Groundation : « on a besoin d’un miracle pour notre époque » (interview) Commentaires fermés sur Groundation : « on a besoin d’un miracle pour notre époque » (interview) 396

CL : Votre nouvel album « A Miracle » est dans les bacs depuis le 21 octobre 2014. A quoi le public doit-il s’attendre?

Harrison Stafford: Nous essayons de trouver de nouveaux espaces dans la musique. Donc cette fois nous  invitons l’auditeur à un voyage. L’album commence différemment des précédents opus. « A Miracle » débute avec l’histoire de l’homme et de la femme et traite de l’équité des genres. L’album est dédié aux femmes qui inspirent les hommes. Mais c’est aussi un hommage à la vie et à la création dans la musique. Je dirais aux gens de s’attendre à ce que nous faisons, c’est à dire essayer de créer un son unique à chaque fois, qui est différent des albums qui le précèdent. Comme toujours nous avons voulu livrer quelque chose de spécial et d’unique. Et je pense que nous livrons notre meilleur travail avec « A Miracle ».

CL: Tu parles d’égalité entre hommes et femmes, est-ce que « A Miracle » traite également du miracle de la vie comme le laisse entendre la pochette?

Harrison Stafford: Oui d’une certaine façon. Il y est question de beaucoup de miracles. Il y a effectivement le miracle de la vie amené par la femme, mais aussi le miracle de la musique, de la création. Il s’agit aussi des hommes. Même si dans ce Monde, on voit beaucoup d’hommes forts qui veulent tout dominer, ces grands hommes sont bien souvent inspirés par une femme. Les gens connaissent Nelson Mandela ou d’autres personnalités masculines mais beaucoup oublient que ces hommes sont souvent inspirés par les femmes. L’album traite de tout ça, aussi bien du miracle de la vie mais aussi la manifestation d’un nouveau miracle. Le temps change, les choses changent, on a besoin d’un miracle pour notre époque. La musique est faite pour nous inspirer un miracle.

CL : Et comment s’est passé le processus de création?

Harrison Stafford: Comme nous le faisons toujours, on s’est réuni, et puis on a répété et improvisé des morceaux. Marcus a écrit beaucoup de choses, moi aussi et notre bassiste également. Nous nous sommes retrouvés et avons accordé tout ce que nous avons fait avec à l’esprit l’envie de trouver ce que nous n’avions pas encore fait sur nos précédents opus. C’est venu naturellement.

Cl : En parlant de création, qu’est-ce qui vous inspire lorsque vous écrivez les paroles et qu’est ce qui vous a inspiré en particulier sur cet album?

Harrison Stafford: Sur celui-ci l’énergie féminine nous a permis de nous focaliser. Nous avons eu beaucoup de chanteuses sur l’album ce qui est nouveau pour nous. Nous avons a eu la chance de travailler avec  Judith Mowatt et Martha Griffiths  qui chantaient avec Bob Marley et ça nous a beaucoup inspiré. Plus personnellement je me suis marié il y a environ deux ans, j’ai une petite fille qui a 21 mois et un petit garçon qui a 9 semaines. Donc pour moi le miracle de la famille se déroule maintenant.

CL : Justement en parlant d’enfant, sur la pochette de l’album on voit une femme enceinte. Comment avez-vous créé ce design et pourquoi ce choix?

Harrison Stafford: Nous en avons parlé mais c’est le directeur artistique de Bob Marley, Neville Garrick et son fils Nesta qui s’en sont chargés. Ils ont écouté nos compositions et notre album. A partir de là et en parlant avec nous, ils ont designé cette belle pochette avec beaucoup de génie. Le premier jet qu’ils nous ont envoyé est très proche du résultat final. Ils ont vraiment très bien travaillé.

C’est la première fois que nous n’avons pas travaillé avec Giovanni Maki, un ami d’enfance qui avait fait tous les anciens albums. Du coup, nous ne savions pas ce que nous allions faire pour cet album. Nous étions en train de faire une tournée en Nouvelle-Zélande et nous avons rencontré le fils de Neville Garrick. Nous lui avons demandé si son père travaillait toujours et il nous a répondu que oui et qu’il était disponible à Los Angeles. Nous avions besoin de quelqu’un et il s’est avéré que c’était vraiment l’homme de la situation. Nous avons donc une belle équipe qui a fait partie de l’entourage de Bob Marley et c’est une première pour nous. On peut dire que nous avons profité de l’énergie de Bob Marley sur ce projet.

CL : L’album est-il un hommage à Bob Marley?

Harrison Stafford: Je pense qu’il s’est manifesté de lui même. Pour être sincère il y a peu de voix féminines dans le raggae. Nous avons voulu travailler avec nos aînés mais il n’y avait pas beaucoup d’artistes féminines issues de Jamaïque dans les années 70. L’une des pionnières est bien sure Martha Griffiths et il s’est avéré qu’elle était une fan de Groundation. Judith Mowatt m’a été présentée par un ami. Du coup je pense que l’influence de Bob Marley est venue naturellement lors du processus de création de l’album. Il n’a pas été écrit pour être un hommage à Bob Marley mais il s’est avéré qu’il était empreint de son influence.

CL: Groundation est également connu pour sa philosophie et le message d’égalité très fort que vous véhiculez. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Harrison Stafford: Bien sûr. Le nom Groundation en lui-même veut dire être humble. Nous voulons faire un groupe qui permet à tout le monde de briller et qui permet à chacun d’être la vedette. Ce n’est pas juste moi et mon groupe, c’est un tout. On applique la même philosophie avec les morceaux. Notre musique parle de détruire les barrières sociales, religieuses et culturelles. Nous voulons montrer au gens que notre allégeance et nos devoirs sont envers l’humanité entière. Nous voulons faire comprendre qu’une personne souffre à côté de vous ou à des milliers de kilomètres, elles font toutes les deux partie d’une même grande famille. Nous devons en faire plus pour avoir un avenir prospère et c’est de ça dont il est question avec Groundation.

CL : Parlons de la composition du groupe. Votre line-up a beaucoup changé au cours des années ce qui a du vous stimuler et vous permettre de vous renouveler sans cesse. Comment l’avez-vous vécu de l’intérieur ?

Harrison Stafford: Il s’agit de trouver la bonne personne au bon moment. Marcus, moi, Ryan et David avons été là depuis le début. C’est difficile d’être dans un groupe où il faut rester humble et partager le feu des projecteurs. Au delà-de ça, c’est difficile d’être en tournée et de ne pas être à la maison pendant des mois durant lesquels on ne voit pas sa famille. C’est à cause de ça que beaucoup de membres de la formation n’ont pas pu rester. La pression était trop forte. Nous devons évidemment trouver de bons musiciens. Mais des musiciens qui sont aussi faciles à vivre et qui comprennent l’équilibre d’une tournée. Qu’en penses-tu Marcus ?

Marcus Urani: Nous avons été ensemble pendant 16 ans donc nous ne parlons pas d’une courte durée mais d’une grand partie de notre vie en tant que musiciens. Tous ceux qui se sont intégrés au projet ont apporté quelque chose. Chacun a apporté son énergie et son expérience. C’est super. Et quand quelqu’un s’arrête pour différentes raisons c’est juste la vie. Nous sommes la fondation de Groundation et nous serons toujours là. Chaque nouveau membre apporte toujours sa fraîcheur et ça change les choses. J’aime cet aspect du projet. Bien sûr que la tournée n’est pas tous les jours facile mais c’est la vie. La musique reflète ce que nous vivons et c’est là toute la beauté de la chose. La musique est le lien qui nous unis.

CL : Justement comment vivez-vous les tournées ?

Harrison Stafford : Mange quand tu peux, dors quand tu peux.

Marcus Urani: Il faut essayer de prendre soin de soit-même. Ce qui compte finalement c’est l’heure et demie pendant laquelle nous sommes sur scène. Quoi qu’il arrive le reste de la journée, l’important est de se concentré sur le moment où nous nous produisons. Nous partageons beaucoup de choses avec le public vous savez, il nous offre tellement d’énergie. Que se soit pendant ou après le concert où nous rencontrons des gens de beaucoup de pays. On en apprend tellement sur ces pays que se soit leur culture, leur histoire, leur cuisine ou la politique, ça nous inspire énormément. Tout ça fait parti de la vie dans la musique.

Harrison Stafford: Il faut toujours rester positif pour soi et pour le show.

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