10 concerts, tournées et festivals qui ont marqué l’Histoire 0 1014

 

  • The Beatles Rooftop Concert (1969)

 

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L’album « blanc » des Beatles fête ces jours-ci ses cinquante ans. Un classique absolu. Côté performance scénique, le concert « Rooftop » de la formation est aussi à sa façon incontournable. Connu pour son interprétation vibrante de « Get back« , ce concert survient en janvier 1969 alors que le groupe a décidé de ne plus monter sur scène depuis trois ans. La « Beatlemania » battant son plein, chacune de leurs apparitions générant de véritables crises d’hystérie et des mouvements de foule houleux.

Frustrés de ne plus pouvoir s’exprimer en « live », le groupe décide de profiter d’une session dans ses studios Apple, installés en sous-sol l’année précédente, pour se hisser sur le toit du bâtiment et s’y produire au grand air. Dans ce quartier, au 3, Savile Row à Londres, nombreux sont les badauds qui découvrent ébahis sur leur pause de midi les notes de musique d’un des groupes les plus populaires de l’époque envahissant l’espace urbain. Avant que la police ne les somme d’arrêter, le groupe aura le temps de jouer une quarantaine de minutes.

Il s’agira de la dernière apparition en public des Beatles au grand complet, qui se sépareront l’année suivante.

 

  • The Rolling Stones à Hyde Park en 1969

 

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Tandis que le live « Voodoo Lounge » ressort actuellement dans une version intégrale, il convient d’avoir en tête un autre jalon parmi les innombrables performances des Rolling Stones ayant compté. Rarement un concert gratuit en plein air aura autant marqué son époque que celui d’Hyde Park en 1969. Le 5 juillet 1969.

Devant près de 500.000 personnes (presqu’autant qu’à Woodstock), Mick Jagger lit un poème de Percy Shelley à la mémoire du multi instrumentiste Brian Jones, mort tout juste deux jours auparavant. C’est lors de ce concert que son remplaçant Mick Taylor fait sa première apparition. S’y bousculeront des classiques tels que « I can’t get no (satisfaction)« , « Honky Tonk Women » ou « Sympathy for the devil« .

 

  • Le festival Woodstock en 1969

 

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On a beaucoup écrit et glosé sur Woodstock, qui fêtera l’été prochain ses cinquante ans. Oubliant qu’au delà des performances emblématiques de Jimi Hendrix, de Joe Cocker, de Santana ou de Janis Joplin, ces trois jours de bonheur et de communion pour la génération freaks du 15 au 17 août 1969 signèrent surtout le coup d’envoi de la récupération mercantile d’une certaine contre-culture.

S’il y a un avant et un après Woodstock, tour de force financier et incroyable démonstration de convergence des masses, c’est surtout parce que tous ceux qui y survécurent et parvinrent à redescendre occupèrent par la suite des postes clefs dans le monde d’après, celui des années Reagan et du néolibéralisme le plus décomplexé.

 

  • AC/DC au Pavillon de Paris en 1979

 

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Alors qu’un groupe « tribute to » est actuellement en tournée française, il convient de se rappeler comment la légende AC/DC a commencé. Notamment par un concert immortalisé sur le DVD « Let there be rock« . Une prestation qui se tint le 9 décembre 1979 au Pavillon de Paris, une salle aujourd’hui disparue qui pouvait accueillir à l’époque près de 10 000 personnes. S’y produisirent notamment Queen, Pink Floyd, Bob Marley ou Supertramp.

AC/DC y débarque pour lancer la tournée mondiale liée à son fameux album « Highway to hell« . Il s’agira d’un show électrique, constituant au passage l’une des dernières prestations du premier chanteur Bon Scott dont le décès regrettable surviendra au début de l’année suivante. Anecdote intéressante en pleine inflation des tarifs : le prix de la place pour ce concert n’était à l’époque que de 45 francs, soit à peine 7 euros.

 

  • Joy Division aux Bains-Douches à Paris en 1979

 

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Dans la grande épopée du post-punk, cette ère propre à Gang of Four, Wire, PIL et autres Slits, le live aux Bains-Douches de Joy Division est probablement l’un des documents les plus saisissants. Grâce à une prise de son particulièrement performante. On y mesure, sur des titres comme « 24 hours » ou « New Dawn Fades » quel groupe de scène incroyable était Joy Division, grâce à son chanteur Ian Curtis, complètement possédé, et sa section rythmique colossale, probablement l’une des meilleures de son époque.

On retrouve sur cet enregistrement, qui fut diffusé en simultané à la radio à l’époque et donna lieu à plusieurs éditions pirate avant d’être officiellement commercialisé, l’essentiel des chansons du premier album « Unknown Pleasures ». Mais des titres plus tardifs encore en rodage comme « Atrocity Exhibition » ou « Love will tear us apart » se font aussi entendre. Les Bains-Douches, d’anciens thermes fréquentés par l’intelligentsia, auront été une des boîtes de nuit les plus cotées des années 80. Inauguré en 1978 et fermé en 2010, le lieu a vu défiler outre Joy Division des groupes comme REM, Jesus & Mary Chain, Dead Kennedys, Echo & The Bunnymen. Il a été transformé en hôtel de luxe en 2015, avec une partie discothèque réduite de moitié.

 

  • Johnny Hallyday au Zénith en 1984

 

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Alors que les ventes de son album posthume s’emballent façon chant du cygne de la musique non dématérialisée, on sait déjà qu’aucun album live ne les complètera. Pourtant les concerts sont indissociables de l’aura d’artiste de Johnny. Dans le genre mégalo gentiment kitsch façon spectacle de Robert Hossein, son apparition en 1984 dans un Zénith de Paris alors fraîchement inauguré a fait date. Avec, après une intro pétulante, une gigantesque main comme gantée de cuir noir qui surgit du fond de la scène, pivote et s’ouvre sur Johnny avec son costume à paillettes.

Mais là n’aura pas été le seul atout de cette performance, jalon scénique parmi d’innombrables autres concerts donnés pied au plancher par Jean-Philippe Smet. Pour la première fois, des violons accompagnent Johnny Hallyday sur scène. La prestation nécessite 4000 projecteurs, Johnny interprète une reprise poignante du « Ne me quitte pas » de Brel et « meurt » de façon violente et spectaculaire pour la troisième fois de sa carrière sur scène.

 

  • Jean-Michel Jarre à Houston le 5 avril 1986

 

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40 ans après son « Equinoxe », Jean-Michel Jarre revient avec une variation autour de cet album fondateur qui lui permit de se produire devant des millions de personnes, comme à Houston en 1986. Navette spatiale, harpe laser, projections sur gratte ciels et feux d’artifices. Même les américains sont restés bouche béé devant la performance « bigger than life » à Houston du pape de la musique électronique progressive Jean-Michel Jarre. Le show développé depuis quelques années par cet artiste mi-entrepreneur mi-performer conceptuel mêlant sonorités pompières, effets spéciaux éblouissants et messages new age invoquant le cosmos et l’écologie trouve alors son aboutissement. Un concert remarquable car intégrant des morceaux célèbres du compositeur (Oxygène IVÉquinoxe IV…) avec des titres beaucoup plus rares sur scène (Oxygène VÉquinoxe 2Oxygène I…)

Le concert est donné en l’honneur des 150 ans de la ville et des 25 ans de la NASA. Mais faillit bien ne pas avoir lieu tant Jarre fut bouleversé par l’explosion en plein vol de la navette Challenger quelques mois auparavant, le 28 janvier 1986. Houston donna lieu à une déclinaison à Lyon puis des années plus tard à la Concorde mais ces performances restèrent bien en deçà de l’originale américaine.

 

  • Madonna en concert géant au Parc de Sceaux en 1987

 

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Véritable diva connue pour ses caprices et ses frasques, Madonna enfanta aussi une pochade, mi-légende urbaine, mi-boutade lorsqu’elle lança au Parc de Sceaux sa petite culotte dans le public et qu’on attribua au maire de Paris de l’époque, Jacques Chirac, la réception de ladite pièce de tissu. Ce 29 août 1987 le concert de Madonna prévu dans le cadre du « Who’s That Girl Tour » se déroule devant 130.000 personnes. Un événement hors normes beaucoup trop important pour le lieu : le site n’était pas équipé pour une telle foule, les parkings firent défaut, des dégradations volontaires survinrent et la foule mit des heures à sortir de l’enceinte. Aujourd’hui, le Parc de Sceaux préfère la musique de chambre du Festival de l’Orangerie.

Mais à l’époque, avant même Madonna, des dizaines de milliers de fans se pressèrent sur les gradins naturels de ce site pour assister aux concerts de Dylan, Santana, Supertramp, Johnny, Supertramp inaugurant cette configuration rock en 1983.

 

  • The Up in Smoke Tour avec Dre, Eminem, Snoop Dogg en 2000

 

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Avant qu’il ne mise sur son nouveau protégé Anderson .Paak, l’apogée live des créatures de Dr.Dre fût atteinte avec le Up in Smoke Tour au cours de l’été 2000. Cette tournée fut aussi une consécration pour le rap west coast, qui ne revint jamais à ce niveau d’exubérance scénique. Au programme : jets de flamme, crâne géant au rire caverneux, voitures qui groovent sur scène, foule faramineuse en liesse.

Et des apparitions de Dr. Dre, Snoop Dogg, Eminem, Ice Cube. Mais aussi de Nate Dogg ou de D12, le posse d’Eminem. Au total, 44 concerts permirent d’assurer la production des albums « The Marshall Mathers LP » d’Eminem, « 2001«  de Dr. Dre, « The Last Meal«  de Snoop Dogg et « War & Peace, Vol. 2«  de Ice Cube. Visionnaires, les californiens semblaient déjà avoir compris combien un investissement judicieux sur la scène pouvait permettre des albums pharaoniques à l’épreuve du temps.

 

  • LFO à La Défense en 1992

 

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Alors que les raves ou free parties constituent désormais l’ordinaire de la jeunesse, la performance donnée à La Grande Arche de La Défense à Paris par le duo électro de Sheffield LFO doit être remise en perspective à double titre. D’abord parce qu’il fut ici question de la première rave officielle française. Où se produisirent aussi des DJ’s comme Laurent Garnier, Erik Rug et Pacman. 4.000 personnes seulement sont réunies là dans un espace souterrain de La Défense. Mais tous prennent des notes et la plupart s’impliqueront ensuite d’une manière ou d’une autre dans la « rave culture ».

La captation d’une partie du concert de LFO donnera aussi lieu à un CD live hors commerce en édition limitée distribué aux lecteurs de Libération et édité pour l’occasion par Fnac Music, qui lança alors Fnac Music Dance. Soit la division dansante du label oublié de la Fnac, qui deviendrait plus tard le label F Com de Laurent Garnier.

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