Les Vieilles Charrues 2010, c'est fini! La journée de clôture du 18 juillet aura été dense, parachevant un bilan très positif pour le plus grand festival de France. Record d'affluence battu (242 000 tickets) pour cette édition qui se voulait une « transition » entre la bombe médiatique « Springsteen » de l'édition précédente et les 20 ans des Charrues attendus l'année prochaine.
C'est par un bouquet final à base de « tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la musique sans jamais avoir osé le demander » que le festival avait réservé un épilogue dantesque à cette édition, même si le public n'en demandait pas tant.
Le « bouquet final » ? D'abord, comme tous les ans, c'était une création originale « locale » : Contréo et l'orchestre de Bretagne. Voix haut perchée et mélange subtil de musique classique et d'électro raffinée, un petit bijou pour commencer la journée, un pari autrement plus réussi que le bricolé à la va-vite « Frères Morvan versus Tambour du Bronx » de l'édition précédente.
Ensuite une scène Reggae pour puristes et amateurs de découverte sur la scène Xavier Grall avec la participation de Raggasonic et Toots and the Maytals dans la catégorie poids lourds incontournables.
Histoire de marquer le coup, le début de journée voit se succéder Gush et leur rock à quatre voix (façon autoroute 66) et Pony Pony Run Run (leur victoire de la musique sous le bras) dans la catégorie espoirs en devenir.
En forme de petits bonheurs, Etienne de Crecy dévoilera sa nouvelle version du cube (un dispositif scénique à la hauteur de sa musique minimale et obsédante façon cours de géométrie électronique) et Julian Casablancas prouvera qu'il ne porte pas toujours le même T-shirt en festival (après trois concerts d'affilés avec le même, ça commençait à faire jaser dans les laveries automatiques).
Au Verger, nouvelle attraction instaurée pour le cru 2010, les arts de rues façon curiosités foraines offraient des petits bouts de rêve aériens aux festivaliers de passage alors que le Cabaret Breton alternait Dj Sets et Rock'n Diroll.
Mais surtout, le tiercé gagnant du jour restait, par ordre d'apparition, Alain « On s'aime pas » Souchon dans son rôle auto-assumé du mec qui ne savait pas ce qu'il faisait là (et qui s'en voyait ravi). Suivi de -M- (je m'appelle Matthieu Chédid mais tout le monde s'entête à m'appeler -M-) avec toute sa famille (un frère et une soeur et beaucoup de potes en fait) sur scène façon camp de vacances à paillettes. Et enfin Jamiroquai, qui profitera de l'avant-scène pour shooter ce qui pourrait bien devenir la couverture de son album à venir (si l'on en croit J. Kay, chanteur et leader incontesté de la formation) et proposera un concert sans faute (à part les projections façon cartes postales kitsch type serviette de bain années 80 avec dauphin vert sur fond de coucher de soleil fluo).
Une belle édition que ce cru 2010 donc, même si l'on peut se demander si les Charrues, à vouloir satisfaire tout le monde ne sont pas en train de cloisonner tout le monde à ne voir que des bouts de Festival, mais avec six plateaux différents sur site, il est presque normal de s'éparpiller, on appelle ça la rançon du succès paraît-il...
A l'année prochaine donc pour un cru 2011 qui fait déjà fantasmer tous les festivaliers présents tant le mystère reste épais.




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