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Portrait de Nathalie Paul

Festival Le Grand Souk 2011: quand Katerine et Stupeflip dynamitent Ribérac

sam, 30/07/2011 - 11:03 -  Nathalie Paul
 
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Le Grand Souk à Ribérac a osé la programmation grand public (Gaëtan Roussel, Camélia Jordana) mêlée aux projets spé et subversifs de Katerine et Stupeflip ainsi qu'au rock et de l'électro (Blody Beetroots, Death Set). Un grand mélange réussi qui mérite le détour, dans un ambiance bucolique, terroir et familiale. Reportage.

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Tous les éléménts étaient réunis a priori pour que le Grand Souk frappe un grand coup en 2011. Pari réussi.  Du 21 au 23 juillet dernier, le festival a créé l'événement à Ribérac (charmante bourgade perdue au coeur de la Dordogne), réunissant des formations et artistes aussi séduisants que Gaëtan Roussel, Two Door Cinema Club, Katerine, The Bloody Beetroots, Camelia Jordana, Stupeflip... (on vous  épargnera la liste exhaustive, qui se trouve ici).

En fait de festival réussi, c'est une belle claque que le festivalier reçoit en plein visage: l'événement est à taille humaine et de grande qualité (avec un grand Q, comme dirait sans doute Katerine), que ce soit au niveau de la programmation ou de l'écrin bucolique qui abrite les trois scènes.

Certes, pour accéder à Ribérac, il faut faire preuve d'une certaine motivation (voire d'une motivation certaine). Depuis Angoulême (accès en train depuis Paris), il faut encore 45 minutes de voiture pour arriver à cette ville d'un peu plus de 4.000 âmes, au coeur de la Dordogne. Mais attention, pas la Dordogne touristique classique prisée des parigos (plus au sud), mais la Dordogne ambiance "tourisme vert" (très calme).

Une fois à Ribérac, le parc de le l'école maternelle, suberbe site boisé (des arbres centenaires font la fièreté des habitants du coin), vous attend. Deux scènes sont prêtes à accueillir les groupes. Cerise sur le petit four, une scène électro jouxte le bar à champagne... très chic.

La qualité du Grand Souk se manifeste ensuite et surtout par l'accueil, et notamment les stands de boisson et des restauration. Portant les produits locaux comme un étandard, les services de restauration du site son tous, soit bio, soit 100% terroir. Pas question de toucher à la mal bouffe (même les frites sont bonnes!). Et les festivaliers sont bluffés par les sandwichs au magret de canard, le bar à vin où l'on déguste du Perchamant et du Bergerac dans des verres (en verre...). Le bar à champagne, idéalement placé pour assister aux concerts de la scène principale, est LE bon plan ultra chic pour festivalier souhaitant se poser tranquillement sans pour autant rien manquer de la musique.

Katerine met le souk...

Voilà pour le décor... Mais là où le Grand Souk All VIP marque le plus de points, c'est bien au niveau de la programmation, qui n'a rien à envier à de plus gros festivals, et ce malgré un budget réduit (380.000 euros). Le Grand Souk s'est offert une pointure internationale (Twoo Door Cinema Club), des talents électro rock (Bloody Beetroots, Death Set), mais surtout des artistes français de premier plan: Gaëtan Roussel, Katerine, et Stupeflip, pour ne citer que ces trois noms.

Et en l'occurence, le Grand Souk n'a pas eu à regretter ses choix artistiques... les festivaliers non plus d'ailleurs. Gaëtan Roussel, tout en décontraction, a donné une performance à son image: sympa et pro. Le public, venu nombreux (le samedi était plein à craquer), a pu entonner ses tubes "Help Myself" et "Dis-moi encore que tu m'aimes". Le public familial et les enfants, nombreux pour l'occasion, étaient ravis pour ce concert de bonne pop française le samedi 23 juillet.

La veille, Katerine a aussi réveillé l'enfant qui sommeille en chacun de nous. Car même si les textes de ce génie dadaïste peuvent dépasser les limites de la correction pour des oreilles sensibles, l'univers et les mélodies faussement simplistes sont très ludiques. Jouant le vendredi devant une audience un peu en dessous des attentes initiales des organisateurs (3.000 personnes en raison d'une météo un peu capricieuse qui en a sans doute découragé quelques uns), Katerine a donné sans compter à un public qu'il rencontrait pour la première fois à Ribérac.

Son spectacle coloré et déjanté reprend les titres de son dernier album éponyme, avec quelques petits bijoux de dérision poussée à son paroxysme comme : "Liberté", "Des bisous", "Bla bla bla", "Moustache" et "Juifs Arabes". Entouré de quatre danseuses/chroristes en tenue sportive tendance Allemagne de l'Est années 70, Katerine s'amuse avec le public et se permet un strip tease mettant en valeur ses rondeurs. Il finit en culotte à froufrou. Hyper sexy!

Son concert-spectacle délirant, où les chansons minimalistes en disent plus sur notre société que la plupart des pseudos brulôts bien pensant d'artistes "engagés", sont un régal. Le patron du festival, Pierre Ouzeau avoue pour sa part qu'à l'écoute seule du disque, il n'aurait pas programmé Katerine. Mais c'est en le voyant sur scène qu'il a compris la portée de son oeuvre. "Le programmer était alors une évidence", dit-il.

 A la fin du concert, les bénévoles subjugués lui ont d'ailleurs réservé une haie d'honneur, à la sortie de scène et Katerine s'est prêté à une séance improvisée de dédicaces devant les loges pendant une bonne demi heure.

Katerine a secoué Ribérac. Stupeflip l'a mis chaos. Programmé juste après Gaëtan Roussel, l'incontrôlable "CROU" hip-hop-punk a livré une performance subversive, hors norme et sombre. L'entrée en matière du concert se fait dans le noir, dans une ambiance de secte inquiétante. Les musiciens, habillés en moine, sont grimés et King Ju, le leader charismatique du CROU (comprenez Clan, Secte), prend à partie le public. A la fois premier degré, décalé et subversif, Stupeflip suscite une sorte d'hystérie  collective, et prend le contrôle des masses. King Ju fait crier ce qu'il veut au public, qu'il traîte de mouton. "Heureusement qu'on n'est pas des nazis", lance King Ju avec sarcasme.

Plus qu'un spectacle (King Ju dit détester les concerts, sorte de foire aux bestiaux), le concert de Stupeflip vient bouleverser les habitudes du public, pris dans un univers difficilement accessible, où l'ironie poussée à son paroxysme flirte avec le cynisme absolu. Avec Stupeflip, le marché de la musique ne prend pour son grade (le groupe a été remercié de sa maison de disques il y a quelques années et a dû se débrouiller seul pour sortir un nouvel album). La musique "convenue" et trop propre n'est pas épargnée... et malgré un certain respect qu'affiche King Ju à l'égard Gaëtan Roussel, ce dernier s'est fait charier en bonne due forme par un Stup' saracstique et railleur. Après cette performance de 50 minutes, on reste comme sonné, époustouflé, captivé... par ces extraordinaires mauvais génies.

Après deux jours de concerts, et une ouverte en concerts gratuits dans la ville (avec des artistes en développement, notamment), Ribérac peut revenir à son calme et sa sérénité... en attendant l'année prochaine, et on l'espere encore une programmation variée et qui ose prendre des risques.

Nathalie Paul et Aymeric Val, envoyés spéciaux à Ribérac

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2 commentaires

Portrait de Anonyme
Par  » le mar, 18/10/2011 - 04:36

De quel endroit si accessible venez vous chers envoyés spéciaux ? Vous sortiez peut-être pour la première fois de votre rue de si grande ville et aviez besoin de vous déplacer autrement qu'avec un transport en commun si facile à emprunter, ou tout simplement pensez vous que vous êtes trop Parfait en votre monde pour que cette ruralité là vous ratrappa. Sachez que cette Dordogne là n'a rien a envier à bon nombre de villes, car on y trouve tout le nécessaire et même le superflux, pour peu que l'on soit en mesure de se débrouiller sans avoir peur de se perdre ou de n'être en mesure de trouver son chemein. Etes vous persuadé que les 45 bonnes minutes qui nous séparent d'Angoulême (soit à peine plus de 2 heures de Paris) sont plus gênantes que les interminables bouchons de cette même ville ?
Jeff.

Portrait de Anonyme
Par  » le mar, 18/10/2011 - 04:36

Bonjour,
merci pour ce commentaire, toutefois il nous semblait intéressant de situer le cadre de Ribérac, qui est mérite bien le détour.
En ce qui nous concerne, nous avons été séduits, comme le temoigne cet article.
Nathalie Paul

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