Depuis quelques temps, son nom circule dans le microcosme parisien qui ne tarit pas d'éloges sur son compte. Direction donc la Boule Noire à Paris, pour voir cet Ovni suisse en pleine action.
Depuis une semaine, Sophie Hunger affiche en effet salle comble dans la salle intime de la Boule Noire, logée dans les sous sols de la prestigieuse Cigale, à deux pas du Moulin Rouge à Paris.
La Boule Noire, d'habitude réservée aux concerts rock a pris des airs d'auditorium, avec ses rangs de chaises bien alignées depuis la scène jusqu'au fond de la salle. Seuls quelques mètres restent libres pour accéder au bar.
La Boule Noire n'est pas allée jusqu'à numéroter les places, mais l'ambiance est plutôt solennelle. Ce qui peut au premier abord inquiéter.
Mais l'inquiétude ne souffrira pas les premières minutes du concert. Dès la première chanson, interprétée au piano, la jeune Sophie Hunger s'offre le luxe de séduire l'auditoire avec des textes en Suisse allemand. Une langue qui fait rarement l'objet d'un quelconque intérêt en France...
Entourée de son orchestre, mi pop, mi jazz, elle entonne avec force ses chansons, tantôt en anglais, tantôt en suisse allemand. Ce petit bout de femme captive littéralement le public, lui communiquant son amour de la musique, et grâce à sa voix qu'elle gère entre puissance et caresse.
Tout en réserve, elle s'offre quelques touches d'humour pétillant, et ne manque pas de second degré pour vanter les mérites de la langue suisse allemande et de ses dialectes...
Ce soir, Sophie Hunger réserve également une surprise à son public. Son mentor et compatriote Stephan Eicher est accueilli pour un morceau, à la guitare. L'artiste se tient en retrait, par pudeur vis à vis de Sophie. Et ils entament un duo parfois approximatif mais en tout cas dépaysant. Et là encore, le suisse allemand est au coeur de la création.
Difficile de décrire la musique de Sophie Hunger. En tout cas, ce qui est certain c'est qu'elle marque par son originalité et la conviction de ses interprétations. Bien entourée également par son orchestre (trombone, guitare, basse, batterie..), elle reçoit la chaleur du public: une standing ovation et plusieurs rappels. Et il n'y avait pas que des compatriotes amicaux acquis d'avance dans la salle...
N.P.
Photo Antoine Legond




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