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Kraftwerk en 5 dates marquantes

Par Nicolas Mollé le 19/10/2015 - Dernière mise à jour : 18/02/2018

Kraftwerk en 5 dates marquantes

Kraftwerk s’apprête à revenir déjà à l’affiche pour présenter son show 3D en France. L’occasion d’examiner la seule carrière d’un groupe pop aussi incroyablement étalée dans le temps et influençant en même temps toute la production électronique contemporaine. Une autoroute de hits qu’on prend plaisir à réemprunter ici à travers cinq péages marquants.

Il faut battre le fer (ou la monnaie) tant qu’il est chaud. Profitant de l’actuelle vogue autour de ses mantras synthétiques et de sa pop conceptuelle révolutionnaire, Kraftwerk, le plus précurseur des groupes de Düsseldorf est déjà de retour sur scène. Pour une série de concerts 3D. Une tournée qui passera par le Nouveau Siècle à Lille le 7 novembre 2015. Puis par le Centre des Congrès de Nantes le 9 novembre 2015, le Sporting de Monaco le 11 novembre 2015, le Silo de Marseille le 12 novembre 2015 et le MC2 de Grenoble le 12 novembre 2015. Retour sur cinq dates marquantes de l’incroyable carrière de ces musiciens hiératiques à la précision mélodique horlogère redoutable. 

  • 1970 Soester Konzert

Lorsque Kraftwerk donne un concert à Soest à l’Est de Dortmund en 1970, année de sa fondation, il est encore un groupe d’avant-garde. Un trio s’inscrivant dans la tradition du rock progressif allemand. Ralf Hütter, Florian Schneider-Esleben et Klaud Dinger portent cheveux longs, blousons de cuir et dispensent des hululements électroniques saturés. C’est l’année de la parution du premier album du groupe portant leur nom. Un disque, qui, avec le suivant « Kraftwerk 2 » et son successeur « Ralf & Florian », est considéré comme la période archéologique du groupe (d’ailleurs jamais rééditée et donc uniquement documentée en vinyle).   

Dans une Allemagne où la jeunesse estudiantine, pour qui la dénazification bâclée est décidément difficile à avaler, est l’une des plus contestataires. Ce concert, qui n’est disponible en ligne sur YouTube que depuis une époque récente, restitue parfaitement l’atmosphère de l’époque.   

  • 1976 Radioactivity

Six ans plus tard, Kraftwerk enregistre un hit mondial avec « Radio-Activity » (en Allemagne l’album « Radio-Aktivität » était sorti fin 1975). Un tube à la mélancolie inquiétante. Il survient en même temps que les premiers doutes du « camp occidental » concernant le tout nucléaire. C’est ce thème incisif et sa mélancolie qui permettent à Kraftwerk d’atteindre pour la première fois de leur carrière un tel degré d’universalité. Utilisé comme générique d’une émission de variétés sur Europe 1 en France, le 45 tours « Radioactivity » se vendra à un million d’exemplaires.

Signalons néanmoins qu’en Allemagne, pays parmi les plus véhéments en matière de rejet du nucléaire, l’album du même nom reçut un accueil mitigé. Certains pans du public l’interprétant probablement comme une position pro-nucléaire.  

  • 1978 The Model

« The Model », réenregistré en français en 45 tours sous le titre « Les Mannequins » est le premier véritable hit de boîte de nuit de Kraftwerk. Mais que ce titre ait une dimension éminemment dansante ne l’empêchera pas d’être repris par un autre groupe profondément précurseur, le Big Black de Steve Albini. Dans un tout autre genre noisy rock.   

En France, l’album dont il est tiré, « The Man Machine », est lancé au cours d’une soirée au sommet de la Tour Montparnasse. Le groupe n’offre alors en pâture aux journalistes (au grand dam de ces derniers) que quatre répliques de ses membres habillées comme sur la pochette. 

  • 1986 Electric Café

Alors que ses trouvailles mélodiques, techniques et musicales ont été largement digérées par une large frange de musiciens électroniques, notamment du côté de Detroit avec les premiers essais de la techno, Kraftwerk choisit d’admettre consciemment avec l’album « Electric Café » son rôle de pionnier. Cet album, qui incarne la quintessence de la techno pop, est aussi finalement le dernier véritable disque en date du groupe. Le dernier moment où la formation fait l’effort d’écrire et de composer de nouvelles chansons dignes de ce nom, si l’on excepte « Expo 2000 » en 1990 ou le projet bâtard « Tour de France Soundtracks » en 2003.

De quoi mesurer à quel point les musiciens allemands ont du mal à transcender eux même leur mythe. En une espèce d’angoisse de la page blanche (ou plutôt de l’écran noir) qui remonte à déjà presque trente ans.   

  • 2015 Retrouvailles à Detroit avec les pionniers de la techno

La boucle est bouclée. Le 8 octobre 2015, 10 ans après leur premier concert dans cette ville, Kraftwerk était de retour pour une date à Detroit, comme le raconte le magazine passionné de techno Tsugi. Dans la salle, trois « godfathers », trois pionniers noirs-américains du son techno Derrick May, Juan Atkins et Kevin Saunderson ne perdent pas une miette du show. Plus difficile à imaginer en France, où Laurent Garnier est certes encore debout. Mais où d’autres artistes pop influencé par Kraftwerk comme Jacno et Daniel Darc de Taxi Girl sont définitivement sortis de scène. 

Lors de la soirée au Musée d’Art Contemporain de la ville qui suivit le concert à Detroit, le public eut même une divine surprise. Celle de voir les membres de Kraftwerk hocher la tête sur les tempos savamment mixés par Juan Atkins. Faute de proposer de nouvelles chansons, les Kraftwerk savourent leur retraite créatrice de la manière la plus logique qui soit : sur un dancefloor, au son de ce qu’ils ont enfanté. 

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