Maxim Nucci aurait pu faire carrière sous son nom (d'ailleurs il a essayé), continuer d'écrire pour les autres (Jenifer, L5 ou encore Ana Torroja), le tout avec un certain succès. Au lieu de cela, le jeune homme s'est inventé un rôle sur mesure avec univers fait maison : Yodelice. Entre Western chic et folk rock lunaire, avec des paroles en anglais. On se retrouvait d'un coup très loin de ses précédentes œuvres. Mais cette histoire en forme de conte de fée est connue de tous, ainsi que la Victoire 2010 qui allait avec.
Fort de tous ces succès, les 21 et 22 mars 2011, Yodelice s'offrait l'Olympia. Ce temple de la musique est plus qu'une salle mythique, c'est un must have dans une carrière d'artiste. Et c'est peut-être cette magie que Maxim et sa bande étaient venue chercher, ainsi que tous les fantômes glorieux qui hantent les recoins de ce qui restera toujours la demeure de Bruno Coquatrix. De la magie, il y en a eu, avec une salle archi comble.
La date du 22 réservait même une petite surprise. Quand au bout du 4e titre Maxim annonce qu'une princesse va les rejoindre sur scène en présentant « Simone et un peu plus que ça », c'est Marion Cotillard qui monte sur scène avec une basse Höfner violon (la même qu'utilisait Paul McCartney à l'époque des Beatles mais en noir) masquant difficilement les rondeurs d'un ventre épanoui. Les deux sets des concerts se ressemblaient (avec deux albums, même farcis de tubes potentiels, les variables sont ce qu'elles sont) certes mais pour le coup, les petits veinards du deuxième jour auront vraiment été gâtés.
Les singles imparables se suivent et ne se ressemblent pas : Ici se glisse un break à la Led Zep façon Whole lotta love. Là, le sol de l'Olympia tremble lorsque tout le monde se met à sauter pendant « More than meets the eye ». Lors d'un passage en duo, voix-guitare, Maxim et son guitariste s'arrêtent et éclatent de rire, après ce que l'on appelle techniquement un « pain », s'offrant au public, sans complexe, sans filet et avec fraîcheur, pour un vrai moment intime de live. On notera encore le final explosif de « Experience» qui lorgnera vers Rage Against the Machine pour l'énergie et la rythmique. Les passages les plus planants du concert avec voix empilées feront une forte impression sur un public qui décollera littéralement avec le groupe. Une évidence s'impose : Yodelice connaît ses classiques, les aime et n'hésite pas a donner le meilleur, quitte à aller le chercher la ou il est.
Evidemment les imbattables « Sunday with a flue », « Alone », « Wake me up » ou encore « Shadow boxing » démontrent leur efficacité et le public (principalement féminin mais c'est une des risques à courir quand on est un grand brun ténébreux) adhère du début à la fin d'un set riche, dont le rappel commencera par un extrait de la BO du film Alive, un des premiers essais solo de Maxim Nucci.
Remplir deux Olympia pour un artiste est une performance et l'essai est transformé pour Yodelice qui est définitivement rentré dans la cour des grands avec ce deuxième album et la tournée qui va avec.
Retrouvez les photos du concert de Yodelice
JL Parot
Photo JL Parot





1 commentaire
Erratum : le 1er bis était Talk to me, composée pour la BO des Petits mouchoirs de G.Canet, rien à voir avec Alive.
J'ai un peu regretté que Maxim ne joue plus de piano comme il l'a fait cet automne, notamment sur Experience. J'avais trouvé cette expérience très réussie... mais ils restent excellents.
L'atmosphère vibrante, où alternent tension, délivrances et poésie, est bien plus perceptible et prenante en live, en étant dans les vibrations, qu'en écoutant les albums.
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