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ven, 11/03/2011 - 15:17, par Nathalie Paul

CharlElie envoûte la Boule Noire (reportage)

Pour son grand retour sur scène, CharlElie a investi la Boule Noire à Paris pour quatre dates d'affilée. Entre rock cajun, blues et chanson, CharlElie semblait libéré de toute contrainte de style... Reportage.

Ce jeudi 10 mars, la Boule Noire est le témoin privilégié du deuxième concert parisien de CharlElie. Le lieu, atypique, est situé dans le sous-sol de La Cigale. C'est donc en quasi intimité que le vétéran rockeur-poète a choisi de retrouver son public, après quelques années d'éloignement. Sur la petite scène du club parisien, il est entouré des musiciens américains: Kevin Cerovich à la batterie, Karim Attoumane à la guitare et Ganxtah à la basse et Jerry Lipkins au clavier.

Sans effets de manche, tout en simplicité et sincérité, CharlElie interprète avec sobriété les titres de son dernier album en date, "Fort Rêveur", soutenu par ses musiciens hors pair, qui enchaînent les solos ravageurs à la guitare (exercice dans lequel Karim Attoumane excelle). Entre blues, rock cajun, chanson, folk... CharlElie ne se fixe aucune limite musicale pour se mettre au service de ses textes. Au final, sans doute incité par sa timidité et une certaine distance sur les choses, CharlElie instaure une véritable intimité et proximité avec son public, venu nombreux pour l'applaudir.

Les rythmes blues efficaces -peut-être trop parfois-, sont à chaque note un hommage à New York, ville d'adoption du chanteur. Il enchaîne ainsi "Les Statuts de ma liberté", "Ta Phosphorescence", "Ours Blanc", ou encore "58th Street". Le titre "Phénix", morceau onirique aux accents et orchestration Gainsbouriens, marque le point d'orgue de ce concert.

Le morceau, d'une longueur peu conventionnelle (plus de 10 minutes), est la chronique magnifiée de Manhattan, marquée à jamais par l'épisode de 11 septembre 2001. S'il est envoûtant à l'écoute de l'album, sur scène il prend toute sa profondeur, emportant le public dans un univers inquiétant et poétique, envoûtant et hypnotique.

Après deux heures de concert d'un live sans faute, CharlElie a réservé un petit cadeau à son public... une interprétation de "Comme un avion sans ailes". Cerise sur le gâteau fort sympathique, et appréciée par la public. Reste que le titre semble tellement éloigné de la dernière production de CharlElie que l'on comprend bien qu'il s'agit surtout d'un clin d'oeil amical à une audience ravie de retrouver plus qu'un chanteur, un poète.

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Nathalie Paul