Le week-en a été électro à Marseille, ces 23, 24 et 25 septembre avec la 12e édition de Marsatac. Pour cette nouvelle édition, l'événement a investi, pour la première fois, le lieu emblématique de la scène marseillaise qu'est La Friche La Belle de Mai. Un cadre très "madmax" et urbain, orné de tags et de béton, jouxtant la voie ferrée. La Friche, qui doit son nom au fait que c'est une ancienne friche industrielle qui abritait pendant ses heures de prospérité les usines de tabac Seita, a une vocation de découverte et de soutien à la musique actuelle.
En accuillant Marsatac, elle a joué son rôle à la perfection. Le public pouvait parcourir le site à taille humaine, passant par une "rue intérieure", sorte de tunnel illuminé de boules à facettes, pour accéder aux différentes salles. Si le premier soir (jou de grève, d'ailleurs) s'est avéré un peu décevant en termes de fréquentation, sans doute par manque de "grosse tête d'affiche", Boogers (qui ouvrait le festival) n'a pas démérité.
Arrivant comme à son habitude en trotinette dans la salle, il scande ses chansons bricolées à travers un haut parleur. L'homme orchestre aux chansons pop inclassables a assuré le show, prenant l'ouverture du festival comme un challenge. Un peu plus tard dans la soirée, IsWhat? a eu un peu moins de mal à remplir la salle, suivi de la Jeune Talents SFR, Bonnie Li. Cette dernière a séduit le public, seule sur scène, dans un univers éléctro punk inventif. Bonnie Li n'a pas peur, par exemple, de sampler un fouet électrique pour s'accompagner sur scène... Totalement inconnue, elle a toutefois rameuté une vaste foule, à la fois amusée et complice.
Marsatac, qui est un événement nocture, a accueilli le gros de ses têtes d'affiche le vendredi, faisant le plein en terme de public avec entre autres Tumi and the Volume, Beat Assailant, ou encore Féfé et Missil. Dans une ambiance bon enfant mais tout de même bien arosée, le public a réchauffé une météo qui se voulait de plus en plus fraiche...
Les stigmates de la soirée du vendredi étaient d'ailleurs encore visibles le samedi 25 septembre, d'autant plus que le mistral s'en est mêlé, arrachant tout sur son passage et obligeant les organisateurs à démonter la toile du grand chapiteau. De quoi rajouter un aspect "underground" et "déglingue" au cadre très "berlinois" de la Friche.
Shaka Ponk, qui a d'ailleurs fait ses armes en Allemagne, ne semblait pas désorienté. Le groupe punk électro aux influences graphiques a mis le feu au festival avec une facilité insolente. Il faut dire que le groupe est déjà en fin de tournée et a bien rodé son show. Mr Oizo, en référence de la musique électronique, a fédéré le plus grand nombre.
Du côté du Cabaret Aléatoire (qui occupe un bel espace dans la Friche), A Certain Ratio est considéré comme le groupe qui monte... du coup, la salle est prise d'assaut par une masse compacte. De quoi permettre à Curry & Coco, duo pop survolté, de séduire le public marseillais dans la foulée.
Au final, cette 12e édition Marsatac aura marqué par son eclectique, son originalité et son esprit de découverte. En attendant d'ouvrir une nouvelle page de son histoire l'été prochain, le festival donne rendez-vous aux fans en février pour sa version "winter".
NP
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