Deux concerts évènements pour les dix ans de Hip-Hop Convict et son combat pour la culture dans les prisons 0 761

 

Deux concerts événement pour la cause de la culture en prison. Organisés dans le cadre de Hip-Hop Convict, initiative en cours depuis dix ans à travers l’association organisatrice Fu-Jo. Mettant sur pied des concerts de rap ainsi que d’autres actions culturelles dans des prisons. Aujourd’hui l’association fête cet anniversaire et les artistes viennent nombreux lui rendre hommage et soutenir le projet.

 

Deux concerts évènements de plus de trois heures de show sont donc prévus. D’abord dans le cadre classieux à Paris de la Salle Pleyel le mardi 20 février 2018 avec Nekfeu & S-Crew, Georgio, Dinos, Cut Killer, Phénomène Bizness, Luxe. Puis, un peu plus tard dans l’année, à Toulon le vendredi 4 mai, avec une programmation encore à affiner. Hip-Hop Convict a vu défiler du beau linge depuis dix ans, notamment au Bataclan en 2011 : Orelsan, Salif, Médine, qui s’est fortement impliqué ou encore, carrément, IAM.

 

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L’initiative n’est pas isolée, un label comme Born Bad l’a d’ailleurs imitée en faisant jouer ses artistes en prison. Le projet Hip-Hop Convict est en revanche le fruit d’un ressenti personnel authentique puisqu’il émane de Mouloud Mansouri qui monta le projet dès 2008 après avoir passé dix ans en prison pour trafic de stupéfiants.

 

L’initiative ne fut d’ailleurs pas cantonnée au rap puisque plus de 300 artistes de différents styles musicaux se produisirent en prison : M, Olivia Ruiz, Cali, Benabar, Diam’s, Grand Corps Malade, La Rumeur, JoeyStarr, Cut Killer, Sporano, Alonzo, Sexion d’Assaut, L.E.J, Nekfeu, Oxmo Puccino, Disiz, Niska, Georgio, Kaaris, Niro…

 

Mouloud Mansouri organisa sa première tournée des prisons dans sa région natale, le sud de la France. Il parvient à réunir les artistes de la scène rap du moment tels que Sat (de la Fonky Family), Tunisiano, Medine et Sefyu.

 

Progressivement, les projets en prison s’étendent à toute la France et l’association permet à un grand nombre de prisonniers de participer à une quantité d’évènements avec les plus grands artistes.

 

Même Kool Shen de NTM a fait un crochet par une maison d’arrêt, celle de Châteauvallon près de Toulon.

 

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Un cap supplémentaire fut franchi en 2014 avec la production de l’album Shtar Academy chez Because Music, qui a permis de faire connaître les actions de l’association aux médias et au grand public.

 

L’association Fu-Jo a obtenu le soutien de différents services pénitentiaires et collectivités, Hip-Hop Convict s’étendant également hors des établissements carcéraux avec des concerts permettant de financer leurs actions.

 

Car  Fu-Jo a aujourd’hui le soutien de différents services pénitentiaires. De collectivités, comme la mairie de Paris, la ville de Toulon et anciennement la région PACA (avant la nouvelle présidence de Renaud Muselier, dauphin de Jean-Claude Gaudin qui a remplacé Christian Estrosi), et surtout de nombreux artistes de tout horizon. Mais les subventions sont encore trop timides.

 

Hip-Hop Convict doit donc organiser des concerts de soutien en dehors des prisons et donc ouverts au public afin de lui permettre de financer ses actions.

 

Dans un environnement pénitentiaire structuré autour d’une véritable économie puisque les détenus peuvent travailler et faire tourner les carnets de commande des entreprises – à un taux horaire largement en dessous du seuil légal en cours à l’extérieur des murs, un peu similaire à certains soutiers du web par exemple. Une réalité souvent occultée dans la description des récentes grèves du personnel pénitentiaire.

 

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