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Portrait de Nathalie Paul

Metallica donne sa leçon de métal à Arras et revisite son histoire

mer, 20/08/2008 - 17:58 -  Nathalie Paul
 
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Metallica a donné un concert exceptionnel d'une rare intensité le 14 août, à Arras. Avant l'entrée triomphale de la formation métal sur la Grand Place d'Arras, Gojira et Within Temptation avaient pour mission de mettre le public en ébullition. Reportage.

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26 000 fans ont fait le déplacement pour la seule date de Metallica en France, sur la Grand Place d'Arras, lieu emblématique du Main Square festival. Mais quand Gojira ouvre les hostilités, la place est loin d'être pleine et c'est devant des vagues continues de fans entrants qu'ils déchaînent le flot infernal de leur musique. 2008 est une année faste pour Gojira, le plus international des groupes de métal français, Joseph Duplantier le guitariste chanteur ayant participé au groupe d'Igor et Max Cavalera, Cavalera Conspiracy, comme bassiste. Mais là, c'est la voix pleine d'émotion qu'il laisse exploser sa fierté : "si on existe c'est grâce à Metallica, on a grandi en écoutant Metallica, c'est un honneur de jouer ici." Au cours de l'heure de tempête musicale qu'ils assènent à un public ravi du choc tellurique, le groupe des frères Duplantier se fend même d'un inédit, à paraître sur leur prochain album en octobre, aux accents militaires et inquiétant, plus industriel dans sa facture que le reste du répertoire.

C'est ensuite Within Temptation qui prend le relais dans un registre beaucoup plus subtil, et sûrement plus difficile à faire partager aux fans de Metallica, venu communier dans la transpiration et la fureur. De facture extrêmement sophistiquée, le métal épique des Néerlandais, emmenés par la voix mélodieuse de Sharon Den Adel semble de prime abord trop précieux pour survivre à l'évènement. Malgré des augures difficiles, l'extrême générosité des musiciens, le Français hésitant mais sympathique de Robert Westerholt qui encourage la foule à participer et les remercie régulièrement ainsi que des titres étonnement rythmés pour une musique aux accents symphoniques, font que bien que trempés par une pluie éparse les "metfans" comme on les appelle officiellement se laissent convaincre sans se forcer.

L'heure et demie d'attente entre les changements de plateaux est grave, les fans s'impatientent, la nuit tombe doucement, la tension monte et enfin après un léger retard travaillé pour que l'impatience soit à son comble, la musique d'Enio Morricone ("Le Bon, la Brute et le Truand") qui ouvre chaque concert de Metallica retenti enfin, déchaînant un tonnerre de joie sur la place désormais remplie. Apres cela, une démonstration impressionnante, des "Four horsemen" de crescendo puisqu'en deux heures et dix sept titres la tension ne fera que monter. En misant exclusivement sur des classiques, aucun morceau enregistré après 1991 sauf "The Memory remains" de 1997, James Hetfield et ses trois comparses non seulement ne prennent aucun risque mais semblent prendre un plaisir évident à revisiter une énième fois leur propre histoire.

D'autant que le quatrième membre de la troupe, Robert Trujillo, intégré pendant les sessions de "St Anger" après avoir officié en vrac au sein de Suicidal Tendencies, Infectious Groove ou au côté d'Ozzy Osbourne, n'a lui intégré cette longue histoire qu'est Metallica que récemment. Au début du deuxième morceaux les trois autres le présentent donc à la foule, pour un "For whom the bell tolls" d'anthologie, avec son indispensable intro à la basse composée par le regretté Cliff Burton, entre moment de bienvenue et hommage évident. Durant tout le concert Trujillo se démarquera par son énergie communicative, ses grimaces fascinantes et sa technique d'athlète, finissant le concert en mode toupie.

Fort d'un répertoire multi diplômé façon vingt ans d'âge, Metallica ne se repose néanmoins pas sur les lauriers d'une gloire évidente. Le sixième morceau, "Cyanide", est un inédit, tiré du futur "Death Magnetic" attendu pour septembre, faisant la part belle à la batterie de Lars Ulrich, le moteur incontesté du groupe qui se voyait ici littéralement mis au centre du dispositif scénique là où les batteurs sont généralement cantonnés au fond. Mais on ne parle pas de n'importe quel batteur mais bien de la tête pensante de Metallica, à personne particulière position particulière.

Entre intimisme rigolard, gros plans sur les mains de James Hetfield sur écran géant ou effets pyrotechniques et lances flammes géants, les Metallica dosent leurs effets, tel Kirk Hammet le guitariste allant de soli impressionnants de virtuosité a des interventions minimalistes en soutien de James Hetfield sur les quelques lead qu'il prend encore avec plaisir. Plaisir, c'est finalement ce mot qui résume l'ensemble, James Hetfield connu pour jurer en permanence se montre ici d'une gentillesse avec les fans qui sent la rédemption, le rappel commence par une intervention simple et émue de sa part : "Vous êtes encore là ; pourquoi vous êtes encore là? Parce que moi je sais pourquoi je suis encore là, parce que j'aime ça". Pendant ce temps Lars Ulrich prend des photos du public. Après un dernier "Seek and destroy", le concert s'achève "Vous vous êtes amusé? Nous aussi!"

Jean-Lionel Parot pour Concertlive.fr

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Metallica en concert à Arras

Set list Metallica

Creeping death
For whom the bell tolls
Ride the lightning
The memory remains
Sanitarium
Cyanide
And justice for all
No remorse
Fade to black
Master of puppets
Wiplash
Nothing else matters
Sad but true
One
Enter sandman

Rappel

Last caress
So what
Seek and destroy

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