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Portrait de Nathalie Paul

La Fête de l'Humanité plus vraie que nature

ven, 17/09/2010 - 11:07 -  Nathalie Paul
 
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C'est dans une ambiance décontractée et un peu "approximative" que la fête de l'Humanité a encore réussi pour ses 80 ans le pari de la fête sans chichi. Nature, certes, mais pas forcément "écolo". En tout cas un énorme succès avec plus de 50 000 personnes venues pour Jacques Dutronc et Prodigy... Récit.

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La Fête de l'humanité fêtait cette année sa 80ème édition, les 10, 11 et 12 septembre 2010. Les trois jours de musique proposées au parc départemental de la Courneuve ont brillé par leur éclectisme. On retiendra le retour en grande classe De Simple Minds dont le "Mandela Day" résonnait dans toutes les mémoires.

Les furieux présents garderont gravés dans leurs mémoires la performance de Prodigy. Alain Souchon, désormais rodé à l'exercice des Festivals qu'il a écumé cet été (avec la réserve qui lui est coutumière) commence son show par "On s'aime pas" et finit par "J'ai 10 ans", intérieurement on se dit qu'on "sait que c'est pas vrai" et on subodore que le titre de début n'est qu'une rodomontade poétique de plus. On se prendra à sourire avec Dutronc, qui boit de l'eau sans complexes, compare le public à une boite de caviar et ajoute "On en mangerai"et annonce en musique qu'il sait comment ces dames s'endorment ajoutant fier de lui "Tout dépend du garçon".

Les Madness emmèneront le public aussi loin que possible ("One step Beyond") et se sentiront comme à la maison ("Our house in the middle of our street"). Mais le climax sera finalement le samedi après midi réunissant 50 000 personnes à un moment souvent difficile à remplir (aux dires de l'organisation) pour un vibrant hommage à Jean Ferrat avec Sanseverino, Jehan, Enzo Enzo,Klarika et Alain Leprest entres autres amoureux du poète. Le concert, présenté exceptionnellement par un Michel Drucker qu'on n?attendait pas là, se verra clôturé par une version spontanée par le public du refrain de "La montagne".

Mais la fête de l'huma ce n'est pas que des grosses têtes d'affiche venues (moyennant finance) soutenir le message collectiviste. C'est aussi un terrain de découvertes avec la scène Zebrock qui proposait cette année les excellents Push up ! Dee Nasty ou Volo (le public connaissant toutes les paroles du groupe par coeur), entres autres talents émergeants. Mais là encore la musique reste un prétexte, principalement la Fête de l' huma c'est un rassemblement de fédérations venues célébrer leurs convictions a grand renforts de Meetings, de réunions, formelles ou non et de concerts plus ou moins sauvages dans les stands des dites fédés.

Pour les concerts dans les stands, attention, il y a de tout, des excellents petits groupes ramenés des villes concernées aux initiatives bancales, la frontière est parfois mince et tout ce petit monde se tire la bourre pour attirer l'attention. À tel point que lors de leur hommage à Claude Nougaro sur la scène orientée Jazz, André Ceccarelli et ses trois collègues musiciens durent littéralement couvrir le bruit des fédérations voisines.

La délicate subtilité du poète toulousain se perd un peu dans des versions discutables de Nirvana, Rage Against The Machine ou noir Désir interprétée par des amateurs pourtant pleins de bonnes intentions. Un joli goût d'approximation bon enfant suinte de partout. Entre odeurs de fritures et de toilettes sèches (les sanitaires largement sous représentées déclenchent chez le festivalier moyen un seul réflexe, utiliser n'importe quoi comme urinoir).

Affichant sur le site du journal l'humanité une volonté d'être écolo, le festival a encore du chemin à faire. Les gobelets réutilisables vendus à l'entrés ne servaient à rien, tous les stands distribuaient des gobelets en plastiques. Les ordures étaient centralisées entre les allées, au milieu du chemin et rarement un petit camion jaune roulant au diesel ramassait le compost qui servait au fur et à mesure de revêtement de route. Bref la vieille dame (80 ans) a encore du chemin à faire pour intégrer du vert à son rouge. Au final, on retiendra la générosité de l'initiative et le délicieux côté « salon de l'agriculture » de l'ensemble, en effet si vous voulez acheter des produits du terroir à prix coûtant çà reste un des meilleurs marchés sauvage de la région.

Bilan ? On pouvait découvrir D' de Kabal, lisant son texte sur un lutrin pendant toute la durée de son concert, en grignotant un tripoux, ou danser au son des pétillants Caravan Palace, en se maculant de graisse de frite, voire déguster des oeufs durs au stand du Groland après avoir serré la louche de la rédaction de Fluide Glacial. La fête de l' huma ? Elle a 80 ans, toutes ses dents, une hygiène discutable et un sourire de jeunette, elle ne plait pas à tout le monde mais c'est aussi pour çà qu'on l'aime.

Jean-Lionel Parot

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