Elle était déjà venue en mars dernier présenter les morceaux de son dernier album qui venait à peine de sortir dans les bacs... Une tournée bien remplie plus tard, Jeanne Cherhal revenait ce vendredi 28 mai 2010 sur la scène du Bataclan à Paris pour retrouver un public parisien charmé d'avance par la nouvelle formule rock de ses concerts.
C'est donc accompagnée de la Secte Humaine, son backing band composé des musiciens des French Cowboy, que la demoiselle a démontré une nouvelle fois les bienfaits de sa métamorphose enclenchée par son dernier album "Charade". Discrète chanteuse cachée derrière son piano à ses débuts, devenue depuis une artiste rayonnante qui jongle dans un équiblibre parfait avec l'énergie et l'émotion, Jeanne Cherhal s'est appropriée la salle parisienne avec une fougue communicative et un humour pinçant et délicat.
Ponctué desdites charades égrenées au fil du concert comme des interludes aux allures de sketch, le show de la belle a évidemment mis à l'honneur ce quatrième album. Les récentes mélodies de "Charade" ("En toute amitié", "Cinq ou six années", "J'ai pas peur", "Qui me vengera"...) mêlées aux chansons phares de l'artiste, réinventées pour l'occasion par la nouvelle Jeanne Cherhal et soutenues magistralement par la Secte Humaine, ont porté pendant plus d'une heure et demi un public conquis par le charme et l'humour d'une chanteuse affirmée.
Qu'elle s'impose sur scène micro en main ou qu'elle s'installe tout en émotion devant son piano droit, la chanteuse privilégie l'interprétation et la communication avec les spectateurs venus l'applaudir. Elle n'hésite pas non plus à descendre de scène pour se mêler au public le temps d'une chanson et pour l'encourager à frapper dans les mains.
Sonnant comme une libération, ce renouveau musical n'occulte en rien ses racines liées à la nouvelle chanson française. "Douze fois par an", "Voilà", "La peau sur les os" ou "Canicule": Jeanne n'oublie pas les chansons qui ont fait son succès. Et le public non plus, comme lorsque l'artiste se pose au piano et commence à interpréter la magnifique mélodie de "Le Tissu" qui lui vaudra une émouvante ovation de plusieurs minutes en plein milieu du concert.
Maniant l'émotion à la perfection, la belle fait tout aussi bien preuve d'humour avec son public, jouant sur l'autodérision ou la connivence: une femme dans la salle lui demande de jouer la ritournelle "Quand on est amoureux", pas vraiment prévue au programme... Jeanne hésite mais relève le défi, précisant tout de même que cette chanson est bien lointaine pour elle et que sa mémoire risque de lui faire défaut. C'est effectivement le cas mais les fans sont là pour la soutenir !
A l'image de sa chanson "Mon corps est une cage" empruntée aux Canadiens d'Arcade Fire, l'artiste se frotte aussi à l'exercice de la reprise et se lance dans une interprétation du "Womanizer" de Britney Spears et du "Bad Romance" de Lady Gaga, pour nous dire ensuite qu'à défaut d'avoir un parfait accent anglosaxon elle préfère chanter en français, quitte à réarranger les paroles à sa sauce.
Jeanne Cherhal rayonne sur scène, qu'elle chante au milieu d'un grand anneau accroché derrière ses musiciens ou qu'elle joue la pin-up assise sur son piano. Nouveau souffle dans sa carrière, ce virage rock fonctionne parfaitement et ouvre le champ des possibles pour une artiste qui nous réserve encore bien des surprises...
A voir: l'interview de Jeanne Cherhal pour la sortie de "Charade"
Y.G.





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