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Portrait de Jean-Lionel Parot

Main Square Festival 2011 (Acte 3) : Des Anglais et des jeunes

jeu, 07/07/2011 - 08:25 -  Jean-Lionel Parot
 
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Les meilleures choses ont une fin et l?édition 2011 de Main Square se devait de finir en beauté. Ce fut chose faite avec un concert de Coldplay, tout en générosité, mais pas seulement. Récit ô combien subjectif d?une journée de fin de parcours.

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Quand Vauban dessina les plans de la Citadelle d'Arras au 17ème siècle, pouvait-il se douter qu'il construisait une salle de concert en plein air ? Et pourtant l'histoire est ainsi faite, celle qui avait été surnommée « la belle inutile » de part sa position peu stratégique, s'avère finalement être devenue un vrai pôle incontournable de la musique en France.

En ce 3 juillet 2011, jour de clotûre pour le festival arrageois Main Square, mais aussi date anniversaire de la mort de Jim Morrisson, (quarante ans pile en ce dimanche), la journée commença avec Rival sons, sorte de croisement entre Led Zeppelin pour la musique et les Doors pour la voix. Fallait-il y voir un hasard de programmation, ou une volonté de montrer que l'héritage du roi lézard était encore bien vivant?  Quoi qu'il en soit, le hasard fait bien les choses… Donc le résultat est que cette journée commençait bien, sur une musique rock'n roll, solide et passionnée.

Emaillé de perles aussi diverses que variées, ce dimanche au soleil aura privilégié les valeurs montantes, tel Bruno Mars, artiste né à Hawaï dont la musique entre pop reggae et rock brillera par son côté ensoleillé et joyeux. Le chanteur guitariste et ses musiciens font preuve d'un enthousiasme communicatif et ce, pas seulement sur le single « Just the way you are ». L'ensemble est sautillant et fera joyeuse impression. L'autre grand (si si il est très grand) monsieur qui monte c'était Julian Perretta, plus rock que prévu (un tatouage hommage à Led Zeppelin autour du bras) venu défendre son premier album « Stitch me up ». Dans les espoirs montant, on aura aussi remarqué les Anglais de Evaline, dans la catégorie rock indé effervescent. Mais aussi une demoiselle qui ressemble un petit peu à son chanteur bassiste de père, à savoir, Eliot Paulina Sumner, l'une des enfants de Sting. Beaucoup moins bondissante que son demi-frère Joseph (membre de Fiction plane) la jeune fille démontre de vraie qualité, avec un jeu de scène introverti mais néanmoins rageur et des titres électro pop de qualité, faisant la part belle à sa voix autant qu'à ses claviers.

Il y avait aussi des artistes plus que confirmés sur la grande scène, pour une fin de journée totalement britannique. D'abord Elbow à 18h00 : avec plus de vingt ans de route au compteur et cinq albums, le quintette issu de Bury s'était adjoint les services d'une section de cordes pour interpréter entre autres des titres du récent « Build a rocket boys ! » dont l'illustration de couverture servait de fond de scène.

Ensuite, c'est à PJ Harvey qu'ils laissèrent la grande scène et l'on se dit peut-être que la demoiselle du Sommerset aurait pu adapter son set au festival. Statique dans son bord de scène « jardin » (à gauche lorsqu'on est face à la scène) alors que ses musiciens, même son éternel comparse John Parish à la guitare, sont cloîtrés côté « cour » (à droite donc), elle alterne cithare et une Airline électrique blanche (la marque de guitare que Jack White a remise au goût du jour à l'époque des White Stripes) pour un set aérien de toute beauté mais statique à l'excès. Les premiers rangs souffriront aussi du son des basses tonitruantes couvrant totalement le reste des instruments en bord de scène. A voir sur une petite scène.

Les deux poids lourds de la soirée se succédaient, Portishead d'abord, Coldplay ensuite. La prestation de Portishead sera fascinante, alternant la sauvagerie rentrée du dernier album avec « The Rip » ou « Machine gun » et les incontournables « Over », « Sour Times » ou  « Cowboys ». Beth Gibbons reste elle aussi plantée derrière son micro, mais dans ce cas-là, réussit à donner un show vibrant. Comme quoi rester immobile peut avoir son charme si distant soit-il.

C'est Coldplay qui finira l'édition 2011 du festival Main Square. Déjà invités du festival deux ans auparavant, ils avaient marqué par leur énergie et leur convivialité. C'est toujours le cas. Pour leur seule date en France, les Londoniens avaient opté pour un décor et des costumes réagissant à la lumière noire, pour un début de concert fluorescent. Dans les incidents de parcours, Chris Martin arrêtera le titre « In my place » au bout de quelques mesures, afin de régler un problème de batterie, voulant préserver à la fois le confort de jeu de Will Champion son batteur, mais aussi la qualité d'écoute du public. Problème réglé en quelques secondes. Néanmoins les confettis qui avaient été calés pour tomber en pluie pendant le premier refrain se mirent à tomber pendant que les techniciens réglaient le souci. Le groupe reprendra avec flegme le fil du concert pour le dérouler sans accroc et avec élégance, interprétant successivement « Yellow », « The Scientist » « Us Against the world » ou «Viva la vida » entres autres classiques. Le groupe offrira encore trois morceaux en rappel puis les lumières s'éteindront sur la grande scène, laissant à Underworld sur la scène Green Room, le soin d'apporter la touche finale à cette dernière nuit.

 

Jean-Lionel Parot, envoyé spécial à Arras


 

 

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