boule Noire il y a un an.

Concert entre amis
Alors que la première partie démarre, un constat s'impose: c'est déjà plein. Explication: la première partie est un peu « spéciale ». Medi and the Medicine Show, c'est en effet la troupe de Winston au grand complet: à la guitare Daniel Marsala, à l'harmonica Benjamin Edwards et au chant évidemment Medi, que l'on retrouvera tous trois, aux côtés de la vedette de la soirée, respectivement à la basse (Daniel), à l'harmonica (Benjamin) et à la batterie (Medi). En sextet (ajoutez au trois précités un saxophoniste, un bassiste et un batteur), le groupe balance un folk rock rétro accrocheur, sans réelle difficulté pour convaincre. La soirée commence ainsi avec des airs de réunion de vieux copains.

Mais ne nous y trompons pas, un seul nom trotte dans les têtes des fans rassemblés. Et les incessants « Charlie » scandés pendant les vingt longues minutes d'entracte ne laissent planer aucun doute sur un fait indéniable: Charlie Winston est à la fois très aimé et très attendu.

Jeu de piste
Joueur, bondissant, charmeur et néanmoins timide, le jeune Britannique apparaît sous de multiples facettes au long de ce concert intense. Joueur d'abord: le concert commence dans le noir avec un Winston qui joue à « où est Charlie ». Allant d'un bout à l'autre de la scène dans l'obscurité et éclairant son visage à la lampe torche façon « coucou je suis là », l'effet est minimaliste mais drôle et d'ailleurs ça marche auprès de son public. Dans la catégorie cache-cache, il rejoindra aussi le public par deux fois, faisant chanter ses fans au micro et se délectant de bains de foule. Joueur toujours, il interrompt le concert brièvement pour une discussion avec son bassiste, lui pariant qu'il ne gardera pas sa veste tout le concert. Le ton est délibérément détendu sur scène et on en oublierait presque la rigueur de l'exercice, devant cette spontanéité enfantine.

Showman réservé
Mais Charlie Winston est aussi un grand timide. Bien sûr il se permet des chorégraphies pseudo improvisées régulièrement, se retrouve seul en scène successivement à la guitare au clavier ou dans le rôle d'une « human beat box » très convaincante. Mais force est de noter que le gamin survolté passe près de la moitié du concert au clavier, dans un coin de la scène derrière son bassiste et son harmoniciste à chanter assis à côté du batteur. Faux extraverti ? Désireux de mettre ses musiciens en avant ? Soucieux de ménager ses effets ? Peut être est-ce un peu tout cela en fait.

Il faut néanmoins insister sur sa réelle complicité avec les musiciens dont la virtuosité et l'aisance sont à la hauteur du maître de cérémonie volubile. Ben Edwards sera tour à tour à l'harmonica mais aussi aux percussions et au Dulcimer. Daniel Marsala alternera basse, guitare électrique et choeurs, Medi soutiendra aussi de sa voix Charlie tout en assurant une rythmique d'orfèvre.

Setlist tubesque Dire que les tubes se sont enchaînés serait un euphémisme. Charlie n'a pas oublié mes standards « Like a Hobo » et « In your hands » (joué en début et en fin de concert dans deux versions différentes) mais aussi « Gone gone » en ouverture ou « My life as a duck » chanté par un public sous le charme au gré de la direction d'un Winston devenu chef de choeur.

C'est après deux rappels intenses (dont un « Bleading heart » interprété en live avec guitare, voix, sitar et percussion) que l'artiste quittera définitivement cet Olympia qui aura été le témoin de sa consécration. Soirée placée sous le signe du bonheur pour un artiste qui est encore émergeant si l'on regarde de près sa jeune carrière. Lui-même ne s'y trompe pas, remerciant son public dans un Français s'améliorant au fil des concerts, touché par l'année de succès qu'il a pu traverser dans l'hexagone.

Jean-Lionel Parot

Photo JL-Parot
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