« Il envoie du bois », lançait spontanément un fan à la sortie du concert d'Iggy Pop & The Stooges au 34ème Printemps de Bourges. Fidèle à sa légende, l'Iguane n'a pas fait dans l'économie pour la première date de sa tournée française, assurant bien davantage que le minimum syndical avec un set d'une heure et demie, soit davantage que l'heure légale contractée avec l'organisation du festival. Courses en long et en large de la scène, contorsions et gimmicks de circonstances : Iggy Pop a donné de sa personne, justifiant largement à lui seul les 33 euros que coûtait la place pour cette soirée pop-rok au Phénix.
Soutenu par des Stooges au complet, avec pour seule nouveauté le retour de James Williamson à la guitare en remplacement de feu Ron Asheton, Iggy a interprété sans râtés les titres de l'album "Raw Powder", considéré par les puristes comme le plus puissant de la discographie du groupe. Si cet opus incandescent, concentré de brutalité poétique et subsversive, est sorti dans les bacs en 1973, une réédition est réalisée cette année.
C'est d'ailleurs avec la chanson titre "Raw Powder" qu'Iggy ouvre le concert, enlevant rapidement son blouson pour laisser paraître son torse nu athlétiquement sculpté. Les applaudissements et cris des spectateurs n'ont d'égal que l'énergie du chanteur, décidé à faire honneur à son statut de bête de scène.
La voix se chauffe. Iggy Pop prend progressivement le dessus sur les riffs de guitares puissant de l'ex-cadre de la Silicon Valley James Williamson, à peine adoucis par le souffle de velours du saxophoniste. Si bien que les décibels montent tout au long du concert jusqu'à la limite du supportable. Quand on aime, il faut savoir souffrir.
Les brûlots ravageurs se succèdent pour le plus grand bonheur des fans avides de rock'n'roll pur et dur : "Search and Destroy", "We don't believe in anything", "Give me danger" et "Penetration, Death Trip" décapent tous sur leur passage, faisant pogoter le public venu en nombre au Phénix, mais moins que la veille pour –M- (allez savoir pourquoi !).
Le summum est atteint avec deux grands classiques du répertoire des Stooges, "I wanna be your dog" et "Fun House", qui donnent le frisson autant qu'il remplissent les oreilles de lourdeur punk acérée.
Bref, sans autres artifices que sa voix ihabitée et déformable – Iggy Pop passe des aigus aux graves (et vice versa) avec une facilité déconcertante- , l'Iguane montre qu'il n'est pas sur scène pour se dorer la pilule et s'endormir sur ses lauriers de rock star.
A.V.
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2 commentaires
trop peu de chansons de la grande époque et un iguane boitant !!! vraiment déçu !!!
Trop peu de chansons de la grande époque ? Tout l'album Raw Power a été joué !! Et Iggy boite depuis un moment, cela ne l'empêche pas de faire des concerts inoubliables, je ne vois pas le rapport. Superbe concert. James Williamson, après une retraite de plus de 30 ans, n'a rien perdu de son jeu de guitare mythique.
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