5 groupes mythiques avant qu’il ne soit trop tard 0 940

« Mon grand père est un rocker » comme le titrait malicieusement une compilation de rock français alternatif à la fin des années 80. Un adage toujours bien réel en 2014 en ces heures post-techno. Entre murs de guitare graisseux, larsens toxiques et explorations d’un au delà musical, voici cinq groupes de papys rockeurs qui risquent de bientôt passer l’arme à gauche. Quand ils ne sont pas déjà partis ad patres.

AC/DC

AC/DC au Stade France le 23 mai ? Toujours pas de confirmation de ce bruit lancé par l’animateur Francis Zégut dans son émission « Pop Rock Station » du 30 octobre 2014 sur RTL2.

La communauté de fans du groupe mais aussi les amateurs de rock’roll survolté, tout simplement, sont pourtant à cran depuis l’annonce d’un nouvel album des diables australiens. Le groupe sortira en effet un nouvel album intitulé « Rock or Bust » le 1er décembre 2014 : il s’agira du premier album du groupe en 6 ans. Une tournée a été confirmée dans la foulée. 

Or il se pourrait bien que cette tournée soit la dernière occasion de les voir sur scène.

https://www.youtube.com/watch?v=tmgZpqyQLFU

D’autant que l’histoire du groupe est jalonnée de défections de ses membres liés à leurs excès. 

Après le décès des suites d’une sévère cuite de leur chanteur originel Bon Scott, récemment c’est Malcolm Young, qui souffre désormais de sérieux problèmes de santé mentale, qui a du être remplacé à la guitare par son propre neveu Stevie Young, Angus Young se chargeant de toutes les compositions.

Motörhead

Motörhead bientôt. Le groupe sera à Paris au Zénith le 18 novembre 2014. Ceux qui rêvaient de s’en prendre plein les oreilles vont être servis. La formation de hard rock menée par Lemmy Kilminster (Lemmy pour les intimes) a en effet la réputation d’être un des groupes qui joue le plus fort sur scène.

https://www.youtube.com/watch?v=b8V7ph6JR84

Et Lemmy Kilminster d’être un des musiciens ayant le plus abusé des substances prohibées pendant sa carrière. Un vrai mystère médical : sa fougue sur scène ne se dément à près de 70 ans, alors qu’il a notoirement abusé des substances chimiques, de l’alcool et du sexe. 

Voici un des groupes auxquels l’adage sex drugs and rock’n’roll est probablement le plus adapté. Le nom Motörhead est lui même une référence à la drogue : en argot américain, il désigne un consommateur régulier d’amphétamines.

C’est aussi le dernier titre que Lemmy Kilminster enregistra avec son premier groupe, les références du rock progressif Hawkwind chez qui il fut bassiste, juste avant de fonder Motörhead.

Le groupe s’est fait une solide réputation sur scène écumant les salles avec environ deux cent concerts par an il y a encore quelques années. Ce qui donne lieu à un foisonnement d’enregistrements « live », plus ou moins officiels.

Un concert survolté de Motörhead face à un public de Hell’s Angels, « Bikers » et autres durs à cuire est une expérience… impérissable 

Black Sabbath

La dernière chance de voir Black Sabbath sur scène risque de se présenter bientôt. Le groupe a en effet annoncé que son prochain album, le vingtième, pour lequel il s’apprête à repartir en studio, serait le dernier. Il sera produit par Rick Rubin, véritable forgeron de ce qui se fait de plus massif en matière de son de guitare.

Lorsqu’on sait que le guitariste Tonny Iommi vient de subir un long traitement contre un lymphome et qu’on a en tête tous les excès de leur chanteur Ozzy Osbourne – révélé au grand public en 2002 par l’émission de télé réalité « The Osbournes » – nul doute qu’il conviendra de rester aux aguets et de ne pas rater toute occasion de les voir en chair et en os.

Depuis ses débuts et « Black Sabbath », titre fondateur sur l’album du même nom, ce groupe originaire d’un quartier misérable de Birmingham et précurseur du heavy metal est devenu une légende.

Grâce à son blues lancinant et assourdissant, son chant sépulcral et ses textes diaboliques qui lui valurent d’être dans la ligne de mire des bien pensants.

https://www.youtube.com/watch?v=WLxMdOd7dC4

Catalogué « sataniste », Black Sabbath est surtout le groupe de toutes les transgressions, de tous les excès. Son chanteur Ozzy Osbourne a vite acquis une réputation de bête de foire.

En 1981, pris d’une crise de démence incontrôlée, il arrache la tête d’une colombe avec ses dents. Récidivera avec une chauve-souris tendue par un fan, qui aurait eu le temps de le mordre, ce qui aurait nécessité l’injection d’un traitement préventif contre la rage.

Drogues, alcool et séjours en hôpitaux psychiatriques ont longtemps été son quotidien. Avant que les portes de la maison de repos ne se referment définitivement sur lui ou qu’il ne finisse carrément par succomber sur scène aux stigmates de son passé agité, c’est probablement la dernière occasion de voir ce mythe sur scène.

Ceux qui auraient raté le groupe au Hellfest 2014 sont prévenus.

Iggy Pop and the Stooges

Il est presque déjà trop tard pour voir en concert Iggy Pop and the Stooges, précurseurs du punk, un des groupes les plus sauvages qu’ait enfanté le rock. En effet, le dernier des frères Scott Asheton est décédé le 15 mars 2014, son frère Ron Asheton ayant pour sa part tiré sa révérence en 2009.

Ils n’auront pas survécu au cocktail d’héroïne, d’accidents de voitures, d’alcool et de blessures avec des tessons de verre qui auront marqué le parcours créatif chaotique des Stooges.

Pour autant, bien que les deux frères originels des Stooges manquent désormais à l’appel, l’ingrédient essentiel, lui, est toujours dans une forme olympique : Iggy Pop. Scuptural, torse nu, virevoltant avec ses longs cheveux d’un bord à l’autre des scènes qu’il arpente malgré ses 70 ans, Iggy Pop incarne l’éternel ado rock.

Pas étonnant qu’une autre « jeunesse sonique », les Sonic Youth aient repris le fameux titre d’Iggy Pop and the Stooges « I wanna be your dog » sur leur deuxième album « Confusion is sex ».

Mais les Stooges ont composé bien d’autres brûlot soniques incandescents : « No Fun », « Search and destroy », « T.V. Eye », tous élaborés à Detroit dans le bouillon de culture de la Motown, des usines automobiles ultra syndiquées, des Black (et White) Panthers et du free jazz.

Tous scandés avec hargne par « L’Iguane », comme fut rapidement surnommé Iggy Pop, jusqu’à leur concert final au Michigan Palace de Detroit.   

Iggy Pop poursuivra une carrière solo bien remplie, que ce soit sa collaboration avec David Bowie pour « Lust for life » et « The Idiot » ou son « tube » « In the death car » pour le film « Arizona Dream » d’Emir Kusturica (un hit en France).

Il a de toutes façons annoncé que les Stooges survivraient aux frères Asheton. James Williamson, guitariste et compositeur à l’époque de l’album « Raw Power » remplaçant par exemple Ron Asheton. Si les Stooges originels sont morts, il reste pas mal de chances de revoir « l’Iguane » se déchaîner sur scène.

Sa dernière apparition scénique en date fut, le 11 mars 2014, un concert à New York destiné à récolter des fonds pour le Tibet, avec Bernard Sumner de New Order où ils reprirent le classique de Joy Division « Love will tear us appart »

Gong 

Gong se produira le 5 décembre 2014 à Sélestat en Alsace, aux Tanzmatten, avec le groupe post-jazz de Christian Vander Magma. Une légende, Gong. Ce groupe de rock psychédélique aux allures de communauté hippie a incarné à elle seule tous les excès de la période « baba cool ».

Pas non plus un hasard si cette formation formée par l’australien Daevid Allen en 1970 fera escale en Alsace. Tout au long de son histoire, elle accueillit de nombreux musiciens français, en particulier alsaciens. Comme Pierre Moerlen des Percussions de Strasbourg, la percussionniste Mireille Bauer ou l’organiste Patrice Lemoine.

Gong est le groupe de la génération des adeptes de rock planant prêts à passer la nuit dans un sac de couchage à écouter leurs longues nappes éthérées en fumant.

Un concert de Gong, avec cette mythologie délirante qui lui est propre faite de lutins, de nappes atmosphériques, de longues digressions instrumentales et de science fiction, ressemble un peu à une Bande Dessinée de Gotlib, période « Rhâââââ Lovely » plutôt que « Rubrique-à-brac ».

Après avoir formé Soft Machine avec Robert Wyatt, David Allen se frotte à l’avant-garde et au free-jazz à Paris. Avant de partir enregistrer dans un esprit communautaire, avec femmes et enfants, « Le Camembert électrique », premier album de Gong, dans une ferme près de Sens, dans l’Yonne.

Steve Hillage, qui travaillera plus tard avec Rachid Taha, apportera à Gong son caractère planant, notamment à travers ses échos de guitare.

Quand à Daevid Allen, après avoir erré aux Baléares, livré sa propre version du punk avec le groupe Here & Now en 1978, travaillé avec Bill Laswell à New York, être redevenu chauffeur de taxi, le revoici de retour sur scène à 75 ans.

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