Inscriptions ouvertes pour les inouïs du Printemps de Bourges Crédit Mutuel 2019 0 481

Du 18 octobre au 12 novembre 2018, tentez votre chance et vous ferez peut être partie de la sélection 2019 des iNOUïS du Printemps de Bourges Crédit Mutuel !

Les candidatures sont à déposer sur le site de Riffx.fr

Retrouvez notre dossier sur les tremplins de musique pour booster votre carrière.

Previous ArticleNext Article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

La standardisation des villes menace la création et les lieux de concerts Commentaires fermés sur La standardisation des villes menace la création et les lieux de concerts 676

Alors que la scène rock, notamment au sein de la capitale, fourmille, les pouvoirs publics distribuent les fermetures administratives pour les petits lieux de diffusion alternatifs. Mais gérer la gentrification ne se limite pas à une réglementation sur le bruit drastique et sans concertation. Les grandes villes comme Paris ou Nantes multiplient les initiatives pour tenter de s’adapter aux mutations urbaines, entre standardisation mondialisée et poches de résistance citadines où s’élabore aussi la création musicale de demain.

« Dans la rue, y’a plus que des matons, tous les apaches sont en prison, tout est si calme, ça sent le pourri, Paris va crever d’ennui « , chantait La Mano Negra en 1991. On était alors à la fin de l’ère Chirac à la mairie de Paris. Près de 30 ans plus tard, le tableau a-t-il réellement changé ? L’achèvement de la gentrification de Paris ou celle, en cours, de Nantes, n’est-t-il pas en train de chasser le rock saturé et la bière tiède au profit de la house au kilomètre et des sushis décongelés ?

La jeune scène rock connaît pourtant un incroyable regain ces temps-ci. Dans un registre punk/garage/post punk ou rock’n’roll orthodoxe, les noms se bousculent sur la ligne de départ : Howlin’Jaws, Belleville Cats, Os Noctàmbulos, les Daltons, Dharma Jerks, Rat Pack, Shupa, Chrome Reverse, Brain Eaters. « Ils jouent dans de petits lieux pour moins de 8 euros, souvent 5 euros et parfois même « au chapeau » (NDLR : sans tarif fixé, sur don). On les retrouve, à Paris et beaucoup à Montreuil, dans des lieux comme le Supersonic, l’Olympic Café, l’Alimentation Générale, le Black Star, le Relais de Belleville, le Zorba, le Bar de la Poste », explique Eric Tandy, parolier des Olivensteins, auteur du cinglant et sarcastique « Fier de ne rien faire« , journaliste, commissaire d’exposition et conférencier spécialiste du rock. « Les Lullies qui viennent de province, sont pour moi le meilleur groupe de rock du moment et pas seulement en France ! » Un vivier particulièrement dynamique qui survient paradoxalement au moment d’un tour de vis des pouvoirs publics que certains ne sont pas loin de comparer aux années Giuliani à New York.

Fermetures administratives à répétition, plaintes pour tapage nocturne, durcissement de la réglementation sur le son…la vie des bars diffusant de la musique « live » et même des salles de spectacle n’est donc pas de tout repos au sein de la capitale. Des lieux comme La Machine du Moulin Rouge, des cafés-concerts comme la Mécanique ondulatoire, l’Espace B, le Pop In, la Féline, l’Udo ont, parfois provisoirement, parfois définitivement, dû baisser le rideau. Sans parler des discothèques l’Élysée-Orient et Les Nuits Fauves. Une hausse significative des fermetures administratives, avec un accroissement de 17,15 % des établissements clos entre 2017 et 2018 qui a même amené le préfet de police de Paris à se justifier.

Problèmes de drogues, de rentabilité économique, de voisinage, les raisons de ces coups d’arrêt sont multiples. L’activité de ces lieux de diffusion de musique amplifiée pose surtout, au delà des limites légales avec lesquelles ils ont parfois du mal à totalement cadrer, la question de leur non conformité avec les normes sociales. Pour une Cantada, baroque, gothique et ouverte aux esthétiques « underground » dans le quartier Oberkampf, combien de Starbucks Coffee interchangeables et kafkaïens ?

Les lieux où sont organisés des concerts rock détonnent. Hirsutes, bruyants, turbulents, atypiques, ils apportent un peu de passion dans leurs quartiers d’adoption. Mais débordent aussi fréquemment. Le nouveau décret sur le son n’a paradoxalement pas apaisé le climat. Applicable depuis octobre 2018, ce texte de loi n° 2017-1244 du 7 août 2017 a même ravivé les tensions.

Les professionnels du Prodiss, le syndicat national du spectacle musical et de variété, reprochent à l’Etat de ne pas avoir écouté son « avis sur le plan artistique, technique, la pertinence des mesures et sur l’impact économique. Les professionnels via AGI-SON, consultés lors de l’écriture du décret, avaient souligné les points qui ne pouvaient pas être compatibles, techniquement, avec la physique du son ou les esthétiques et pratiques artistiques. » Les professionnels demandent en conséquence aux ministères une révision du décret. « Ni réaliste, ni optimal, ce décret aura des conséquences lourdes sur le spectacle et la filière toute entière (artistes, producteurs, diffuseurs, salles, festivals, équipes techniques) comme pour les spectateurs », ajoute le Prodiss, qui s’est lancé dans une campagne active intitulée « OK pour un décret son qui ne met pas la scène KO« .

Le Prodiss regroupe près de 350 entrepreneurs de spectacles et des salles comme le Bataclan, le Café de la Danse à Paris, le Galaxie à Amnéville ou la Halle Tony-Garnier à Lyon. Car la problématique est loin d’être exclusivement parisienne, même si le phénomène de la gentrification de l’Est de la capitale est l’un des plus spectaculaires. À Nantes aussi, un lieu alternatif associatif comme La Dérive, dans l’Est de la ville, qui organise de telluriques concerts punk rock mais est mal insonorisé, reçoit de fréquentes visites d’employés de la Maison de la tranquillité publique. « Cette problématique reste importante pour nous même si nos 140 adhérents l’ont dépassée par rapport aux années 1995-2000 », explique-t-on à la Fedelima, fédération des lieux de musiques actuelles basée à Nantes. « Depuis 5 ans, aucun de nos adhérents n’a subi de fermeture administrative, ils sont suffisamment structurés pour organiser au mieux leur isolation phonique. » Adhérent de la Fedelima, une salle comme Stereolux a succédé à l’Olympic, quittant le quartier Chantenay, pris d’assaut par les hipsters, pour l’île de Nantes, où la pression démographique commence elle aussi néanmoins à se faire sentir.

Pour canaliser et désamorcer les problèmes de bruit, de voisinage voire de délinquance, les professionnels et les pouvoirs publics redoublent d’efforts. Pour limiter le phénomène des squats, avec son lot d’incertitudes sanitaires et sécuritaires, le pouvoir municipal PS à Nantes finance même des travaux et collabore avec certains collectifs d’artistes. Outre l’association AGI-SON a aussi été créée la plate-forme de la vie nocturne. Un espace informel sans réelle existence juridique mais qui a le mérite de rassembler dirigeants de salles de concerts, mairies et gérants de cafés-concerts membres du collectif Culture Bar-Bars, les plus impactés par les remous urbains de par leur localisation, de plain pied sur les pavés. C’est souvent au sein du laboratoire Bar-Bars que s’entrechoquent les éprouvettes qui généreront in vitro les stars de demain. Et la création musicale, fragilisée côté production par le passage au numérique, ne peut décemment se passer de cette étape.

Comment faire connaître mon groupe de musique? Commentaires fermés sur Comment faire connaître mon groupe de musique? 684

Vous avez un projet une sortie d’album, un clip, un EP, des concerts… en vue. Vous voulez vous faire connaître des professionnels, des programmateurs et des festivals?

Voici mes conseils pour débuter dans la communication (vous verrez, le plus dur c’est de se lancer!)

Les influenceurs et autres décideurs ont plus de chance de parler de vous s’ils voient votre projet circuler, avec une actualité régulière.

Faites parler de vous, occupez le terrain, devenez omniprésent.-Les réseaux sociaux. C’est la base. Postez vos infos, partagez les contenus (même ceux des autres), animez votre communauté. Facebook, Instagram, Youtube sont vos meilleurs amis (n’en déplaisent aux anti GAFA).-Créez des fichiers de « fans » : le bouche à oreille c’est le média le plus puissant qui soit (Facebook n’en n’ai qu’une expression numérique).


Contactez directement les producteurs et les programmateurs… créez des fichiers au fur et à mesure de vos contacts. Ne baissez pas les bras mais ne soyez pas « trop insistant » non plus, hein…


Ce serait contre productif. Faites-vous désirer :montrez qu’on parle de vous.
Faites des partenariats avec des médias, des blogs, des sites, des radios ou webradios. Les influenceurs/médias seront curieux de vous connaître

Diffusez vos actualités sur internet par le guest blogging : publiez vos communiqués et vos annonces sur des sites dédiés aux agendas ou aux actualités musicales, avec une audience et une notoriété.

Cela vous permet de parler de toutes vos actualités: clip, annonces, nouveautés… Vous pourrez aussi utiliser le contenu pour le diffuser sur les réseaux sociaux.

Prêts à faire décoller votre groupe? Annoncez-vos concerts et publiez vos communiqués sur Concertlive.fr

Un nouveau front de contestation s’ouvre pour le gouvernement avec les intermittents du spectacle Commentaires fermés sur Un nouveau front de contestation s’ouvre pour le gouvernement avec les intermittents du spectacle 1661

De nouvelles journées de grèves, trois en tout, s’annoncent pour les intermittents du spectacle. Ainsi en a décidé le principal syndicat du secteur, la Fédération Nationale des Syndicats du Spectacle, du Cinéma, de l’Audiovisuel et de l’Action Culturelle CGT. L’idée est d’accompagner les prochaines dates clefs liées aux discussions autour des fameuses annexes 8 et 10. Difficile de résister à l’idée d’une convergence avec le bouillonnant mouvement des gilets jaunes.

Les intermittents du spectacle repartent à leur tour pour une nouvelle saison, un conflit social aux allures de feuilleton. On peut le découvrir sur la page Facebook de la Fédération Nationale des Syndicats du Spectacle, du Cinéma, de l’Audiovisuel et de l’Action Culturelle CGT. Trois préavis de grève de 24 heures viennent en effet d’être déposés pour les 17, 21 et 22 janvier prochains. Et ce à l’initiative, donc, de la Fédération CGT Spectacle et de ses syndicats, qui participa à la création du festival de Cannes en 1947 et compta dans ses rangs Gérard Philippe ou Jean Cocteau.

Une Fédération CGT Spectacle qui appelle aujourd’hui les artistes, techniciennes et techniciens, personnels administratifs et d’accueil à se mobiliser pour défendre les annexes 8 et 10, spécifiques au régime de l’intermittence. Et plus généralement, afin de préserver un système d’assurance chômage « reposant sur la solidarité interprofessionnelle ».

C’est au nom de cette « solidarité interprofessionnelle », pour affirmer son indéfectible communauté de destin avec les salariés du privé au sens large, le public des spectacles, que les intermittents se mobilisent. Le gouvernement a en effet imposé une lettre de cadrage pour la négociation de la convention générale d’assurance chômage. Cette lettre demande aux partenaires sociaux interprofessionnels (syndicats de salariés et patronaux) de réaliser 3,9 milliards d’économies sur 3 ans.

La CGT Spectacle affirme que le patronat (Medef, CPME et U2P) « comptent bien faire peser ces économies uniquement sur le dos des chômeurs ». Le syndicat ne s’estime pas rassuré par les annonces réconfortantes du nouveau ministre de la Culture Franck Riester concernant l’intermittence.

S’inquiétant d’une autre lettre de cadrage où le syndicat de salariés décèle des « économies de l’ordre de 200 millions d’euros d’ici 2020, soit 4 fois plus que celles consenties en 2016 » demandées au secteur du spectacle vivant. Une lettre de cadrage qui aurait été signée par le patronat et les confédérations CFDT, CFTC, CFE-CGC.

Or il se trouve que la CGT Spectacle est le syndicat de salariés majoritaire dans les TPE (Très Petites Entreprises) du spectacle vivant. Contrairement au secteur privé en général où la CFDT et ses adhérents guidés par le pâtre Laurent Berger, sociologiquement et électoralement plus proches du gouvernement actuel, ont récemment ravi la première place.

Mais l’univers des intermittents du spectacle reste à part. Ce régime spécifique semble avoir toujours été la bête noire du patronat, qui en a fait depuis bien longtemps un bouc émissaire idéal, à qui il est cette fois demandé de participer à « l’effort de guerre« . Les négociations patinent depuis des mois.

Toujours intéressant à ce titre de suivre la couverture de la problématique de ce régime sur les chaînes publiques de télévision française. Dans la mesure où les deux tiers des salariés de l’audiovisuel, privé mais aussi public, sont des intermittents. On veut bien croire qu’il s’agit là d’un hommage à l’essai contestataire de référence « La société du spectacle » de Guy Debord. Mais la réalité est surtout probablement que, sans les petites mains intermittentes, les stars surpayées de la télévision ne pourraient pas interviewer, trop souvent complaisamment, le personnel politique français. Même si une telle évidence est fréquemment occultée par des polémiques patronales sur le caractère trop « élitiste » de la culture et sa prétendue non adaptation au marché.

On s’était habitué ces dernières années à des conflits sociaux à l’agenda immuable, avec des cortèges syndicaux disciplinés qui se mettaient en branle au printemps, effectuaient trois petits tours de piste sans infléchir réellement la volonté gouvernementale. Le phénomène gilets jaunes a changé la donne. Avec son côté « stop ou encore », ses manifs totalement imprévisibles, non déclarées, planifiées le samedi et donc avec un potentiel de mobilisation infini, il semble avoir inspiré les intermittents. Qui vont s’agréger à des acteurs aussi dissemblables que le parti politique Lutte Ouvrière, les syndicats de salariés comme parfois la CGT et Solidaires, soutenant désormais plus ou moins officiellement le mouvement social en cours.

On avait d’ailleurs repéré, au sein d’un mouvement gilets jaunes relativement porté sur l’émeute, l’affrontement et le rapport de force, plusieurs initiatives pacifiques, conceptuelles et d’inspiration artistique imputables aux intermittents.

Aujourd’hui, la CGT Spectacle appelle donc ses salariés (artistes, techniciens, personnels administratifs et d’accueil) à organiser des AG et des tractages sur « les lieux de travail, à travailler à des adresses au public et à participer aux différentes actions menées pour refuser cette marche forcée vers une précarité encore plus grande ».

L’idée est d’accompagner et d’affirmer leur présence lors des deux grands rendez-vous de négociation qui s’annoncent entre le gouvernement, le patronat et les syndicats représentatifs. D’abord la négociation des annexes 8 et 10 à proprement parler les 17 et 21 janvier 2019. Puis la remise de l’accord constitué aux négociateurs interprofessionnels le 22 janvier. En fonction des compromis arrachés et du rapport de force, de nouveaux préavis pourraient très bien être déposés.

Or certaines grèves d’intermittents ont fait du grabuge ces dernières années. En 2003, l’incontournable Avignon avait été carrément rayé de la carte. Tandis qu’en 2014 plusieurs concerts d’importance avaient été annulés aux Nuits de Fourvière.

Pourtant le monde du spectacle reste fragile depuis les psychoses liées aux attentats. Et si les effets du chaos organique provoqué depuis des semaines par le mouvement des gilets jaunes sont encore difficiles à quantifier (certains gilets jaunes profitant probablement de leur passage à Paris pour consommer du spectacle), des annulations pures et simples sont toujours un manque à gagner très difficile à surmonter.

LE PRIX CHORUS 2019 : Les inscriptions sont prolongées jusqu’au 5 novembre 2018 0 410

LE PRIX CHORUS 2019 : Les inscriptions sont prolongées jusqu’au 5 novembre 2018

Pour la 9e année, le Département des Hauts-de-Seine a ouvert les inscriptions du Prix Chorus, à tous les groupes et artistes de musiques actuelles résidant en France.

Le Prix Chorus est un dispositif de repérage des nouveaux talents des musiques actuelles à rayonnement national qui récompense un groupe ou un artiste et le soutient dans le développement de sa carrière en lui offrant un prix en aide professionnelle d’un montant de 10 000 euros. Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 5 novembre 2018.

COTTON CLAW, PALATINE et THE PSYCHOTIC MONKS (en photo – ©CD92) ont remporté respectivement le Prix Chorus en 2015, 2016 et 2018.

Les sélections ont notamment permis, entre 2010 et 2015 de découvrir des artistes comme : Christine And The Queens, Feu ! Chatterton, Hyphen Hyphen, Concrete Knives, Elephanz, Chill Bump, Jabberwocky Clément Bazin ou encore Inüit.

Les modalités de participation

Les groupes ou artistes candidats doivent présenter un répertoire de compositions originales, dont la durée d’interprétation sur scène est d’au moins 30 minutes.

Sont exclus les groupes ou artistes étant engagés contractuellement avec une major (contrat d’artiste-interprète).

L’âge des candidats est compris entre 13 et 35 ans (pour au moins la moitié des membres s’il s’agit d’un groupe). Les mineurs non émancipés doivent être munis d’une autorisation parentale pour présenter leur candidature.

Les auteurs-compositeurs au sein des groupes candidats, doivent être inscrits, ou en cours d’inscription à la Sacem.

Le monde des concerts cherche de l’air face à la pression sécuritaire 0 732

Les concerts de Médine devaient se tenir au Bataclan cette semaine, les 19 et 20 octobre 2018. Une polémique alimentée par la droite ou certains au PS et des menaces en provenance de l’ultra-droite et du ministère de l’Intérieur plus tard, les voici annulés. « Tout ce qui peut amener un trouble à l’ordre public peut dans les limites de la loi pouvoir trouver une interdiction, nous verrons d’ici le mois d’octobre« , clamait, quelques mois avant d’annoncer son départ du gouvernement, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb. Beaucoup de bruit pour rien ?

Bien sûr, le rappeur Médine gagne au change puisqu’en remplacement, c’est désormais un Zénith qui s’offre à lui l’an prochain, le 9 février 2019. Sachant que la capacité du Zénith de Paris est de plus de 6.000 places quand la jauge du Bataclan n’est que de 1.700 personnes.

On peut dès lors considérer que les pulsions les plus droitières de la société ont offert une campagne de publicité gratuite pour ses concerts et une incroyable caisse de résonance au rappeur du Havre, qui se serait pourtant bien passé de menaces de mort.

Mais à force de ne pas réellement s’intéresser au rap sur le fond, de ne pas faire l’effort d’étudier les textes de ses artistes, de se limiter aux qu’en-dira-t-on colportés par la fachosphère, les autorités ont pris le risque de créer un précédent fâcheux en matière de liberté d’expression. La liberté de programmer et d’entreprendre est elle aussi remise en cause au passage puisque la direction du Bataclan, sur la foi du fameux titre éponyme de Médine, portait et assumait la responsabilité d’accueillir un tel artiste en son sein meurtri par les attentats.

Quand à l’extrême-droite, radicalisée depuis que le RN est désorganisé et mis sous pression judiciaire, elle se fait ni plus ni moins l’auxiliaire de l’Etat Islamique, qui avait lui aussi fait de Médine sa cible. Résultat ? Une large partie de la société française est en panne de discernement, complètement dans le brouillard. Elle godille poussivement derrière l’extrême-droite et stigmatise un rappeur parmi les plus progressistes musicalement et philosophiquement (la femme de Médine n’est même pas voilée). Tout en sacrifiant sa capacité de réflexion et de pondération sur l’autel des valeurs sécuritaires.

L’épisode Médine pourrait n’être qu’une anecdote, un incident vite digéré dans le flux de l’actualité s’il ne s’accompagnait d’une tendance de fond à « bleuir » le paysage sans réelle réflexion stratégique ni analyse sensible du terrain. L’économie des festivals s’en ressent. C’était déjà le cas avant même les attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan.

Aujourd’hui, des évènements aussi importants en termes de fréquentation que le festival Couvre-Feu (26.000 personnes sur trois jours en 2017) près de Nantes baissent le rideau. L’an dernier, près de 500 personnes avaient raté la prestation enfumée de la tête d’affiche Cypress Hill, freinées par les contrôles de gendarmerie. De quoi doucher cette année les ardeurs des spectateurs avides d’assister au concert de Suprême NTM. Déjà confronté au « désistement progressif » de sa communauté de communes, le festival n’a en tout cas pas atteint son point d’équilibre en 2018. Fragilisé par plusieurs errements et péripéties au fil des ans, il a dû jeter l’éponge.

Topo similaire pour Microclimax cette fois avant même d’avoir eu l’occasion de se lancer. Dans le cadre enchanteur de l’île de Groix dans le Morbihan en Bretagne, déjà connue pour son festival de cinéma, la manifestation promettait un focus sur de passionnantes découvertes en provenance de la scène electro/rock indé : Nina Harker, Deux boules vanille, Usé, Rouge Gorge, Françoise Pagan, Nursery, La Honte, Avenir, Versolo. Deux soirées réparties sur trois jours les 6, 7 et 8 juillet 2018 avec douze concerts mais aussi une « zinothèque » sur triporteur, un atelier mobile de sérigraphie et la participation de deux plasticiens.

Le rendez-vous a-t-il-été jugé comme un dangereux point de convergence pour zadistes ? Toujours est-il que la mairie a fini par en refuser l’idée, l’association organisatrice Pull Friction ne pouvant de toute façon supporter le coût de 19.800 euros qu’une demande jugée « excessive » de gendarmes aurait généré. Une facture à elle seule plus importante que le budget même de l’évènement (18.000 euros selon Véronique Lapoudge, coordinatrice générale du festival). « C’était un petit projet, avec une jauge de moins de 500 personnes, nous n’avions même pas d’obligation légale de présenter un dossier de sécurité« , explique Véronique Lapoudge, qui estime que la municipalité ne voulait pas du projet et que, partant de là, tout a été fait pour gonfler la note sécuritaire. « Lorsque j’ai demandé au téléphone au groupement départemental de gendarmerie sur quel évènement analogue il se basaient pour mettre en place un dispositif d’un gendarme pour dix festivaliers, on m’a répondu que l’évaluation n’était pas contestable, que la gendarmerie n’avait pas à se justifier« .

Malgré des contre-propositions, notamment l’embauche d’agents de sécurité pour surveiller le port ou la réduction de la jauge à 250 personnes, le diagnostic des pouvoirs publics ne change pas d’un iota. Le festival n’ayant pas réussi à trouver en catastrophe 17 jours avant sa tenue un autre point d’ancrage à Belle-île, autre île du Morbihan, il est purement et simplement annulé.

Même un des festivals français les plus importants de France comme Les Eurockéennes de Belfort n’arrive plus à supporter les frais engendrés par les forces de l’ordre, qui, rappelons-le, sont facturés aux organisateurs des festivals en plus des impôts directs et indirects comme la TVA. Un état de fait renforcé depuis la circulaire du ministère de l’intérieur du 15 mai 2018. Qui aboutit selon Jack Lang à « une augmentation de 800% des frais de sécurité » pour les Eurockéennes de Belfort, passant de 30 000 à 254 000 euros. Une situation insoutenable pour n’importe quelle entreprise. D’ailleurs, les Eurockéennes ont carrément refusé de payer.

Si l’industrie de l’armement, avec ses zones opaques et ses dommages collatéraux que sont les attentats sur le sol français, a toujours été un fleuron chouchouté par la République, la culture est aussi un joyau national. Le monde politique est-il prêt à le mettre gravement en péril alors que les revenus générés par la musique enregistrée ont été réduits à peau de chagrin ?

X
X