En marge des grosses machines de l'été le petit festival "Les Enfermés Dehors" écrivait sa septième page d'histoire cette année 2010. Créé avec l'aide des Ogres de Barbacks il y a 7 ans (le chapiteau où se déroulent les plus gros concerts est toujours le leur) le plus international des festivals creusois transforme le temps d'un week-end le plan d'eau de la Naute (Champagnat) en rendez-vous des musiques sans frontière. Cette année la diversité était de mise avec dans le rôle de la tête d'affiche le magnifique Féfé. Clôturant sa tournée d'été (une soixantaine de dates) dans la petite commune creusoise, ce fils de la banlieue parisienne a toutefois bien failli ne pas jouer! Le compteur d'électricité local ayant décidé d'exploser pendant le concert précédant (la Sheke Groove Station en très grande forme).
Il aura fallu toute l'énergie des bénévoles et de l'organisation (et un peu d'EDF tout de même) pour rétablir le courant de façon normale en une grosse demi-heure. En 2009 une péripétie identique s'était produite lors des Eurockéennes contraignant le groupe Ginzhu à transformer son show en solo de batterie. Cette année c'était le tour des « Enfermés ». Gageons que l'année prochaine la fée Électricité la ramènera ailleurs…
Du grand Féfé donc, face à un public conscient qu'il a bien failli rester sur sa faim et qui en redemande. Avec un show court (un seul album à son actif) mais néanmoins déjà jalonné de tubes (« Le vilain petit canard », « Dans ma rue», ) et intense, l'artiste démontre un vrai talent à emmener les foules absolument là où il veut. Mais « les enfermés » c'est surtout une philosophie : forfait concert abordable (35 euros pour deux jours), camping à 2 euros, deux tiers des concerts en accès libre, la Creuse sait recevoir.
L'affiche était on ne peut plus hétéroclite avec du Reggae (Winston Mac Anuff) de la musique Tzigane (Mango Gadzi), du Punk (Vlad trio), une fanfare africaine (Eyo'NLe). Il y avait aussi pour les gourmets présents de la Funk (la Shéké Groove Station), des percussions brésiliennes (avec atelier d'apprentissage de la Batucada entre autres genres locaux). Par delà la musique, on pouvait aussi se marrer avec du hip hop (Soupe Sound System) ou des records improbables (Freddy Coudboul), ou encore finir la nuit avec de l'électro (Watcha clan) ainsi que les inclassables Percubaba et Kaophonic Tribu qui mélangent les genres tout en restant radicaux dans leur démarche.
On regrettera l'absence de Lentement Mademoiselle, le groupe ayant perdu son guitariste peu de temps avant le festival a mis sa carrière en suspens. Le festival sera donc clôturé par El Super Mini Combo Nacional, qui fera danser une bonne partie de l'après-midi du 15 août les rescapés des deux jours de concert précédant dans une ambiance de camping délicieusement improbable, le temps d'un show totalement gratuit, au son de percus massivement latines, pour une traversée de musiques ayant pour seul point commun le sens de la fête et un soleil entêtant. Un petit festival au grand cœur qui mérite le détour donc, pour toutes les bourses et pour toutes les cultures, et dont la programmation est animée d'un vrai amour de la musique vivante et des musiciens de qualité.
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Texte et photos JL Parot




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