Katerine, Shaka Ponk et Asaf Avidan illuminent un Solidays plus festif que jamais
Comme chaque année le festival Solidays investissait l'Hippodrome de Longchamp à Paris - du 24 au 26 juin- pour une série de concerts festifs et pleins de soleil. En effet, si la météo du jeudi précédant le début du festival pouvait faire redouter un temps en demi teinte, l'accalmie du vendredi était la bievenue et a remonté le moral des festivaliers. Du coup entre la chaleur, les stands abondants de nourriture (hot dog, hamburger, riz cantonnais, falafels, glaces...) et les déguisements des spectateurs, on se serait plus cru dans un village de vacances à la Club Med que près de Paris.
Au loin des grues de fête foraine sont installées, les plus courageux se lancent dans le vide, retenus par un élastique qui les fait virevolter dans les airs. Le simple fait de les regarder donne le vertige. Les pieds sur le sol, une bière ou un coca à la main, les spectateurs attendent le groupe anglais Klaxons prévu à 19 heures sur la scène Bagatelle. Entre rock et électro, le set promet de mettre l'ambiance. Seulement voilà, il ne s'agit en fait que de promesses. Les Britanniques recrachent leurs albums, certes sans fausses notes, mais également sans véritable conviction. En dehors d'un ou deux "Bonjour Solidays, comment tu vas?" les interactions avec le public viennent à manquer. Devant la scène le public danse tranquillement, pogote légèrement, slam occasionnellement. Même l'excellent single "It's Not Over Yet" ne suffit pas à sauver ce set, qui loin d'être désastreux reste tout de même mou.
A 20 heures, pas de temps à perdre. Katerine monte sur les planches de la scène Paris. Changement d'ambiance, fini le calme: la folie s'empare du festival. Dans la foule, on retrouve un faux Robin des Bois, des affiches "Free hugs" (calins gratuits, ndlr), voire "Je cherche des ami(e)s", et plus surprenant, des enfants en bas âge. Sur scène l'interprète de "Luxor" est déchaîné. D'abord vêtu d'un simple peignoir, il fait tomber ses vêtements un à un, passant d'une tenue de Vahinée avec des noix de coco en guise de soutien-gorge à un caleçon bleu, torse nu, dévoilant sans pudeur son ventre rebondit. Tout le monde se prend au jeu. Pendant près de 3 minutes le chanteur lance des "Noonnnn" sur tous les tons possibles, le public répond inlassablement par des "Siiii!". Ses chorégraphes, une troupe de jolies filles au shorts courts et au sweats colorés entraînent un autre tube chantonnant "comment tu t'appelles?" " -Philippe", répond la star.
Encore une fois, aussi bon acteur que chanteur, Katerine répètera son prénom trois bonnes minutes passant d'un ton joyeux à des cris pleurnichards. Sur la chanson "La Banane", les fans ont prévu le coup et lui envoient des dizaines de bananes sur scène. Amusé le chanteur en mange goulument une, sans s'arrêter de chanter pour autant. Sur "Luxor", final de ce concert hors norme et franchement hallucinant, le public déchaîné s'attroupe en masse près de la scène et danse volontiers. Sauf peut-être quand Katerine hurle son célèbre "Et je coupe le son" pour repartir de plus belle dès qu'il "remet le son". On se sent comme lors d'une partie de chaise musicale en plein air, et à échelle géante. D'ailleurs, ce côté bon enfant perdurera sur trois jour de festival.
Alors que Cascadeur tamise l'ambiance du Cesar Circus avec sa voix hyptonique et ses riffs enivrants, Yael Naim investit le Dôme, un châpiteau somme toute assez exigu. Et là une question se pose immédiatement. Pourquoi avoir mis une si grande star sur une scène où il est quasiment impossible de la voir? Seuls ceux décidés à braver la chaleur de la fosse pourront profiter du spectacle, les autres assis sur les pelouses n'auront que la musique en fond sonore. Elle conclut son set sur "New soul" qui fait chanter l'audience toujours aussi calme. Les Français d'Aaron profitent du coucher de soleil pour donner une atmosphère romantique à leur set. Assis sur les pelouses avec un verre ou une cigarette à la main, le public apprécie la douceur de l'instant mais sans vraiment s'emballer. Après tout, il vaut mieux réserver son énergie la nuit sera longue.
Le samedi le charismatique John Butler profite de la scène de Paris pour distiller sa pop folk. La chaleur est montée d'un cran, le soleil tape et l'artiste plutôt zen sur scène joue devant un parterre de fans assis sur les pelouses. Dans l'espace presse, les interviews s'enchaînent et la chaleur pousse les artistes à se réfugier dans les coins d'ombres imitant les festivaliers sur les pelouses. A 21 heures le devant de la scène Bagatelle est noir de monde.
Difficile de s'approcher de la scène alors que Shaka Ponk se défoule sur les planches. Véritable bête de scène, la formation pourrait s'abstenir de parler tant son énergie scénique donne la pêche. Frah, le chanteur s'amusera pourtant a commenter les Solidays, heureux des progrès de la science qui repousse la maladie et promettant que même lorsqu'elle sera vaincue, le festival perdurera pour célébrer cette victoire. Déchainé pour l'un des temps fort du festival il n'hésite pas à assurer que le public vit une aussi grande montée d'adrénaline que ceux qui sautent à l'élastique et finira par grimper sur la grue sur laquelle la camera panoramique est installée pour se jeter dans la fosse. Le nouveau membre du groupe, la chanteuse Sam, mérite une attention toute particulière, avec son costume dessiné à même la peau, comme ses comparses. Elle s'approprie l'espace scénique avec une aisance impressionnante. Cette véritable lionne joue de postures animales sur l'avant scène.
Moriarty et Stromae subissent le même sort que Yael Naim, cachés derrière le Dôme et sa devanture, seul une partie des festivaliers pourront apprécier leurs sets respectifs. La scène France 4 joue la surprise en invitant Yelle, habillée d'un uniforme fluorescent. De son côté, Nasser prépare la nuit avec sa touche électro made in Marseille qui fait danser tout le monde alors que Patrice calmera la foule, à moins que celle-ci ne soit plutôt calmée par les "cigarettes qui font rire" qui circulent pendant sa performance raggae.
Le dimanche le soleil cogne toujours. Pour le coup, on se sent carrément en vacances. Les garçons défilent torses nus, les filles en mini jupes et hauts de maillot de bain. Les odeurs de nourriture flottent et si certains profitent des tables extérieurs pour manger des churros et autres aliments à base d'huile, d'autres préfèrent faire la queue pour acheter des tranches de pastèque et des boissons fraîches. Dans le Dôme, Puggy sert un concert correct mais sans moments forts, avec une reprise de System Of A Down et des mélodies agréables, parfaites pour bronzer.
Dès 18 heures c'est à Asaf Avidan et ses Mojos de prendre place sur la scène Domino. Sa voix androgyne et puissante capte immédiatement l'oreille. Séduisant, talentueux, le chanteur israelien est parfait ou presque. Ses morceaux entre rock et blues sont une véritable claque pour ceux qui les découvrent. En fin de concert il incite le public à crier « aussi fort que possible ». Mais quand lui l'aura décidé. Du coup, les premières tentatives d'hurlement sont ponctués d'un « Chhuutt » de la part du digne successeur de Janis Joplin. Enfin la fosse hurle à plein poumon, suivi du chanteur qui produit avec sa voix des larsens que provoquent habituellement des guitares!
A Bagatelle, Yodelice prend place à 19 heures devant un espace comble. Difficile de faire le moindre mouvement alors que Maxime Nucci joue de sa voix grave pour séduire. L'ambiance est festive on danse et chante volontiers. Et malgré la performance du chanteur assez plate, on lui pardonne volontiers lorsqu'il rencontre un léger problème technique et s'interrompt en plein milieu de "Sunday With A Flu". Les rappeurs d'I Am, toujours aussi populaires, chauffent la salle devant un public de tout âge, en attendant Moby. Tête d'affiche parfaite pour un final sur le soleil couchant, le producteur et musicien enivre un public qui a déjà des étoiles plein les yeux.
Quitter les Solidays, c'est un peu comme finir ses vacances. Rempli de nostalgie le public rejoint les navettes où les bénévoles, tels des GO du Club Med promettent dans des hauts parleurs "A l'année prochaine!".
Retrouvez les photos du festival Solidays 2011
Julia Escudero
Photo Yann Buisson





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