M fait groover, Rock en Cirque fait rêver, Sanseverino et Rose annulent sans prévenir
La soirée Rock en cirque ayant été décalée du 11 janvier 2011 au 9 décembre de la même année, l’affiche proposée à l’origine a dû être remaniée. En effet, se produire à titre gracieux pour un événement caritatif est parfois moins attrayant qu’aller jouer n’importe où ailleurs contre des sous. Exit donc Sanseverino et Rose absents pour causes d’engagements contradictoires.
Le petit bémol qui fera grincer des dents sur place c’est que personne n’avait été prévenu avant qu’un enregistrement de Sanseverino ne retentisse dans le chapiteau, annonçant un désistement pourtant connu de la production auparavant. L’annonce en forme de prise d’otage a-t-elle été gérée de cette façon pour éviter une nouvelle désaffection du public ? Certainement, néanmoins on n’a pas vu non plus de tollé de huées, ni de foule s’enfuyant du lieu de spectacle lors de l’annonce.
Le fil conducteur de la soirée ayant été modifié pour pallier les désistements il restait tout de même de quoi se nourrir artistiquement: M en vedette absolue, William Baldé en parrain attentif, Albin de la Simone, Tarace Boulba, la Machine ou encore Dominique Magloire entres autres représentants du showbiz. Tous ces artistes et quelques autres avaient pour ambition de faire partager leur art à un public venu voir une rencontre.
Il est vrai que le cirque est une discipline qui ne supporte pas l’approximation, les numéros bien que présentés principalement par des élèves d’écoles du cirque, dont des étudiants guinéens répondaient à cette rigueur extrême. En effet, quand on se balance à plusieurs mètres du sol sur un mat chinois, un trapèze ou sur une corde, le moindre faux pas fait intensément réfléchir aux lois de la gravité et aux multiples fractures qui en résulteraient, et ce, dans le meilleur des cas.
Par contre, autant les artistes du cirque étaient littéralement chez eux, autant on sentait bien que les musiciens avaient une place un peu ambivalente. L’espace de la piste était réparti de la même façon pour tous et laissait des formations aux styles différents parquées au centre sans possibilité de bouger, pour faire de la place à ceux qui prenaient des risques dans les airs, accumulaient les acrobaties diverses et variées, bref, étaient le spectacle. Quel qu’ait été le talent des artistes présents, le rapport de force était d’emblée faussé.
Les musiciens étaient au mieux un accompagnement. Dans le cas des deux saxophonistes de Rigolus et plus tôt dans la soirée, de M reprenant le solo de "Hey Joe"de Jimi Hendrix, on sentait bien que l’improvisation était de mise et se voulait un dialogue autant que faire se pouvait. La Machine proposera tout en restant dans sa musique un vrai support à un numéro de mât chinois particulièrement en force, par contre ils seront aussi l’occasion pour le clown blanc Calixte l’occasion d’un jeu de mot qui restera dans les annales du dispensable à la rubrique manque d’inspiration (la machine, mât chinois... fin de commentaire).
Mais au final malgré tout ce qu’on pourrait soulever d’approximations, de douces erreurs de jeunesse (c’est une première édition) reste que sous le chapiteau tous se sont retrouvés à un moment ou un autre dans une situation où s’imposait le constat: "tiens, là j’ai 4 ans et je suis en train de rêver", les musiciens inclus. On en a surpris plus d’un, les yeux au ciel, jouant sans en perdre une miette.
Alors oui Rock en Cirque aura été plus Cirque que Rock, plus école du cirque même, mais toujours fidèle à l’éthique des chapiteaux, le rêve avant tout.
On se souviendra tout de même, au rayon musique, de la jam de M avec trois des membres de Gush, dans un groove beaucoup plus rock que le funk fluide que pratique habituellement Matthieu Chedid. On parle déjà d’une deuxième édition, en espérant quelle aura un soutien plus fidèle des artistes musicaux.





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