Nuits Secrètes, un savoir vivre musical Ch’ti (Interview) Commentaires fermés sur Nuits Secrètes, un savoir vivre musical Ch’ti (Interview) 342

Comment sont nées les Nuits Secrètes d’Aulnoye Aymerie ?
En 2012 nous fêtons la 11e année des Nuits Secrètes. La particularité de ce festival, qui se situe à Aulnoye Aymeries dans le Nord, c’est qu’il se passe en centre ville, dans une toute petite ville du Nord de la France.

Il est évident que le faire un festival dans le Nord, au mois d’août dans une ville de 10 000 habitants, n’était un pari facile à gagner. Mais cela fonctionne très bien depuis la première année, car nous avons un contenu qui se démarque de ce qui existe déjà un peu partout ailleurs en France.

Quelle est cette approche si particulière ?

C’est un festival où tout se passe la nuit, et on vit à l’envers, du goûter au petit déjeuner. Le festival débute à 16h et se termine à 7 heures du matin avec des propositions artistiques sur le site. Nous avons ensuite installé une poésie autour du secret, et nous réinventons la géographie de la ville.

Pourquoi Aulnoye?

Je suis originaire d’Aulnoye Aymeries, je suis un enfant du pays. C’est un des raisons qui font que nous nous sommes développés ici. J’ai souhaité, avec la mairie, faire la mise en scène de  la ville où j’ai vécu. C’et une ville cheminote, avec un grand centre SCNF. C’est aussi une citée métallurgique avec une entreprise qui continue à exercer dans la région (Vallourec). La ville dispose aussi d’un gros projet d’aménagement  qui va permettre la transition d’une ville industrielle à une ville qui s’inscrit dans la modernité.

C’est un bassin minier qui souffre, mais c’est dans ce genre d’espace que des projets originaux comme les Nuits Secrètes sont possibles avec des aventures humaines incroyables, autour de gens passionnés.

Quelle est la philosophie du festival ?

Les gens ne sont pas sûrs de tomber sur les artistes, qui se trouvent un peut partout. Il y a une grande part d’imprévu sur place. Pour comprendre, il faut venir au festival : les Nuits Secrètes, c’est bien plus qu’un festival où on incite à la consommation. C’est davantage un moment de partage. Autre particularité du festival, nous proposons de la musique mais aussi du théâtre de rue. 

L’esthétique musicale est intéressante, ave des légendes telles, mais aussi des figures importantes de la musique aujourd’hui. Nous avons programmé toutefois deux groupes qui tournent beaucoup en ce moment : Zebda et Orelsan, mais pour des raisons très particulières et artistiques.
Zebda en l’occurrence est un groupe intéressant par rapport à son engagement associatif et politique, par rapport à la ville d’Aulnoye Aymeries , qui a un fort historique associatif. Pour Zedba ce qui m’intéressait au départ c’était qu’ils sont représentatif d’un temps de l’histoire de France. Aulnoy est une ville communiste, avec un gros tissus associatif et sportif. Orelsan de son côté a une démarche originale dans le hip hop, qui renouvelle le genre. IL y a quelques années nous avions programmés Camille qui renouvelait le genre de la chanson française . A sa manière, Orelsan est dans la même démarche, même si le registre n’est pas le même. Si un titre comme « La Terre est ronde » il y a deux lectures : une simplette et une plus profonde.

Vous adoptez aussi une logique tarifaire originale, entre gratuit et payant…

Nous avons pris le parti dès le départ de proposer les concerts de la grande scène en gratuit et les concerts découverte en payant.  Et cela fonctionne ! La grande scène accueille jusqu’au 12.000 personnes et le Jardin 3.500 personnes. Le jardin est déjà complet avec Camille, mais le public est très intéressé par les Parcours secrets, les jardins, la grande scène. En fait, ce ne sont pas les mêmes types de personnes qui vont sur ces concerts. Chacun trouve son compte et fait son propre parcours au sein  du festival.

En quoi consiste le parcours secret ?

Le parcours secret consiste à prendre un billet de bus, et celui-ci vous emmène à un endroit inconnu pour découvrir un concert d’un artiste au hasard : vous ne savez pas qui vous allez écouter. Les gens adorent. C’est un peu comparable au train fantôme et le côté existant de la surprise… sauf que dans notre cas c’est agréable et pas effrayant !
Quelles sont les innovations cette année ?

Nous avons mis en place un rendez-vous à la piscine. Il s’agit  de donner des concerts en même temps que les gens se baignent.  Nous avons mis en place un studio d’enregistrement pour des secrètes sessions, où les artistes jouent le jeu de produire un titre exclusif issu d’une rencontre musicale sur le festival. Camille va ainsi produire un morceau, une création, lors de ces sessions.

Côté fréquentation, qu’espérez-vous ?

Nous ne sommes pas obnubilés par les chiffres, vers sur le festival on devrait atteindre 50 000 visiteurs au total. L’important c’est surtout la qualité de l’accueil, pour que ce festival soit une fête pour tout le de monde, sans que l’on sente la quantité de travail et d’effort qu’il faut fournir pour en arriver là.  Le fait qu’on soit dans une ville, et pas au milieu des champs, conditionne beaucoup la jauge, mais influence aussi le public. Nous ne sommes pas dans une configuration de « festivalier  classique », mais davantage dans un état d’esprit familial, de découverte, de sérénité et de partage.

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