The Fitzcarraldo Sessions en concert au Bataclan: "l'union fait la force"

Dans le cadre de leur nouveau projet baptisé The Fitzcarraldo Sessions, les anciens musiciens de Jack The Ripper ont donné un concert exceptionnel au Bataclan le 16 février. De nombreux invités étaient de la fête, dont Craig Walker, Dominique A ou Phoebe Killdeer... Récit d'un show exaltant et somme toute très cohérent.
he Fitzcarraldo Sessions : sous ce nom mystérieux, tiré du film culte de Werner Herzog (avec Klaus Kinski), se cache un des projets les plus ambitieux de la scène pop-rock française.
A l'origine formé par les sept musiciens restant du mythique « Jack The Ripper » - excluant ainsi le chanteur Arnaud Mazurel à qui la rumeur prête des projets en solo -, la formation a fait de ses limites vocales un atout. En clair, les musiciens ont décidé d’imbriquer leur musique éthérée et sophistiquée avec les voix et les univers de chanteurs d’horizons aussi variés que Dominique A, Moriarty ou Craig Walker (ex-Archive), entre autres... Ensemble, ils ont accouchés d’un album iconoclaste et osé : "We hear voices", sorti en octobre 2009.
Bien heureusement, ils étaient presque tous là pour épauler The Fitzcarraldo Sessions pour leur concert de présentation à Paris, le mardi 16 février au Bataclan. Seuls absents: Joey Burns, Moriarty, Stuart Staples et Blaine Reininger, qui n'ont pas pu venir pour des raisons d’agenda.
Les parcours éclectiques et les expériences variées des nombreuses personnalités présentes étaient la clef d’un show sobre et hypnotisant. Curieusement, le plateau était à la fois très varié et extrêmement cohérent.
The Fitzcarraldo Sessions ont ainsi communiées avec un Dominique A entièrement acquis à la cause, qui a partagé son propre répertoire et joué avec les ex Rippers, sur le réjouissant "l'instable". Ils ont aussi croisé le fer avec "émergeante Cléo T (ex -1 love hôtel ), qui prépare un premier album solo, où avec Marc Huyghens (Venus, Joy).
En tout, The Fitzcarraldo Sessions ont offert plus de deux heures de live découpées en trois parties. Les spectateurs ont eu droit à un premier « défilé » de chanteurs : Paul Carter et Abel Hernandez ont littéralement magnétisé le public, tandis que Phoebe Killdeer a envoûté l'audience sur le très rétro « The Gambler », par exemple.
S'en est suivi un long premier rappel où chaque intervenant a été amené à refaire au moins un titre (Jonathan Morali de Syd Matters, acclamé à son premier passage l’a été autant au deuxième) et enfin un dernier rappel moins long ou Craig Walker (ex Archive) se fend d'un "Again" revu et corrigé à la sauce Fitzcarraldo Sessions, entre néo folk épurée et no wave lancinante. On notera aussi en invités spéciaux: Kropol (vu chez les Têtes Raides entre autres) au trombone, Sonia Cordier (de Serieyx et Suzanne the man) au violoncelle, ainsi que Dominic Sonic, chargé « de luxe » du backline pour la soirée et ne résistant pas au plaisir d’accompagner à la guitare le dernier titre avec Craig Walker.
Quand on aime on ne compte pas et l’hybride formation n'a pas fait dans l'économie face à un public ravi.
Cerise sur le gâteau, la session « Fitzcarraldienne » a été propulsé en première partie par la performance éblouissante d'un duo féminin à la fois fragile, émouvant et barbare: Mansfield Tya. Le tandem s'est montré impressionnant de liberté et de retenue, passant du violon à la batterie, des guitares aux basses et grosso modo sur tout ce qui pourrait leur passer sous la main pour faire de la musique. A découvrir d'urgence.
Jean-Lionel Parot
Photo J-L Parot
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