“Et il y eut un jour et il y eut une nuit et ce fût le troisième jour” (Génesis), le parallèle est un peu osé mais les Vieilles Charrues 2010 annonçaient une révélation pour ce samedi 17 juillet : un jeune groupe prometteur du nom d'Indochine. Ne nous y trompons pas malgré une affiche des plus alléchante (Gaëtan Roussel qui est très bien tout seul, FM Belfast dans leurs frusques achetées en mode express suite la disparition de leurs valises, Fanfarlo et leur folk bringuebalante ou Phoenix et leur “nouvel” album sorti en 2009) c'est bien le groupe de Nicola Sirkis qui est attendu, désiré, envié. Pour preuve ce fan que nous appelerons pour la circonstance “Olga” (parce que c'est un joli prénom après tout "Olga" et que pour un garçon fan d'Indochine c'est délicieusement ambigüe).
Olga s'est rué dès l'ouverture des portes sur le bord de la scène Glenmor où son groupe favori est programmé à 22h30. Comme les portes s'ouvrent à 14h30 Olga est très en avance. D'ailleurs il est très bien placé, face à l'avant-scène et juste au milieu, la place de choix par excellence. Mais voilà, Olga apparemment n'est pas très porté sur le festival car il sort de quoi s'occuper : à savoir un livre de 800 pages qu'il lira copieusement de 14h50 à 22h30, avec pause sandwich et hydratation pour être en forme, mais sans prêter aucune attention aux groupes qui se succederont (FM Belfast et Gaëtan Roussel) dans des prestations pourtant de très haut vol. On est fan où on ne l'est pas, Indochine a LES fans…
Pendant ce temps là Féfé ouvrait le 3ème jour de festival sur la scène Jack Kerouac avec un capital énergie à la hauteur de la sympathie qu'il génère pour un concert d'une générosité que ses collègues musiciens peuvent lui envier. Féfé c'est bien, Féfé c'est sympa, Féfé ça mérite qu'on en parle à ses amis et qu'on aille le voir, que ce soit dit et qu'on y revienne plus (enfin si revenir à ses concert il le faut).
On passera brièvement sur la clôture de soirée par un Phoenix en grande forme malgré un disque déjà bien exploité (vivement la suite). Pour passer au match du siècle.
En effet trois événements majeurs se déroulaient simultanément. Le sacro saint concert du dieu vivant Sirkis (on aime ou on n'aime pas c'est comme les épinards, mais force est de constater qu'il est costaud Popeye), le 3eme championnat du monde de Air Biniou (une gabegie locale drolatique et sans prétention visant à détrôner le règne grandissant des vuvuzelas) et le show décadent de Sexy Sushi.
C'est Sirkis qui a gagné par KO technique le match de la foule. Venus en masse se delecter au son des plus ou moins récents "le Lac", "Elekrastar", "Club Meteor" (déjà des classiques malgré tout) et des légendes discographiques que sont “l'Aventurier” ou “3 nuits par semaine”, les fans hurlent trépignent, pleurent, communient pleinement, de 7 à 77 ans et dans le recueillement hysterique le plus total. La bande-son des musiciens d'Indochine se déroule comme un tapis d'efficacité et Nicola reste égal à lui-même, chantant plus ou moins juste mais au moins pour de vrai, avec ses faiblesses assumées et son look d'éternel adolescent quinquagénaire.
Pointons néanmoins un dernier regard amusé sur le concert de Sexy Sushi, moins décadent qu'aux Eurockéennes dont le deuxième morceau sera une reprise d'Indochine (Canary Bay) à leur façon, peut être la meilleure version d'un titre d'Indo ce soir là en terme d'énergie brute...
On rendra un vibrant hommage aussi aux magnifiques Gojira, stars internationales et néanmoins françaises du metal, qui clôturèrent la soirée sur la scène Glenmor, un lieu à la hauteur de leur talent.
JL Parot
envoyé spécial à Carhaix pour Concertlive.fr




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