A groupe d'exception, concert d'exception. Le mardi 17 novembre, à Bercy, le trio de rock symphonique Muse passait son premier grand test en France dans le cadre de sa nouvelle tournée mondiale démarrée cet automne. Et le moins que l'on puisse dire est que le trio a bluffé les 17.000 spectateurs amassé dans la plus grande enceinte parisienne.
Chris Wolstenholme nous l'avait laissé pressentir lors de l'interview qu'il nous avait accordée avant la sortie de « The Resistance » en juillet dernier : « on veut sortir du cliché du groupe sur une scène ». Images à l'appui, Muse a en effet atteint des sommets.
Le public qui pénétrait dans Bercy pouvait contempler trois structures bâchées figurant des immeubles trônant sur une scène ronde placée au bout de la fosse, les gradins permettant d'être assis tout autour de l'arrière de cette scène.
Bien entendu, le public, timide, se massait « devant » plutôt que « derrière » par un réflexe assez logique et prévisible. Tellement prévisible en somme que des hôtes parcouraient le palais omnisport pour lancer aux gens : « vous pouvez vous asseoir là-bas derrière, ça tourne ». Première info donc, le concert serait mobile.
Extinction des feux et début de la première partie: Biffy Clyro. Un peu perdu devant les constructions de Muse, le trio écossais s'en tire honorablement, avec énergie et des titres farouchement rock. A revoir ailleurs dans un décor à échelle humaine.
Petite entracte d'une demi-heure, alors que tout semblait « boulonné ». Mais le show de Muse nécessite apparemment une logistique pharaonique... La lumière s'éteint, les bâches tombent révélant des structures de type « mini-immeuble écran ». La tension monte et chacun des trois buildings diffuse la même animation, des silhouettes blanches gravissant des escaliers de lumière.
Au dessus des pseudos immeubles, une tour de format identique surplombe les estrades où attendent au centre une batterie, côté jardin (gauche face à la scène) un rack de guitares et un micro et côté cour (droite face à la scène) un rack de basses et un autre pied de micro.
Les premières notes de Uprising envahissent Bercy dans un hurlement de bonheur général. Matthew Bellamy joue donc sur sa tour de lumière côté cour, Christopher Wolstenholme joue côté jardin et Dominic Howard est bien sur la tour centrale. S'en suivent une avalanche de classiques et de nouveaux morceaux : Uprising, Resistance, New Born, Map of the Problematique, Supermassive Black Hole, MK Ultra, Hysteria, Nishe, United States Of Eurasia, Cave, Guiding Light, Helsinki Jam, Undisclosed Desires, Starlight, Plug In Baby, Time Is Running Out, Unnatural Selection, puis en rappel, Exogenesis: Symphony, Part 1: Overture, Stockholm Syndrome et pour finir, Knights of Cydonia.
Les tours montent et descendent, les musiciens ne restent pas figés dans leur tour d'ivoire, loin de là. Et tous les fans présents sortiront émerveillés avec des lumières persistantes dans les yeux. Muse a joué les Pères Noël d'exception en offrant en avance un show de très haut vol.
Voir les photos du concert ici.
Jean-Lionel Parot
Photo J-L Parot




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