Une file interminable s'étendait depuis la Flèche d'Or en ce dimanche 11 avril, il n'était pourtant que 18h30, mais de nombreux fans avaient répondu présent. En effet cela faisait six ans que Melissa Auf Der Maur n'avait donné signe de vie en France. Mais le concert dominical se voulant être le prélude de la sortie française de son deuxième album "Out of our minds (OOOM)", le moment était donc on ne peut plus stratégique. La soirée était prévue en trois temps et ils furent respectés.
La Canadienne qui avait fait ses armes successivement dans Hole et Smashing Pumkins revenait en effet avec un concept multimédia autour de "Out of our minds (OOOM)", et entre le groupe de première partie (le groupe Toybloïd,) et le concert tant attendu, fut projeté l'un des "compléments" de l'album, à savoir un court métrage réalisé par Melissa Auf Der Maur et Tony Stone. Les 28 minutes de projection ésotérique poliment supportées par les fans s'égrenèrent sans réel enthousiasme mais le support se prêtait plus à un recueillement new age. Quelque part entre film d'art et d'essai, plaidoyer écolo et ode à la sécurité routière, il y avait quelque chose de déconcertant dans cette bulle de cinéma expérimental coincée entre deux groupes de rock aux musiques plutôt directes.
Il était 22h passées quand les fans qui avaient patienté depuis plusieurs heures dans une Flèche d'Or décidemment digne de son passé de hall de gare furent enfin gratifiés de la présence de l'artiste tant attendue. Après quelques problèmes techniques (une guitare qui produit du son par intermittence et un ingénieur lumière qui laisse jouer Melissa Au Der Maur quasiment dans le noir au point qu'elle doit elle même demander à ce qu'il allume les projecteurs) qui donne une ambiance de show case chaotique plus que de concert de retrouvaille, le show prend son rythme. Les vieux tubes ("Followed the wave" et l'incontournable "Taste You" en version semi française) dialoguent avec les morceaux récents (dont l'éponyme "Out of our minds (OOOM)") sans incohérence.
La complicité de Melissa Auf Der Maur avec ses fans est touchante, elle parle, régulièrement dans un français sans accent. Elle explique même brièvement et avec humour la différence entre l'accent québécois et l'accent français en passant successivement de l'un à l'autre. Puis après un court rappel qu'elle ira poliment demander au régisseur local comme n'importe quel artiste débutant dans une salle sujette au couvre-feu, elle quitte la scène enroulée dans un drapeau français offert par une fan.
Quant au groupe Toybloïd qui avait ouvert le bal, Melissa les remerciera chaleureusement, précisant que les trois filles et leur batteur lui avaient été recommandés par Nicola Sirkis d'Indochine, avec qui elle avait chanté en duo quelques années plus tôt ("Le Grand secret" sur l'album "Paradize" d'Indochine) et à qui elle avait demandé conseil pour cette date.
Textes et photo de JL Parot
Concert Live Publishing 2010
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